PHILOTRAHOBBES : LEVIATHAN – Traduction de Philippe Folliot avec notes.

Chapitre 39Chapitre 41 - Sommaire des chapitres traduits avec notes - Index Philotra

 

Chapitre 40 : Des droits du royaume de Dieu chez Abraham, Moïse, les grands prêtres, et les rois de Juda.

 

      Le père des fidèles, le premier dans le royaume de Dieu par convention [1], fut Abraham, car c'est avec lui que la convention fut faite la première fois; convention par laquelle il s'obligeait, et obligeait sa descendance après lui, à reconnaître les commandements de Dieu et à leur obéir : non seulement ceux (comme les lois morales) dont il pouvait prendre connaissance par la lumière naturelle [2], mais aussi ceux que Dieu lui transmettrait d'une manière spéciale, par des rêves et des visions. En effet, pour les lois morales, les Juifs y étaient déjà obligés, et il n'était pas nécessaire qu'elles fussent aussi l'objet d'un contrat, avec pour promesse le pays de Canaan. Il n'y avait aucun contrat qui pût s'ajouter à l'obligation, ou renforcer l'obligation par laquelle aussi bien les Juifs que tous les hommes étaient tenus naturellement d'obéir à Dieu tout-puissant. Et c'est pourquoi la convention qu'Abraham fit avec Dieu était de prendre pour commandement de Dieu ce qui lui serait commandé au nom de Dieu, dans un rêve ou une vision, et de transmettre ces commandements à sa famille, et de faire qu'elle les observe.

 

      Dans ce contrat de Dieu avec Abraham, nous pouvons observer trois points d'une conséquence importante dans le gouvernement du peuple de Dieu. D'abord, lors de la conclusion de cette convention, Dieu parla seulement à Abraham, et donc, il ne contracta pas avec un membre de sa famille ou de sa descendance autrement qu'en tant que leurs volontés (qui font l'essence de toutes les conventions [3]) étaient comprises dans la volonté d'Abraham avant le contrat [4], lequel Abraham était donc supposé avoir eu le pouvoir légitime de faire exécuter tout ce que la convention passée par lui demanderait. C'est en ce sens que Dieu dit, en Genèse XVIII, 18-19 : Toutes les nations de la terre seront bénies en lui, car je sais qu'il commandera à ses enfants et à sa maison après lui, et ils garderont la voie du Seigneur [5]. De là, nous pouvons conclure ce premier point : ceux à qui Dieu n'a pas parlé immédiatement doivent recevoir les commandements positifs de Dieu [6] de leur souverain, comme la famille et la descendance d'Abraham les reçurent d'Abraham, leur père, seigneur, et souverain civil. Par conséquent, dans toute République, ceux qui n'ont pas de révélation surnaturelle d'un commandement contraire doivent obéir aux lois de leur propre souverain pour les actes extérieurs et les professions de foi extérieures. Quant à la pensée et la croyance intérieures des hommes, dont les gouvernants humains ne peuvent pas prendre connaissance (car Dieu seul connaît le coeur), elles ne sont pas volontaires, ni ne sont l'effet des lois, mais elles sont l'effet de la volonté non révélée et du pouvoir de Dieu, et par conséquent elles ne tombent pas sous [le coup de] l'obligation [7].

 

      De là procède un autre point : quand l'un de ses sujets, pour accréditer une doctrine qu'Abraham avait interdite, prétendait avoir, pour lui seul, une vision, un esprit, ou autre révélation divine [8], ou quand certains suivaient un tel homme, ou s'attachaient à lui, il n'était pas illégitime de la part d'Abraham de les punir; et en conséquence, il est légitime, de nos jours, pour un souverain, de punir tout homme qui oppose son esprit privé [9] aux lois, car ce souverain a dans la République la même place que celle d'Abraham dans sa propre famille.

 

      De là procède aussi un troisième point : nul, sinon Abraham dans sa famille, et de même, nul, sinon le souverain dans une République chrétienne, ne peut prendre connaissance de ce qu'est et de ce que n'est pas la parole de Dieu, car Dieu parla seulement à Abraham, et ce dernier était seul capable de savoir ce que Dieu disait, et de l'interpréter pour sa famille. Et donc aussi, ceux qui ont la place d'Abraham dans la République sont les seuls interprètes de ce que Dieu a dit.

 

      La même convention fut renouvelée avec Isaac, et après avec Jacob, et plus ensuite, jusqu'à ce que les Israélites fussent libérés des Egyptiens et arrivés au pied du mont Sinaï; et alors il fut renouvelé par Moïse (comme je l'ai déjà dit au chapitre XXXV), de manière à ce que les Israélites devinssent à partir de ce moment le peuple particulier de Dieu, dont le lieutenant était Moïse, à son époque, et à la succession à cette fonction furent choisis Araron, et ses héritiers après lui, pour qu'Israël fût à jamais pour Dieu un royaume sacerdotal [10].

 

      Par cette constitution, un royaume est acquis à Dieu. Mais étant donné que Moïse n'avait pas d'autorité pour gouverner les Israélites en tant que successeur du droit d'Abraham, parce qu'il ne pouvait le revendiquer par héritage, il n'apparaît pas, jusqu'ici, que les Juifs aient été obligés de le considérer comme le lieutenant de Dieu plus longtemps qu'ils ne croyaient que Dieu lui parlait. Par conséquent, son autorité, malgré la convention qu'ils avaient passée avec Dieu, jusqu'ici, dépendait simplement de l'opinion qu'ils avaient de sa sainteté, de la réalité de ses entretiens avec Dieu, et de la vérité de ses miracles; et si cette opinion venait à changer, ils n'étaient plus obligés de prendre pour loi de Dieu ce qu'il leur proposait au nom de Dieu. Nous devons donc envisager quel autre fondement [11] avait leur obligation de lui obéir. En effet, ce ne pouvait pas être le commandement de Dieu qui les obligeait, puisque Dieu ne leur parlait pas immédiatement, mais par la médiation de Moïse lui-même; et notre  Sauveur dit de lui-même [12] : si je porte témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas vrai [13]; beaucoup moins [encore] si Moïse porte témoignage de lui-même, surtout pour revendiquer un pouvoir royal sur le peuple de Dieu, son témoignage doit-il être reçu. Son autorité, donc, comme l'autorité de tous les autres princes, doit être fondé sur le consentement du peuple et sur la promesse de ce peuple de lui obéir. Et il en était ainsi, car le peuple (Exode, XX, 18), quand il vit le tonnerre et les éclairs, et le son de la trompette, et la montagne fumante, s'écarta [14] et se tint éloigné. Et ils dirent à Moïse : parle avec nous, et nous t'écouterons, mais que Dieu ne parle pas avec nous, de peur que nous ne mourions [15]. C'était là leur promesse d'obéissance, et ce fut par cette promesse qu'ils s'obligèrent à obéir à tout ce qu'il leur transmettrait comme commandement de Dieu.

 

      Et quoique la convention constitue un royaume sacerdotal, c'est-à-dire un royaume héréditaire pour Aaron, il faut l'entendre cependant de la succession après la mort de Moïse. Car quiconque organise et établit la politique [16], comme premier fondateur d'une République, qu'elle soit une monarchie, une aristocratie, ou une démocratie, doit nécessairement avoir le pouvoir souverain sur le peuple pendant le temps de son action. Que Moïse ait eu ce pouvoir pendant sa vie est affirmé avec évidence dans l'Ecriture. D'abord, dans le texte précédemment cité, puisque le peuple promit obéissance, non à Aaron [17], mais à Moïse. Deuxièmement, on lit en Exode, XXIV, 1-2 : Et Dieu dit à Moïse : montez jusqu'au Seigneur, toi et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix parmi les anciens d'Israël [18]. Et Moïse seul viendra près du Seigneur, mais ils n'approcheront pas, et le peuple non plus ne montera pas avec lui [19] [20]. Par là, il est clair que Moïse, qui fut seul appelé vers Dieu (et ni Aaron, ni les autres prêtres, ni les soixante-dix anciens, ni le peuple, à qui il était interdit de monter), était le seul qui représentait devant les Israélites la personne de Dieu, c'est-à-dire, qu'il était leur seul souverain au-dessous de Dieu [21]. Et quoiqu'il soit ensuite dit, au verset 9 : ils montèrent, Moïse et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix parmi les anciens d'Israël, et ils virent le Dieu d'Israël, et sous ses pieds, c'était comme si c'était un ouvrage [22] pavé de saphir, etc. [23], cependant, cela n'eut pas lieu avant que Moïse eût été avec Dieu et eût rapporté au peuple les paroles qu'il lui avait dites. Lui seul allait là pour les affaires de son peuple; les autres, comme les nobles de sa suite, étaient admis pour l'honneur [24] à cette grâce spéciale qui n'était pas accordée au peuple, cette grâce, comme il apparaît au verset suivant, étant de voir Dieu et de vivre : Dieu ne porta pas la main sur eux, et ils mangèrent et burent (c'est-à-dire vécurent), mais ils ne portèrent aucun commandement venant de lui au peuple. De même, il est dit partout Le seigneur parla à Moïse, comme dans d'autres circonstances en rapport avec le gouvernement,, et aussi dans l'organisation des cérémonies religieuses contenues dans les chapitres XXV, XXVI, XXVII, XXVIII, XXIX, XXX, et XXXI de l'Exode, et tout au long du Lévitique; à Aaron, rarement. Le veau que fit Aaron [25], Moïse le jeta dans le feu [26]. Finalement, la question de l'autorité d'Aaron, à l'occasion de sa révolte avec Marie contre Moïse, fut (Nombres, XII) jugée par Dieu lui-même en faveur de Moïse. De même aussi, pour la question de savoir qui, de Moïse ou du peuple, avait le droit de gouverner le peuple, quand Coré, Dathan et Abiron, et deux cent cinquante princes de l'assemblée s'attroupèrent (Nombres, XVI, 3) contre Moïse et contre Aaron et dirent : vous vous permettez trop de choses [27], car toute l'assemblée [28] est sainte, chacun d'eux, et le Seigneur est parmi eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l'assemblée du Seigneur? [29] Dieu fit que la terre engloutit vivants Coré, Dathan et Abiron, avec leurs femmes et enfants [30], et il consuma ces deux cent cinquante princes par le feu. Ce n'est donc ni Aaron, ni le peuple, ni l'aristocratie des principaux princes du peuple, mais Moïse seul qui avait juste au-dessous de Dieu la souveraineté sur les Israélites, et cela, non seulement pour les questions de politique civile, mais aussi pour les questions religieuses. En effet; Moïse seul parlait à Dieu, et c'est pourquoi lui seul pouvait dire au peuple ce que Dieu exigeait des Israélites. Nul homme, sous peine de mort, ne pouvait  pousser la présomption jusqu'à s'approcher de la montagne où Dieu parlait avec Moïse : Tu établiras des bornes, dit le Seigneur en Exode, XIX, 12, pour le peuple tout autour, et tu diras : prenez garde à ne pas monter sur la montagne, à ne pas en toucher le bord; quiconque touchera la montagne sera de façon certaine mis à mort [31] [32]. De même, au verset 21 : Descends, et témoigne [33] devant le peuple, de peur qu'il ne passe les limites, pour aller voir le Seigneur [34]. De cela, nous pouvons conclure que quiconque, dans une République Chrétienne, tient la place de Moïse, est le seul messager de Dieu et le seul interprète de ses commandements. En accord avec cela, nul ne doit, dans l'interprétation de l'Ecriture, dépasser les limites [35] établies par son souverain, car les Ecritures, puisque Dieu, désormais, parle par elles, sont le Mont Sinaï, et ses limites sont les lois de ceux qui représentent la personne de Dieu sur terre. Les regarder, y apercevoir les oeuvres merveilleuses de Dieu, et apprendre à le craindre, cela est permis; mais les interpréter, c'est-à-dire fouiller dans [36] ce que Dieu a dit à celui qu'il a désigné pour gouverner au-dessous de lui, se faire juge de décider s'il gouverne ou non comme Dieu le lui a ordonné, c'est transgresser les limites que Dieu a établies pour nous, et le regarder sans respect.

 

      Il n'y avait pas de prophète du temps de Moïse, ni de prétendant à l'esprit de Dieu [37], sinon ceux que Moïse avait approuvés et autorisés. En effet, de son temps, il n'y eut que soixante-dix hommes qui sont dits prophétiser par l'esprit de Dieu, et ils furent tous choisis par Moïse. Concernant ces hommes, Dieu dit à Moïse, en Nombres, XI, 16 : Rassemble-moi soixante-dix des anciens d'Israël, que tu sais être les anciens du peuple [38]. C'est à eux que Dieu communiqua son esprit, mais ce n'était pas un esprit différent de celui de Moïse, car il est dit, au verset 25 : Dieu descendit dans une nuée, et prit de l'esprit qui était sur Moïse, et le donna aux soixante-dix anciens [39]. Mais, comme je l'ai montré précédemment au chapitre XXXVI, par esprit (spirit), on entend état d'esprit (mind) [40], de sorte que le sens de ce passage n'est autre que celui-ci : Dieu les dota d'un état d'esprit conforme et subordonné à celui de Moïse, pour qu'ils pussent prophétiser, c'est-à-dire parler au peuple au nom de Dieu de manière à avancer (en tant que ministres de Moïse, et par son autorité) une doctrine s'accordant avec celle de Moïse. Car ils n'étaient que des ministres, et quand deux d'entre eux prophétisèrent dans le camp, on pensa que c'était une chose nouvelle et illégale; et comme il est dit aux versets 27 et 28 du même chapitre, on les accusa de cela, et Josué conseilla à Moïse de leur interdire de prophétiser, ne sachant pas que c'était par l'esprit de Moïse qu'ils prophétisaient. Par cela, il est manifeste qu'aucun sujet ne doit prétendre prophétiser, ou avoir l'esprit, en s'opposant à la doctrine établie par celui que Dieu a établi à la place de Moïse.

 

      Aaron étant mort, et après lui Moïse aussi, le royaume, étant un royaume sacerdotal, revint en vertu de la convention au fils d'Aaron, Eléazar le grand prêtre; et Dieu le déclara souverain juste au-dessous de lui, en même temps qu'il nommait Josué général de l'armée. En effet, Dieu dit expressément de Josué, en Nombres, XXVII, 21 [41] : Il se tiendra devant Eléazar le prêtre, qui demandera conseil [42] pour lui devant le Seigneur. A sa parole, ils sortiront, et à sa parole ils entreront, lui, et tous les enfants d'Israël avec lui [43]. Le pouvoir suprême de faire la guerre et la paix appartenait donc au prêtre. Le pouvoir judiciaire suprême appartenait aussi au grand prêtre, car il avait la garde du livre de la loi, et les prêtres et les Lévites étaient seulement des juges subordonnés dans les procès civils, comme il apparaît en Deutéronome, XVII, 8-10 [44]. Pour ce qui est de la manière de rendre le culte à Dieu, personne ne mit jamais en doute, jusqu'à l'époque de Saül, que cela relevait de l'autorité suprême du grand prêtre. Donc, les pouvoirs civil et ecclésiastique étaient tous les deux réunis en une seule et même personne, le grand prêtre, et il doit en être ainsi pour quiconque gouverne par droit divin [45], c'est-à-dire par autorité immédiate de Dieu.

 

      Pour désigner la période qui va de la mort de Josué jusqu'à l'époque de Saül, il est dit fréquemment dans le livre des Juges qu'en ces jours, il n'y avait pas de roi en Israël [46]; et parfois [47] avec cet ajout : tout homme faisait ce qui était juste à ses propres yeux [48]. Par ces formules, il faut entendre il n'y avait pas de roi comme ayant le sens de il n'y avait pas de pouvoir souverain en Israël. Et il en était ainsi, si nous considérons l'exercice [49] de ce pouvoir. En effet, après la mort de Josué et d'Eléazar, se leva une autre génération qui ne connaissait pas le Seigneur, ni les oeuvres qu'il avait faites pour Israël, et qui fit le mal à la vue du Seigneur et servit les Baals (Juges, II, 10 [50]). Et les juifs avaient cette caractéristique, que note saint Paul, d'attendre un signe [51], non seulement avant de se soumettre au gouvernement de Moïse, mais aussi après s'être obligés à cette soumission; alors que les signes et les miracles ont pour fin de procurer la foi, non de garder les hommes de la violer quand ils l'ont donnée [52], car à cela, les hommes sont obligés par la loi de nature [53]. Mais si nous considérons non l'exercice du gouvernement, mais le droit de gouverner [54], le pouvoir souverain était encore entre les mains du grand prêtre. Donc, quelle que fût l'obéissance donnée à des juges (qui étaient des hommes choisis d'une façon extraordinaire par Dieu pour sauver ses sujets rebelles des mains de l'ennemi), on ne peut en tirer argument contre le droit que le grand prêtre avait au pouvoir souverain dans toutes les questions de politique et de religion. Ni les juges, ni Samuel n'avaient une vocation ordinaire au gouvernement, leur vocation au gouvernement était extraordinaire, et si les Israélites leur obéissaient, ce n'était pas par devoir, mais par respect pour leur grâce auprès de Dieu, qui apparaissait dans leur sagesse, leur courage, et leur félicité. Jusqu'alors, donc, le droit de régler les questions politiques et celui de régler les questions religieux étaient inséparables [55].

 

      Aux juges succédèrent les rois, et de même qu'auparavant toute autorité, aussi bien religieuse que politique, était aux mains du grand prêtre, elle fut désormais entre les mains du roi. En effet, la souveraineté sur le peuple, qui était auparavant, non seulement en vertu du pouvoir divin, mais aussi par un pacte particulier des Israélites, en Dieu [56], et juste au-dessous de lui, entre les mains du grand prêtre, son vicaire sur terre, fut rejetée par le peuple, avec le consentement de Dieu lui-même [57]. Car, quand ils dirent à Samuel, en 1.Samuel, VIII, 5 : fais-nous un roi pour nous juger, comme toutes les nations, ils signifièrent qu'ils ne voulaient plus être gouvernés par des commandements qui leur seraient appliqués par le prêtre, au nom de Dieu, mais par ceux qui le seraient par quelqu'un qui les commanderait de la même manière dont les autres nations étaient commandées; et par conséquent, en déposant le grand prêtre de l'autorité royale, ils déposèrent ce gouvernement particulier de Dieu. Cependant, Dieu y consentit, disant à Samuel (verset 7) : Ecoute la voix du peuple, en tout ce qu'ils te diront, car ils ne t'ont pas rejeté, c'est moi qu'ils ont rejeté, pour que je ne règne plus sur eux [58]. Donc, comme ils avaient rejeté Dieu, par le droit duquel les prêtres gouvernaient, il n'y avait plus d'autorité laissée aux prêtres, sinon celle qu'il plaisait aux rois de leur accorder, autorité plus ou moins importante selon que les rois étaient bons ou méchants. Quant au gouvernement des affaires civiles, il est manifeste qu'il était entièrement aux mains du roi, car, dans le même chapitre, au verset 20, ils disent qu'ils seront comme toutes les nations, que leur roi sera leur juge [59]; c'est-à-dire qu'il aura la pleine autorité [60], aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre. Dans cette autorité est contenue aussi l'organisation de la religion, car il n'y avait pas d'autres paroles de Dieu, à cette époque, pour régler les choses religieuses, que la loi de Moïse, qui était leur loi civile. D'ailleurs, nous lisons, en 1.Rois, II, 27, que Salomon chassa Abiathar de la prêtrise [dont il avait la charge] devant le Seigneur [61] [62] : il avait donc autorité sur le grand prêtre, comme sur tout autre sujet, ce qui est une grande marque de suprématie en religion. De même, nous lisons aussi, en 1.Rois, VIII, qu'il dédicaça le temple, qu'il bénit le peuple, et que lui-même en personne fit cette excellente prière utilisée dans les consécrations d'églises et d'autres maisons de prière [63], ce qui est une autre grande marque de suprématie religieuse. Encore, nous lisons en 2.Rois, XXII que, quand il fut question du livre de la loi découvert dans le temple, la chose ne fut pas décidée par le grand prêtre, mais Josias l'envoya avec d'autres se renseigner au sujet du livre auprès de la prophétesse Holda [64], ce qui est une autre marque de suprématie religieuse. Enfin, nous lisons, en 1. Chroniques, XXVI, 30, que David fit de Hasabias et de ses frères, Hébronites des fonctionnaires d'Israël parmi ceux de l'ouest [65], pour toutes les affaires du Seigneur, et pour le service du roi [66]. De même, au verset 32, qu'il fit d'autres Hébronites des chefs des Rubénites, des Gadites, et de la demi-tribu de Manassé ( c'étaient ceux d'Israël qui habitaient au-delà du Jourdain) pour toute question en rapport avec Dieu et les affaires du roi [67]. N'est-ce pas un plein pouvoir [68], aussi bien temporel que spirituel, comme l'appellent ceux qui voudraient le diviser? Pour conclure, de la première institution du royaume de Dieu à la captivité, la suprématie religieuse était dans les mains de celui qui avait la souveraineté civile, et, après l'élection de Saül, la fonction de prêtre n'était pas magistrale, mais ministérielle [69]

 

      Bien que le gouvernement politique et le gouvernement religieux fussent réunis, d'abord chez les grands prêtres, et ensuite chez les rois, pour autant que cela concerne le droit [70], il apparaît cependant par la même histoire sainte que le peuple ne comprit pas cela, car beaucoup parmi eux, et probablement la plus grande partie, quand ils ne voyaient plus chez leurs gouvernants de grands miracles, ou, ce qui équivaut à un miracle, de grandes capacités, ou un grand succès dans les entreprises, ne donnaient plus un crédit suffisant soit à la renommée de Moïse, soit aux entretiens entre Dieu et les prêtres, et aussi souvent que leurs gouvernants leur déplaisaient, ils profitaient de l'occasion, blâmant tantôt la politique, tantôt la religion, pour changer de gouvernement ou pour se révolter [et se libérer] de leur obéissance, selon leur bon plaisir; et de là venaient, assez régulièrement, des troubles civils, des divisions, et les malheurs de la nation. Par exemple, après la mort d'Eléazar et de Josué, les Juifs de la nouvelle génération, qui n'avaient pas vu les merveilles réalisées par Dieu, et qui étaient réduits à leur faible raison personnelle [71], ne se sachant pas obligés par la convention d'un royaume sacerdotal, ne respectaient plus le commandement du prêtre, ni la loi de Moïse, mais chacun faisait ce qui était juste à ses propres yeux [72], et, pour les affaires civiles, ils obéissaient, à certaines périodes, à ceux qu'ils jugeaient capables de les délivrer des nations voisines qui les opprimaient. Ils ne consultaient plus Dieu, comme ils auraient dû le faire, mais des hommes ou des femmes qu'ils supposaient prophètes à cause de leurs prédictions des choses à venir, et même s'ils avaient une idole dans leur chapelle, si cependant ils avaient un lévite comme aumônier, ils considéraient qu'ils rendaient un culte au Dieu d'Israël [73].

 

      Et ensuite, quand ils réclamèrent un roi à la manière des nations, ce n'était pourtant pas avec le dessin de s'écarter du culte de Dieu, leur roi, mais désespérant de la justice des fils de Samuel, ils voulurent avoir un roi pour les juger dans les actions civiles [74], mais ce n'était pas pour permettre à leur roi de changer la religion qu'ils pensaient leur avoir été recommandée par Moïse. De sorte qu'ils gardaient toujours un prétexte en réserve, concernant soit la justice, soit la religion, pour s'affranchir de leur obéissance, toutes les fois qu'ils avaient l'espoir de l'emporter. Le peuple déplut à Samuel car il désirait un roi (car Dieu était déjà leur roi, et Samuel n'avait qu'une autorité sous Dieu), et pourtant [75], Samuel, quand Saül ne suivit pas le conseil  [76] de tuer Agag, comme Dieu l'avait ordonné [77], oignit un autre roi, à savoir David [78], pour prendre la succession aux héritiers de Saül. Roboam n'était pas un idolâtre, mais quand le peuple jugea qu'il était un oppresseur, ce prétexte civil lui enleva dix tribus qui revinrent à Jéroboam, un idolâtre [79]. Et de façon générale, tout au long de l'histoire des rois, aussi bien de Juda que d'Israël, il y eut des prophètes qui censurèrent les rois pour des transgressions religieuses, et parfois aussi pour des erreurs de gouvernement, comme Josaphat qui fut réprimandé par le prophète Jéhu pour avoir aidé le roi d'Israël contre les Syriens [80], et Ezéchias par Esaïe, pour avoir montré ses trésors aux ambassadeurs de Babylone [81]. Par tout cela, il apparaît que, quoique le pouvoir, aussi bien d'Etat que religieux, appartînt aux rois, nul d'entre eux, cependant, ne resta sans être censuré dans l'usage qui en était fait, sinon ceux qui gagnaient les faveurs grâce à leurs capacités naturelles et leurs succès. De sorte que, de la pratique de ces temps, on ne peut tirer aucun argument pour prouver que le droit de suprématie religieuse n'appartenait pas aux rois, à moins de donner ce droit aux prophètes, et de conclure que, puisqu'Ezéchias, priant le Seigneur devant les Chérubins, n'en reçut pas de réponse à cet endroit et à ce moment [82], mais en reçut une plus tard par le prophète Esaïe [83], Esaïe était donc le chef suprême de l'Eglise, ou, puisque Josias consulta la prophétesse Holda sur le livre de la loi [84], de conclure que ce n'était pas lui, ni le grand prêtre, mais la prophétesse Holda, qui détenait l'autorité suprême en matière de religion, ce qui n'est, je pense, l'opinion d'aucun docteur.

     

      Durant la captivité, les Juifs n'avaient pas du tout de République; et après leur retour, quoiqu'ils aient renouvelé leur convention avec Dieu, il n'y eut de promesse d'obéissance ni à Esdras, ni à quelqu'un d'autre, et juste après, ils devinrent sujets des Grecs, dont les coutumes et la démonologie, et dont la doctrine des cabalistes corrompirent beaucoup leur religion, de telle sorte qu'on ne peut rien recueillir de cette confusion, aussi bien politique que religieuse, sur la suprématie dans ces deux domaines. Par conséquent, du moins pour ce qui concerne l'Ancien Testament, nous pouvons conclure que quiconque détenait la souveraineté de la République parmi les Juifs détenait aussi la suprême autorité en matière de culte divin extérieur, et représentait la personne de Dieu, c'est-à-dire la personne de Dieu le Père, quoiqu'il ne fut pas appelé du nom de Père tant que Jésus-Christ son fils ne fut pas envoyé sur terre pour racheter les hommes de leurs péchés, et pour les conduire dans son royaume éternel pour être sauvés à jamais. Nous allons en parler dans le chapitre suivant.

 

 

 



[1]              "first in the kingdom of God by covenant". La traduction de F. Tricaud ("par droit de pacte") n'est pas justifiée. (NdT)

 

[2]              "by the light of nature". (NdT)

 

[3]              "which make the essence of all covenants". (NdT)

 

[4]              "contract". (NdT)

 

[5]              Conforme à la King James version : "All the nations of the earth shall be blessed in him, for I know him that he will command his children and his household after him, and they shall keep the way of the Lord." (NdT)

 

[6]              "the positive commandments". On peut penser que le mot "positive" renvoie au caractère conventionnel du commandement, qui n'est pas découvert par la raison naturelle. (NdT)

 

[7]              "As for the inward thought and belief of men, which human governors can take no notice of (for God only knoweth the heart), they are not voluntary, nor the effect of the laws, but of the unrevealed will and of the power of God, and consequently fall not under obligation." (NdT)

 

[8]              "when any of his subjects should pretend private vision or spirit, or other revelation from God." (NdT)

 

[9]              "private spirit". (NdT)

 

[10]             "to be to God a sacerdotal kingdom forever". (NdT)

 

[11]             "ground". (NdT)

 

[12]             Jean, V, 31 (Note de Hobbes).

 

[13]             "If I bear witness of myself, my witness is not true" : conforme à la King James version. (NdT)

 

[14]             La vulgate et la Septante parlent de frayeur, ce dont tient compte la version Douay/Rheims, mais pas la King James version. On notera une assez grande divergence de traduction de ce passage dans les différentes versions postérieures, due en partie à l'interprétation de "concussi", interprété par certaines versions comme un tremblement, interprété par d'autres comme un déplacement. (NdT)

 

[15]             Conforme à la King James version : "the people when they saw the thunderings, and the lightnings, and the noise of the trumpet, and the mountain smoking, removed and stood afar off. And they said unto Moses, Speak thou with us, and we will hear, but let not God speak with us lest we die". (NdT)

 

[16]             "For whosoever ordereth and establisheth the policy". (NdT)

 

[17]             Aaron devient bizarrement Adam chez G. Mairet! (NdT)

 

[18]             Hobbes ne tient pas compte de "and worship ye afar off", présent dans la King James version, conformément à la vulgate ("et adorabitis procul" : "et vous adorerez de loin"). (NdT)

 

[19]             "with him". Erreur chez F. Tricaud qui traduit "avec eux". (NdT)

 

[20]             Conforme à la King James version, sauf pour le passage déjà signalé : "And God said unto Moses, Come up unto the Lord, thou and Aaron, Nadab and Abihu, and seventy of the elders of Israel. And Moses alone shall come near the Lord, but they shall not come nigh, neither shall the people go up with him." (NdT)

 

[21]             "their sole sovereign under God". (NdT)

 

[22]             Le mot "work" de la King James version traduit le mot "opus" de la Vulgate et le mot "ergon" de la septante. F. Tricaud n'en tient pas compte. (NdT)

 

[23]             Conforme à la king James version : "Then went up Moses and Aaron, Nadab and Abihu, and seventy of the elders of Israel, and they saw the God of Israel, and there was under His feet as it were a paved work of sapphire stone". le "etc." est dans la King James version "and as it were the body of heaven in his clearness". (NdT)

 

[24]             "for honour". (NdT)

 

[25]             Exode, XXXII, 4. (NdT)

 

[26]             Exode, XXXII, 20. (NdT)

 

[27]             "ye take too much upon you", formule reprise plus tard par la Webster. La Vulgate et la Septante se contentent de "assez de vous" (ce qui est généralement adopté par les bibles anglaises). Luther dit "vous en faites trop". (NdT)

 

[28]             C'est le sens du mot "synagogue", qui est utilisé dans la Septante. (NdT)

 

[29]             "gathered themselves together against Moses, and against Aaron, and said unto them, ye take too much upon you, seeing all the congregation are holy, every one of them, and the Lord is amongst them, why lift you up yourselves above the congregation of the Lord?" Conforme à la King James version. (NdT)

 

[30]             Nombres, XVI, 30-32. (NdT)

 

[31]             Conforme à la King James version : "And thou shalt set bounds unto the people round about, saying, Take heed to yourselves, that ye go not up into the mount, or touch the border of it: whosoever toucheth the mount shall be surely put to death." (NdT)

 

[32]             On notera le "morte morietur" de la Vulgate ("omnis qui tetigerit montem morte morietur") (NdT)

 

[33]             Le vocabulaire utilisé dans la Vulgate ("contestare") et dans la Septante ("diamartura") est de nature judiciaire, ce dont rend compte la King James version en utilisant le verbe "to charge". Les versions françaises se contentent habituellement des verbes avertir, enjoindre, défendre, etc. (NdT)

 

[34]             Conforme à la King James version, mais le verset complet est : "And the LORD said unto Moses, Go down, charge the people, lest they break through unto the LORD to gaze, and many of them perish." (NdT)

 

[35]             "bounds". (NdT)

 

[36]             "to pry into". (NdT)

 

[37]             "nor pretender to the spirit of God". F. Tricaud traduit : "ou d'homme qui se prétendît inspiré de Dieu". (NdT)

 

[38]             Et ses magistrats ("ac magistri"), dit la Vulgate. La King James version n'y fait pas référence. Le mot grec de la Septante ("grammateis") désigne des fonctionnaires chargés d'écrire, des greffiers, mais aussi des hommes politiques de haut rang chez les Juifs. Il ne semble pas s'agir des scribes dont parle le Nouveau Testament (même si Stephanus utilise le même mot grec que la Septante). (NdT)

 

[39]             "God came down in a cloud, and took of the spirit that was upon Moses, and gave it to the seventy elders". Conforme à la King James version, sinon pour le passage ignoré par hobbes : "and spake unto him". (NdT)

 

[40]             F. Tricaud traduit : dispositions mentales. (NdT)

 

[41]             Erreur de référence de F. Tricaud, qui donne XXXVII, 31. (NdT)

 

[42]             La vulgate utilise le verbe "consulo", ici consulter. (NdT)

 

[43]             "He shall stand before Eleazar the priest, who shall ask counsel for him before the Lord; at his word shall they go out, and at his word they shall come in, both he, and all the children of Israel with him." Hobbes ne cite pas tout le verset, qui est, dans la King James version : "And he shall stand before Eleazar the priest, who shall ask counsel for him after the judgment of Urim before the LORD: at his word shall they go out, and at his word they shall come in, both he, and all the children of Israel with him, even all the congregation." (NdT)

 

[44]             "Lorsqu'une affaire sera pour toi trop difficile à juger, entre sang et sang, entre cause et cause, et entre coup et coup, -des cas de dispute dans tes portes, alors tu te lèveras, et tu monteras au lieu que l'Éternel, ton Dieu, aura choisi; et tu viendras vers les sacrificateurs, les Lévites, et vers le juge qu'il y aura en ces jours-là, et tu rechercheras, et ils te déclareront la sentence du jugement. Et tu agiras conformément à la sentence qu'ils t'auront déclarée, de ce lieu que l'Éternel aura choisi, et tu prendras garde à faire selon tout ce qu'ils t'auront enseigné." (Darby) (NdT)

 

[45]             "in whosoever governeth by divine right". (NdT)

 

[46]             En juges, la formule apparait quatre fois : XVII, 6; XVIII, 1; XIX, 1 et XXI, 25. (NdT)

 

[47]             Exactement, deux fois : XVII, 6 et XXI, 25. (NdT)

 

[48]             Hobbes cite le verset 6 du chapitre XVII (qu'on retrouve au verset 25 du chapitre XXI). La king James version donne : "In those days there was no king in Israel, but every man did that which was right in his own eyes." (NdT)

 

[49]             Hobbes emploie les mots "act" et "exercice" qui sont ici synonymes : "if we consider the act and exercise of such power". (NdT)

 

[50]             Et II, 11. (NdT) "there arose another generation that knew not the Lord, nor the works which He had done for Israel, but did evil in the sight of the Lord and served Baalim." Conforme à la King James version. (NdT)

 

[51]             1.Corinthiens, I, 22 : "For the Jews require a sign." (King James version). (NdT)

 

[52]             F. Tricaud a tout a fait raison de dire que Hobbes joue ici sur le double sens du mot "faith" : la foi, mais aussi la confiance, la parole. (NdT)

 

[53]             Voir chapitre XV. (NdT)

 

[54]             "but the right of governing". (NdT)

 

[55]             "Hitherto therefore the right of regulating both the policy and the religion were inseparable". (NdT)

 

[56]             "but also by a particular pact of the Israelites in God". (NdT)

 

[57]             1.Samuel, VIII, 7. (NdT)

 

[58]             "Hearken unto the voice of the people, in all that they shall say unto thee; for they have not rejected thee; but they have rejected me, that I should not reign over them." Conforme à la King James version. (NdT)

 

[59]             La king James version donne : "That we also may be like all the nations; and that our king may judge us, and go out before us, and fight our battles." Hobbes dit "go before" au lieu de "go out". La vulgate donne "sortira devant nous" ("et egredietur ante nos"). (NdT)

 

[60]             "the whole authority". (NdT)

 

[61]             "sacerdos Domini", dit simplement la Vulgate. (NdT)

 

[62]             "thrust out Abiathar from being priest before the Lord". "unto the Lord", dit la King James version. (NdT)

 

[63]             Cette prière va de VIII, 15 à VIII, 53. (NdT)

 

[64]             XXII, 14. (NdT)

 

[65]             "au-delà du Jourdain, vers l'ouest", dit la Vulgate.

 

[66]             "in all business of the Lord, and in the service of the king". Conforme à la King James version. (NdT)

 

[67]             "rulers over the Reubenites, the Gadites, and the half tribe of Manasseh (...) for every matter pertaining to God, and affairs of the king". Conforme à la King James version. (NdT)

 

[68]             "full power". (NdT)

 

[69]             "and the priest's office, after the election of Saul, was not magisterial, but ministerial". (NdT)

 

[70]             "so far forth as concerned the right". (NdT)

 

[71]             "but were left to their own weak reason". (NdT)

 

[72]             Juges, XVII, 6 et XXI, 25. (NdT)

 

[73]             G. Mairet, mettant sur le même plan l'idole et le lévite, ne semble pas comprendre la fin de ce paragraphe en traduisant : "Et, même s'ils avaient une idole dans leur chapelle, et si leur chapelain était un Lévite, ils pensaient rendre un culte au Dieu d'Israël". (NdT)

 

[74]             "civil actions". (NdT)

 

[75]             Ce "yet" n'est pas très compréhensible ici. (NdT)

 

[76]             1.Samuel, XV, 9. (NdT)

 

[77]             1. Samuel, XV, 3. (NdT)

 

[78]             1.Samuel, XVI, 13. (NdT)

 

[79]             1. Rois, XII. (NdT)

 

[80]             2. Chroniques, XIX, 1-3. (NdT)

 

[81]             Esaïe, XXXIX, 3-7, et 2.Rois, XX, 14-18. (NdT)

 

[82]             2.Rois, XIX, 15, et Esaïe, XXXVII, 15. (NdT)

 

[83]             2. Rois, XIX, 20, et Esaïe, XXXVII, 21. (NdT)

 

[84]     2.Rois; XXII, 14. (NdT)