Thomas HOBBES

PHILOTRA

Considérations sur la réputation, la loyauté, les mœurs et la religion de Thomas Hobbes

De Malmesbury

Ecrit par lui-même à la façon d’une lettre adressée à une personne savante

Traduit de l'anglais par Philippe Folliot

Professeur de philosophie au Lycée Jehan Ango de Dieppe (2009)

à partir de

Considerations upon the reputation, loyalty, manners and religion

Of Thomas Hobbes

Of Malmesbury.

Written by himself by way of

LETTER TO A LEARNED PERSON [1]

London

Printed for William Crooke, at the Green Dragon

Without Temple-bar. 1680

 

 

 

 

 

 

 

La traduction

Le texte anglais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(3) Monsieur,

 

      Je suis l’un de ceux qui admirent vos écrits et, ayant parcouru votre Hobbius Heauton-Timorumeros [2], je ne peux m’empêcher de vous expliquer les raisons pour lesquelles je l’admire. Et, d’abord, j’ai remarqué comment vous le traitez pour sa déloyauté en ces termes (page 5) : Son grand Léviathan (où il plaçait l’essentiel de sa force) est aujourd’hui quelque peu hors de saison. C’est un ouvrage qui, alors qu’il abandonnait son royal maître dans la détresse (car il prétend avoir été le tuteur du roi  [3] quoique, pourtant, d’après ce que disent ceux qui ont le plus de raisons de le savoir, je trouve qu’une telle prétention est peu justifiée), fut écrit pour défendre le titre d’Olivier [4] (ou de quiconque, par quelque moyen que ce soit, (4) qui parvient à s’élever au plus haut) et il place tout le droit du gouvernement dans la seule force, déchargeant tous les sujets de sa majesté de leur allégeance à chaque fois qu’elle n’est pas, à ce moment-là, dans la capacité de les forcer à l’obéissance[5]

           

Ce que j’observe et admire d’abord ici, c’est que vous n’avez pas omis ce passage, et cela pour deux raisons. L’une est que M. Hobbes ne pouvait souhaiter rien de plus qu’une telle occasion pour dire au monde quelle a été son histoire et quelles ont été vos petites histoires durant la récente rébellion.

 

Quand le parlement siégea [6] (depuis avril 1640 et il fut dissous en mai suivant) et que, en ce parlement, de nombreux points du pouvoir royal qui étaient nécessaires à la paix du royaume et à la sécurité de la personne de sa majesté furent l’objet de débats et de refus, M. Hobbes écrivit un petit traité [7] en (5) anglais où il exposait et démontrait que lesdits pouvoirs et droits étaient inséparablement annexés à la souveraineté (le parlement ne niait pas alors que la souveraineté appartenait au roi mais il semblait ne pas comprendre ou ne pas vouloir comprendre cette inséparabilité). De ce traité, bien qu’il ne fût pas imprimé, de nombreux gentilhommes eurent des copies, ce qui fit beaucoup parler de l’auteur et ce qui, si sa majesté n’avait pas dissous le parlement, aurait mis  sa vie en danger.

           

            Il fut le premier qui prit le risque d’écrire pour défendre le roi et il fut (et il y en avait très peu en ce cas) en tout point parfaitement loyal, sans aucune autre raison que la connaissance de son devoir et des principes d’équité, sans aucun intérêt spécial.

 

            Le 3 novembre suivant, (5) débuta un nouveau parlement, [8] formé pour l’essentiel d’hommes élus par le peuple seulement parce qu’ils étaient hostiles aux intérêts du roi. Au tout début, ils s’acharnèrent tant sur ceux qui avaient écrit ou prêché pour défendre la moindre partie de ce pouvoir qu’ils entendaient supprimer (et ils graciaient ceux qui avaient subi la disgrâce du roi pour sédition) que M. Hobbes, incertain sur la façon dont ils allaient en user envers lui, passa en France, [9] fut le premier de tous ceux qui s’enfuirent, et cela dura onze ans, avec un préjudice de plusieurs milliers de livres. Pour vous, Docteur, ce fut le temps de la moisson. Vous étiez en leur faveur et cela (comme vous l’avez fait paraître depuis) sans aucune vertu particulière.

 

            Se trouvant à Paris, il écrivit et publia son livre De Cive en latin (7), afin que toutes les nations qui entendraient ce que vous et vos amis conjurés de l’Alliance [10] étaient en train de faire en Angleterre pussent vous détester, ce qu’ils firent, je crois, car je ne sache pas qu’un livre ait été plus célébré que ce livre au-delà des mers.

 

            Quand sa majesté, qui règne actuellement, vint à Paris, M. Hobbes eut l’honneur de l’initier aux mathématiques [11] mais il ne fut jamais assez impudent ou ignorant pour se nommer ou se juger le tuteur du roi, comme vous (qui ne comprenez pas ce que ce mot signifie en-dehors de l’université [12]) l’en accusez faussement ou pour dire qu’il fut l’un des serviteurs de sa majesté. Alors qu’il demeurait à Paris, n’ayant jamais eu le désir de retourner en Angleterre (et il n’y fut pas non plus encouragé), il écrivit et publia son Léviathan, très éloigné de (8) l’intention de nuire à sa majesté ou de flatter Olivier (qui ne fut fait protecteur que trois ou quatre ans après) ou du dessein de préparer son retour car il n’est guère une page, dans ce livre, qui ne le blâme, ainsi que vous et d’autres semblables à vous, pleins d’une hypocrisie et d’une bassesse abominables.

 

            Il n’avait pas abandonné sa majesté comme vous l’en accusez faussement, ce que sa majesté sait bien elle-même. Sa majesté n’était pas non plus (comme vous le dites de façon discourtoise) dans la détresse. Elle avait le titre et le droit d’un roi auquel on devait le respect et elle conservait avec elle ses fidèles serviteurs. Il est vrai que M. Hobbes revint chez lui mais c’était parce que, pour sa sécurité, il se méfiait du clergé français.

 

            Avez-vous eu connaissance qu’il ait recherché quelque avantage (9)  auprès d’Olivier ou auprès de l’un de ses partisans, qu’il ait été, d’une façon ou d’une autre, proche de l’un de ses ministres avant ou après son retour ou qu’il se soit insinué dans les bonnes grâces de l’un d’entre eux (comme vous l’avez fait en dédicaçant un livre à son vice-chancelier Owen) ?

 

            Avez-vous entendu dire qu’il ait pris en mauvaise part ce qui a été fait pour lui par sa majesté, qu’il ait parlé d’elle autrement que ne le ferait le meilleur de ses serviteurs ou qu’il l’ait louée avec mauvaise grâce, qu’il se soit tu ou qu’il ait ménagé ses louanges à son égard, en quelque compagnie que ce soit, en quelque occasion que ce soit ?

 

            Il savait qui étaient ses ennemis et sur quels fondements ils interprétaient faussement ses écrits.

 

            Mais votre imprudence apparaît plus manifestement [encore] quand vous lui donnez l’occasion de répéter ce que vous avez fait et de vous considérer comme vous prétendiez le considérer. En effet, (10) avec quelle équité pourrait-on l’empêcher de répéter tous ces crimes manifestes et horribles pour lesquels vous avez obtenu le pardon [13] quand vous publiez faussement ses prétendues fautes, comprises dans le même pardon ?

 

            S’il devait dire et publier que vous avez déchiffré les lettres du roi et de ses partisans et que, ainsi, vous avez livré les secrets de sa majesté à l’ennemi et envoyé ses meilleurs amis à l’échafaud, que vous vous vantez de cela dans votre livre d’arithmétique (écrit en latin) devant le monde entier comme d’un monument de votre esprit [14] digne d’être conservé à la bibliothèque de l’université, comment vous justifieriez-vous si l’on vous reprochait d’avoir été rebelle et traître ? Peut-être diriez-vous (ou quelqu’un le dirait aujourd’hui pour vous) que vous avez déchiffré ces lettres dans l’intérêt du roi. Mais alors, (11) vous étiez infidèle à vos maîtres du parlement ? Voilà une très honnête justification et un grand courage ! S’excuser de la trahison par la traîtrise et avouer qu’on était un double espion ! De plus, qui vous croirait ? Qui vous a autorisé à faire cette faveur au roi ? Pourquoi avez-vous rejoint le troupeau de ses ennemis ? [15] Qui amena le roi à avoir besoin de la faveur d’un tel individu, sinon ceux qui l’avaient d’abord abandonné, qui lui firent la guerre et qui étaient vos amis et les ennemis de M. Hobbes. Mieux encore, je n’ai pas connaissance que M. Hobbes eût alors un ennemi, sinon ceux qui furent d’abord les ennemis du roi et, à cause de cela, ses ennemis. Le fait que vous ayez été de ce parti (en dehors de la question du déchiffrement [des lettres]) représente plus qu’une désertion. [16] Parmi les évêques alors présents, et pour l’intérêt desquels (en partie) vous avez déclenché la guerre, aucun (12) ne suivit le roi hors du pays malgré leur amour pour lui, mais ils vécurent tranquillement sous la protection d’abord du parlement et ensuite d’Olivier (dont les titres et les actions étaient également illégitimes) sans les trahir. N’est-ce pas aussi mal que s’ils avaient fait la traversée et (ce qui fut le cas de M. Hobbes) qu’ils avaient été forcés de revenir ? J’espère que vous ne les appellerez pas tous des déserteurs ou (parce que, en restant en Angleterre, ils ont ouvertement accepté la protection du Parlement et d’Olivier) que vous ne direz pas qu’ils ont défendu le titre d’Olivier ou du parlement au pouvoir souverain.

           

Comme furent d’abord nombreux ceux qui abandonnèrent réellement et volontairement le roi en consentant à de nombreuses actions injustes ! Beaucoup, ensuite, en jugeant mieux ou (13) parce qu’ils ne plaisaient pas à la faction [17] (car c’était une tâche difficile de plaire au parlement quand on ne faisait pas partie de la cabale de Pym [18]) ou pour d’autres raisons privées, abandonnèrent le parlement et certains d’entre eux nuirent davantage au roi que s’ils étaient restés où ils étaient (car ils avaient été si effrayés par des gens comme vous, pris d’une telle peur panique de la tyrannie, que, cherchant à l’aider au moyen de la composition et du partage, ils affaiblirent la juste et nécessaire indignation des armées qui, seules, devaient faire recouvrer au roi son droit.).

       

Le fait même de conclure contre le roi l’Alliance (Convenant [19]) avec la nation écossaise est en soi un très grand crime et vous en êtes coupable. Il en est de même du fait d’avoir imposé l’engagement, [20] et vous en êtes également coupable car ce fut fait par le (14) parlement d’alors dont vous approuviez les principes démocratiques.

 

Vous avez aussi assisté l’assemblée [21] des pasteurs qui firent le Répertoire [22] [du culte divin] et qui furent renvoyés par Olivier parce qu’ils prenaient des airs d’ambassadeurs. Et cela eut lieu quand le roi était [encore] vivant et à la tête d’une armée qui, si vous aviez été déterminé, aurait pu vous protéger. En quoi était-ce un crime (le roi étant à la tête de l’Eglise d’Angleterre) de faire des répertoires [pour le culte divin], de modifier le gouvernement de l’Eglise [23], d’instituer de nouvelles formes du service divin à votre propre fantaisie sans l’autorité du roi, les légistes auraient pu vous le dire. Quant au châtiment que vous pouviez en attendre, vous auriez pu le voir dans la loi [24] publiée avant le Livre des prières publiques [25].

 

(15) De plus, on peut dire qu’en réalité vous fûtes coupable de toutes les trahisons, de toutes les rapines et de tous les meurtres commis par Olivier ou par quiconque sous l’autorité d’Olivier ou du parlement. En effet, durant les récents troubles, qui rendit Olivier et le peuple fou, sinon ceux qui prêchaient vos principes ? Mais, outre l’iniquité, voyez comme tout cela était insensé. Vous pensiez les rendre fous mais juste jusqu’à un degré qui puisse servir vos propres affaires, c’est-à-dire fous et pourtant juste aussi avisés que vous-même. N’étiez-vous pas imprudent de penser gouverner la folie ? Paul[26] ils le connaissaient, mais qui étiez-vous ? Qui mit dans les mains d’Olivier l’armée (Olivier qui, aussi fou qu’il fût, était trop faible et trop obscur pour commettre de grands méfaits), armée avec laquelle il accomplit contre des gens comme vous, (16) ici et en Ecosse, ce que la justice de Dieu exigeait ? [27]

 

            Donc, de tous les crimes (sans en excepter le grand crime [28]) commis pendant cette rébellion, vous êtes coupable. Vous, dis-je, Docteur (même si vous y avez contribué avec peu de force et d’esprit), par votre bonne volonté envers leur cause. Le roi fut chassé comme un perdreau dans les montagnes et, bien que les chiens fussent pendus, les chasseurs furent pourtant aussi coupables qu’eux et ne méritent pas un moindre châtiment. Les déchiffreurs [29] et tous ceux qui jouèrent du cor doivent être comptés au nombre des chasseurs. Peut-être ne vouliez-vous pas que la proie soit tuée mais plutôt qu’elle soit gardée et domestiquée ! [30] Qui peut le dire ? J’ai lu que peu de rois privés de leur pouvoir par leurs propres sujets ont vécu longtemps après, pour des raisons (17) que chacun peut imaginer.

 

            Tout cela est si évident qu’il n’est nul besoin de témoignages. Pendant ce temps, la conduite de M. Hobbes était telle que, de ceux qui ont paru sur cette scène, il est le seul homme que je connaisse (à l’exception de quelques hommes qui avaient les mêmes principes que lui) qui n’ait pas fait quelque chose dont il ait plus ou moins à rougir, comme le fait d’aider le parlement rebelle sans nécessité (alors que l’on aurait pu avoir la protection du roi si l’on avait eu recours à lui sur le champ de bataille) en pactisant, par des actions, par de l’argent ou de l’argenterie ou en votant contre les intérêts de sa majesté, les siens ou ceux de ses amis, bien que certains d’entre eux aient depuis, par des services exceptionnels, mérité de recevoir des faveurs. Mais qu’est-ce que cela pour vous ? Vous n’êtes pas l’un des leurs et, cependant, vous osez accuser (18) l’innocent, comme si, après tous les mauvais fruits de vos sermons, ce n’était pas assez d’impudence que de prêcher.

 

            De plus,  j’admire que, ayant été pardonné [31] pour ces crimes si transcendants (une dette si grande envers le gibet), vous preniez M. Hobbes à la gorge [32] parce qu’un mot de son Léviathan, à cause d’une interprétation malveillante ou trop hâtive, est devenu fautif. En effet, par là, semblable au débiteur de l’Evangile [33] (selon moi), vous êtes déchu de votre droit au pardon et, ainsi, sans un nouveau pardon, vous pouvez encore être pendu.

 

            Pour ce qui est de cette autre accusation, qu’il écrivit son Léviathan pour défendre le titre d’Olivier, il dira que vous savez en votre propre conscience que c’est faux. Qu’était Olivier quand ce livre fut publié ? On était en 1650 [34] et M. Hobbes revint avant 1651. [35] Olivier n’était alors que général (19) sous [les ordres] de vos maîtres du parlement et il ne leur avait pas encore escroqué leur pouvoir usurpé car il ne le fit que deux ou trois ans plus tard, en 1653, ce que ni lui, ni vous ne pouviez prévoir. Quel est donc ce titre d’Olivier que M. Hobbes prétendait justifier ? Mais, direz-vous, il place le droit du gouvernement partout où est la force et ainsi, par conséquent, il le place en Olivier. Est-ce tout ? Donc, premièrement, son Léviathan était fait à l’intention de vos maîtres du Parlement parce que la force était alors de leur côté. Pourquoi le parlement et Olivier, chacun leur tour, ne l’ont-ils pas remercié ? Cela, Docteur, [36] vous l’avez mal déchiffré. En effet, le Léviathan était écrit au nom de ces nombreux et fidèles serviteurs et sujets de sa majesté qui avaient pris son parti dans la guerre ou qui, sinon, avaient (20) fait tout ce qu’ils pouvaient pour défendre le droit et la personne de sa majesté contre les rebelles, mais, n’ayant plus d’autres moyens de protection et (dans l’ensemble) de subsistance, ils furent forcés de composer avec vos maîtres pour sauver leurs vies et leurs fortunes, ce qu’ils pouvaient faire légitimement, dit-il dans son livre. Par conséquent, ils ne pouvaient légitimement porter les armes contre les vainqueurs. Ceux qui avaient fait tout ce qu’ils pouvaient pour s’acquitter de leur obligation envers le roi avaient fait tout ce à quoi ils pouvaient être obligés et ils étaient, par conséquent, libres de chercher la sûreté de leurs vies et de leurs moyens d’existence partout et sans traîtrise. [37] Mais il n’y a rien dans ce livre pour justifier votre soumission ou celle de vos semblables [38] au parlement, après que (21) le roi eut été chassé, ou à Olivier. En effet, vous étiez les ennemis du roi et vous ne pouvez prétexter le défaut d’une protection que vous avez vous-mêmes refusée, reniée, chassée et détruite. Si un homme vous doit de l’argent et que, parce que vous l’avez volé ou lui avez causé un autre préjudice, il n’est plus en état de vous rembourser, c’est vous qui êtes fautif et il n’est nul besoin que soit mise dans les clauses du contrat cette exception : sauf si le créancer le vole. Protection et obéissance sont relatives l’une à l’autre. Celui qui dit qu’un homme peut se soumettre à un ennemi quand la protection fait défaut ne doit jamais être interprété comme s’il l’entendait d’un sujet qui obéit [déjà à un souverain]. Mais considérons ses paroles, page 390, quand il pose comme une loi de nature que tout homme est tenu, [39] autant qu’il est en son pouvoir, de protéger en temps de guerre l’autorité par laquelle il est lui-même protégé (22) en temps de paix [40], ce qui n’est, je pense, ni un principe impie, ni un principe déraisonnable. Pour le confirmer, il précise à quel moment un sujet devient obligé d’obéir à un conquérant illégitime et il le précise ainsi : C’est celui où, ayant la liberté de se soumettre au conquérant, il consent, soit par des paroles expresses, soit par un autre signe suffisant, à être son sujet[41]

 

            Je ne peux voir, Docteur, comment un homme peut avoir la liberté de se soumettre à son nouveau maître s’il n’a pas d’abord fait tout ce qu’il pouvait pour son ancien maître. S’il a fait tout ce qu’il pouvait, pourquoi cette liberté lui serait-elle refusée ? Si un homme est fait prisonnier par les Turcs et qu’il est amené par la terreur à se battre contre son précédent maître, je vois comment il peut être tué pour cela comme un ennemi mais non comme un criminel. Je ne vois pas non plus comment celui qui a la liberté de se soumettre peut (22) en même temps être tenu de ne pas se soumettre.

 

            Mais peut-être direz-vous qu’il précise un moment de cette liberté qui avantage Olivier, en ce qu’il dit : Pour un sujet ordinaire, [42] c'est quand ses moyens de vivre sont occupés et gardés par l'ennemi. Car c'est alors qu'il n'a plus de protection sinon celle de son ennemi, en échange de sa contribution. [43] Il ne lui était pas nécessaire d’expliquer cela à des hommes d’une si grande intelligence, comme vous et ses autres ennemis prétendez l’être, en ajoutant cette exception : Sauf s’ils sont devenus la possession de l’ennemi qui les occupe et les garde en raison de sa propre trahison. Croyez-vous que les partisans d’Olivier, pour leur soumission à Olivier, pouvaient prétextee un défaut de cette protection ?

 

            Donc, par eux-mêmes et sans cette cette exception, ces mots (24)  ne signifient rien de plus que ceci : Que quiconque avait fait tout ce qu’il était en son pouvoir pour protéger le roi en guerre avait ensuite la liberté de rechercher la protection qu’il pouvait obtenir[44] c’est-à-dire, pour ceux dont les moyens de vivre étaient occupés et gardés par Olivier, la protection d’Olivier.

 

Pensez-vous que, quand une bataille est perdue et que vous êtes à la merci de l’ennemi, il soit illégitime de recevoir quartier à condition d’obéir ? Ou, si l’on vous fait quartier, pensez-vous qu’il soit honnête de rompre sa promesse et de traîtreusement tuer celui qui vous a laissé la vie sauve [45] ? Si c’était là une bonne doctrine, bien insensé serait l’ennemi qui ferait quartier à un homme.

 

Vous voyez donc que cette soumission à Olivier ou à vos maîtres d’alors est autorisée par la doctrine de M. Hobbes (25) seulement pour les partisans fidèles du roi et non pour ceux qui se battirent contre lui, quelle que soit la teinture donnée à cette action, en disant qu’ils se battaient pour le roi et pour le parlement, ni pour ceux qui écrivirent ou prêchèrent contre sa cause ou encouragèrent ses adversaires, ni pour ceux qui ont divulgué ses intentions, intercepté ou déchiffré [46] ses lettres ou celles de ses officiers et de ses partisans, ni pour ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont contribué à la diminution du pouvoir ecclésiastique ou civil de sa majesté. Sa doctrine ne les décharge pas de leur allégeance. Vous, qui considérez que, pour un homme, c’est un crime odieux que de se sauver de la mort violente par une soumission forcée à un usurpateur, auriez dû considérer quel crime c’était de se soumettre volontairement au parlement usurpateur.

 

(26) De plus, je peux vous dire pourquoi ces phrases ont été mises dans le dernier chapitre qu’il a appelé la révision. A cette époque, il y eut de nombreuses personnes honorables qui, ayant été des serviteurs fidèles et irréprochables et des soldats de son armée, eurent leurs biens mis sous séquestre. La fortune de ceux qui avaient fui fut entièrement à la merci (non d’Olivier mais) du parlement. Certains furent autorisés à composer, d’autres pas. Ceux qui composèrent, bien qu’ils aidassent moins le parlement en composant qu’ils ne l’eussent fait (au cas où ils auraient refusé) par la confiscation [de leurs biens] furent pourtant l’objet de critiques, spécialement de la part de ceux qui n’avaient pas de biens à perdre ou d’espoir de composer. Et ce fut pour cela qu’il ajouta (à ce qu’il avait déjà écrit) cet avertissement, que s’ils voulaient composer, ils devaient le faire bona fide[47] sans une intention de traîtrise, en quoi il justifiait leur soumission pour leur obéissance antérieure et par la nécessité présente mais il condamnait la traîtrise. Vous, au contraire, qui prétendez détester l’athéisme, vous condamnez ce qui fut fait sous la nécessité et justifiez la traîtrise. Vous avez des raisons pour cela car vous ne pouvez vous justifier autrement. Ces luttes qui eurent lieu ensuite firent perdre à sa majesté de nombreux sujets bons et capables et elles renforcèrent Olivier par la confiscation de leurs biens qui, s’ils avaient simplement assisté à la discorde de leurs ennemis, auraient pu être sauvés.

 

Peut-être prendrez-vous pour un signe des mauvaises intentions de M. Hobbes le fait que (28) sa majesté ait été mécontente de lui. En vérité, je crois qu’elle ne le fut que pour un temps mais pas très longtemps. Ceux qui se plaignaient de ses écrits et les interprétaient faussement étaient de bons sujets de sa majesté, réputés pour leur sagesse et leur savoir, ce qui leur permit de faire en sorte que l’on crût pendant un petit moment leurs fausses interprétations. Mais, l’été qui suivit son départ [48], deux honorables personnes de la cour qui passèrent en Angleterre lui assurèrent que sa majesté avait une bonne opinion de lui et d’autres, depuis, lui ont dit que sa majesté disait ouvertement qu’elle ne pensait pas que M. Hobbes avait jamais eu l’intention de lui nuire. De plus, sa majeste en a usé avec lui plus gracieusement qu’il n’est d’ordinaire avec une personne aussi humble que lui, [lui] que vous voulez faire passer pour un criminel, et elle lui a témoigné (29) son estime par ses bontés. Quel argument supplémentaire pouvez-vous tirer de là, sinon que sa majesté a mieux compris ses écrits que ceux qui l’ont accusé ?

 

            En second lieu, j’admire les bases sur lequelles vous l’accusez (et tous ceux qui ont approuvé son Léviathan) d’athéisme. J’ai jadis pensé que cette calomnie avait eu quelque fondement (mais bien faible) pour ce qui est de ce que vous appelez sa nouvelle théologie mais, sur ce point, il alléguera ce passage du Léviathan, page 238 : De là, il me semble (en me soumettant, cependant, aussi bien sur cela que sur d’autres questions dont la solution dépend des Ecritures, à l’interprétation de la Bible autorisée par la République dont je suis sujet) que etc. [49] Qu’il y a-t-il dans cette phrase, sinon modestie et obéissance ? Mais vous étiez à cette époque en véritable rébellion. M. Hobbes, qui soutient que la religion est une loi, devait de ce fait condamner toutes ses opinions si on les soutenait contre la loi, et vous, qui lui reprochez ses opinions, auriez dû aussi montrer par votre propre savoir en quoi l’Ecriture, qui était sa seule preuve, était mal citée ou interprétée faussement par lui ( car il se soumet aux lois, c’est-à-dire à la doctrine du roi, pas à la vôtre) et non insulter à la victoire remportée par le pouvoir de la loi dont vous étiez alors ennemi.

 

Vous tirez une autre preuve d’athéisme de son refus des substances immatérielles ou incorporelles[50] Maintenant, qu’on compare impartialement sa religion avec la vôtre par ce même critère et qu’on juge laquelle (31) des deux favorise le plus l’athéisme.

 

Il est reconnu par tous les chrétiens que Dieu est incompréhensible, c’est-à-dire que rien ne peut naître dans notre fantaisie [51], quand nous le nommons, qui lui ressemble en forme, en couleur, en stature ou en nature. Il n’existe aucune idée de lui. Il n’est en rien semblable aux objets possibles de notre pensée. Que devrions-nous donc dire de lui ? Quels attributs ceux qui entendent l’honorer doivent-ils lui donner, ne parlant pas autrement que nous ne pensons ni autrement qu’il ne convient. Aucun, sinon ceux que M. Hobbes a établis, à savoir les expressions de respect telles que celles qui sont en usage chez les hommes comme signes d’honneur et qui, par conséquent, signifient la bonté, la grandeur et le bonheur, qui sont utilisées soit absolument, comme bon, saint, puissant, béni, juste, sage, miséricordieux, &c. (32), soit superlativement, comme le plus bon, le plus grand, le plus puissant, le Tout-Puissant, le plus saint, &c., soit négativement, par rapport à ce qui n’est pas parfait, comme infini, éternel, et autres mots semblables, mais pas celles que ni la raison, ni l’Ecriture n’approuvent comme honorables. C’est la doctrine que M. Hobbes a  couchée par écrit, aussi  bien dans son Léviathan que dans son De Cive, doctrine qu’il maintient quand l’occasion est opportune. Quel genre d’attribut, je vous prie, est la substance immatérielle ou incorporelle ? Où trouvez-vous de telles expressions dans l’Ecriture ? D’où nous viennent-elles, sinon de Platon et d’Aristote, des païens qui se méprirent sur les subtils habitants du cerveau qu’ils voyaient en dormant et qui les considérèrent comme autant d’individus incorporels à qui, pourtant, ils accordaient le mouvement qui n’est propre qu’aux choses corporelles ? Pensez-vous que c’est un honneur pour Dieu d’être l’un de ces individus ? Et (33) voudriez-vous apprendre le christianisme chez Platon et Aristote ? Mais, vu que de telles expressions ne se trouvent pas dans l’Ecriture, comment les justifierez-vous par la raison naturelle ? Ni Platon, ni Aristote n’ont, dans leurs écrits, mentionné [l’existence d’] un esprit incorporel car ils ne pouvaient pas concevoir comment un esprit, pneuma [52] dans leur langue (dans la nôtre, un souffle), pouvait être incorporel. Comprenez-vous la connexion qui existe entre substance et incorporelle ? Si vous la comprenez,  expliquez-la en anglais car ces mots sont latins. C’est quelque chose, direz-vous, qui, étant sans corps, se trouve sous… Se trouve sous quoi ? Direz-vous sous des accidents ? Presque tous les Pères de l’Eglise seront contre vous et vous serez alors un athée. La façon qu’a M. Hobbes d’attribuer à Dieu seulement ce que les Ecritures lui attribuent (34) ou seulement ce qui est partout considéré comme un honneur, ne vaut-elle pas mieux que votre entreprise audacieuse de considérer et de nous déchiffrer [53] la nature de Dieu ?

 

Comme troisième preuve d’athéisme, vous écrivez qu’il dit : En dehors de la création du monde, il n’existe aucun argument pour prouver [l’existence d’] une divinité ; et qu’il ne peut être démontré par aucun argument que le monde a eu un commencement[54] et qu’il ait eu ou non un commencement, cela ne doit être décidé par aucun argument mais par l’autorité du magistrat[55] Qu’il puisse en être décidé par l’Ecriture, il ne l’a jamais nié. Donc, en tout cela aussi, vous le calomniez. Et, pour ce qui est des arguments tirés de la raison naturelle, ni vous, ni quelqu’un d’autre n’en a jusqu’ici produits (à l’exception de la création) qui n’ait rendu pour beaucoup d’hommes la question plus douteuse qu’elle ne l’était auparavant. Ce (35) qu’il a écrit sur de tels arguments se trouve dans son livre De Corpore. Les opinions (dit-il) sur la nature de l’infini et de l’éternité, en tant qu’elles sont les fruits de la sagesse, Dieu se les ait réservées et il en a fait juges les hommes dont il entendait utiliser le ministère pour organiser la religion. Je ne peux donc louer ces hommes qui se vantent de démontrer le commencement du monde par la raison naturelle[56] [57] Et, aussi page 238 : Je passe donc sur ces questions de l’infini et de l’éternité en me contentant de la doctrine concernant le commencement et la grandeur du monde que j’ai apprise par l’Ecriture, – qui a été confirmée par des miracles – par la coutume de mon pays et par le respect que je dois à la loi[58] Voilà, Docteur, qui n’est pas mal dit et, pourtant, c’est sur tout cela que vous fondez cette calomnie que (36) vous glissez bassement sous une paraphrase tordue. 

 

Ces opinions, dis-je, devaient être jugées par ceux à qui Dieu a confié l’organisation de la religion, c’est-à-dire aux gouverneurs suprêmes de l’Eglise, c’est-à-dire, en Angleterre, au roi.  C’est par son autorité, dis-je, que doit être décidé (non ce que les hommes penseront mais) ce qu’ils diront sur ces questions. Et, ce me semble, vous devriez ne pas oser le nier car vous seriez manifestement relaps pour ce qui est de vos crimes passés.

 

Mais pourquoi désignez-vous le roi par le terme magistrat ? [59] Partout, qu’appelle-t-on magistrat, est-ce celui qui a le pouvoir souverain ? Ne sont-ce pas plutôt ceux à qui le souverain confie une fonction ? [60] Je pense que vous saviez cela mais vous et vos acolytes (j’appelle ainsi tous ceux (37) qui, s’étant entièrement souillés de la saleté du même crime, n’ont pas à être distingués) aviez l’intention de faire de votre assemblée le souverain et du roi votre magistrat. Je prie Dieu que vous n’ayez plus cette intention au cas où l’occasion se présenterait.

 

Jusqu’ici, il n’est apparu dans la doctrine de M. Hobbes aucun signe d’athéisme et tout ce qui peut être inféré de son refus des substances incorporelles fait de Tertullien (l’un des plus anciens Pères) et de la plupart des docteurs de l’Eglise grecque autant de personnes aussi athées que lui. En effet, Tertullien, dans son traité De Carne Christi[61] dit clairement : Omne quod est, corpus est sui generis. Nihil est incorporale, nisi quod non est. [62] C’est-à-dire tout ce qui est quelque chose est un corps sui generis. Rien n’est incorporel, sinon ce qui n’a aucune existence. Il y a de nombreux (38) autres passages dans son œuvre qui vont dans le même sens. En effet, cette doctrine lui permit de réfuter l’hérésie de ceux qui soutenaient que le Christ n’avait pas de corps mais qu’il n’était qu’un esprit [63]. Il dit aussi de l’âme qu’elle est un corps invisible et il existe un abrégé de la doctrine de l’Eglise d’Orient dans lequel on voit que ses membres pensaient que les anges et les âmes étaient corporels et qu’ils étaient appelés incorporels seulement parce que leurs corps n’étaient pas comme les nôtres. Et j’ai entendu dire qu’un patriarche de Constantinople, dans un concile tenu en ce lieu, soutint la légitimité de la représentation [64] des anges par le fait qu’ils étaient corporels[65] Vous voyez quels compagnons d’athéisme vous joignez à M. Hobbes.

 

Jusqu’à quel point votre religion est feinte, on peut l’affirmer solidement, démonstrativement, à partir de votre conduite, dont j’ai déjà parlée. (39) Vous qui avez commis d’abominables péchés, non par faiblesse [66] ou à cause d’un soudain transport de passion mais avec préméditation, volontairement, pendant vingt ans, pensez-vous qu’un homme ayant sa raison pensera que vous croyiez ce que vous disiez quand vous prêchiez le ciel et l’enfer ou que vous ne vous jugiez pas mutuellement comme des tricheurs et des imposteurs, riant sous cape [67] du peuple stupide qui vous croyait, vous applaudissant pour l’esprit que vous manifestiez en cela ? Pour ma part, je n’ai jamais pensé qu’il fallait beaucoup d’esprit pour être une canaille. Et, à la chaire, la plupart d’entre vous ont été un scandale pour le christianisme en prêchant la sédition et en décriant la vertu morale. Vous auriez du prêcher contre l’injustice de l’ambition, de l’avidité, de l’intempérance, de la malveillance, de la désobéissance au gouvernement, de la tromperie (40) et de l’hypocrisie mais, pour la plupart, vous prêchiez vos propres controverses sur la question de savoir qui doit avoir le plus haut pouvoir et vous prêchiez des opinions stériles et peu édifiantes. Quand l’un d’entre vous a-t-il prêché contre l’hypocrisie ? Vous n’osiez même pas, en chaire (je pense), utiliser le terme, de peur de provoquer le rire de l’église [68]. Et vous, en particulier, quand vous avez dit dans un sermon que Sophos [69] ne se trouvait pas chez Homère, quelle édification le peuple pouvait-il en tirer, même si cela avait été vrai (ce qui est faux car il est chez Homère, dans son Iliade, livre 15, vers 363) [70]. J’en ai entendu un autre qui, pendant la moitié de son sermon, soutenait l’idée que Dieu n’avait jamais envoyé de grande délivrance, sinon dans un grand danger, ce qui, certes, est vrai parce que c’est la grandeur du danger qui fait la grandeur de la délivrance, mais ce qui, pour la même raison, est ridicule. Il consacra l’autre partie à traduire les formules grecques de son texte. Pourtant, de tels sermons sont très applaudis. Mais pourquoi ? Premièrement, parce qu’ils ne font honte aux gens d’aucun vice. Deuxièmement, parce que les gens aiment les prédicateurs qui ont coutume de chercher les défauts des gouvernements ou des gouverneurs. Cela s’explique aussi, en troisième lieu, par leur véhémence, que les gens confondent avec le zèle et, en quatrième lieu, par le zèle dont ils font preuve pour des fins personnelles, zèle qu’ils confondent avec le zèle pour le culte divin. J’ai entendu, outre divers sermons faits par des fanatiques, de jeunes hommes que, par là et par leurs façons de faire, j’ai jugé être des apprentis ; et j’ai trouvé peu de différences entre leurs sermons et les vôtres, qu’il s’agisse de la sagesse, de l’éloquence, de la véhémence ou des applaudissements des gens du commun.

 

Je m’étonne donc que vous puissiez prétendre (comme vous le faites, dans votre pétition, pour obtenir une dispense des cérémonies de l’Eglise) être de meilleurs prédicateurs que ceux qui s’y conforment ou avoir une conscience plus délicate que celle des autres hommes. Vous, qui avez couvert de si noirs desseins par les paroles sacrées de l’Ecriture, pourquoi ne pouvez-vous tout aussi bien trouver dans votre cœur de quoi couvrir une robe noire d’un surplis blanc ? Quelle idolâtrie voyez-vous dans la pratique du signe de croix quand la loi l’ordonne ? Même si je pense que vous pourriez vous y conformer sans pécher, je pense cependant qu’on aurait pu aussi se dispenser de vous [71] si vous aviez donné une dispense aux autres ministres qui souscrivaient aux articles de l’Eglise. Et si votre délicatesse de conscience est un bon argument, (43) vous devez aussi donner à M. Hobbes la permission de plaider sa délicatesse de conscience pour sa nouvelle théologie. Je me  demande aussi comment vous osez parler à une multitude réunie sans que vos propos ne soient limités par sa majesté, surtout maintenant que nous avons éprouvé les douleurs cuisantes de cette audace, mais c’est là la relique de la politique ecclésiastique des papes qui jugèrent nécessaire de desserrer les liens qui unissaient trop étroitement les peuples à leurs rois ou autres gouverneurs civils.

 

Mais peut-être direz-vous que le reste du clergé, évêques ou hommes susceptibles [72] de le devenir, qui ne sont pas de vos amis, et contre l’office desquels M. Hobbes n’a jamais écrit quelque chose, ne parlent pas de meilleure façon que vous de sa religion.

 

Il est vrai qu’il n’a jamais rien écrit contre (44) l’épiscopat et son opinion personnelle est que l’épiscopat, tel qu’il existe actuellement en Angleterre, est le système le plus commode [73] qu’un roi puisse utiliser pour gouverner le troupeau du Christ, le roi ayant à répondre de son [éventuel] mauvais gouvernement devant dieu, les évêques ayant à en répondre à la fois devant le roi et devant Dieu. Il n’a jamais non plus dit de mal des évêques en tant que personnes. Je m’étonne d’autant plus de cette critique peu charitable de certains d’entre eux et j’y vois la relique persistante du venin de l’ambition papiste cachée sous cette séditieuse distinction, cette division entre le pouvoir spirituel et le pouvoir civil, ambition à laquelle ceux qui aiment user du pouvoir de nuire à tous ceux qui se trouvent en compétition avec eux en matière de savoir (comme le clergé romain avec Galilée) (45) ne renoncent pas de bon cœur. Tous les évêques ne sont pas en tout point semblables les uns aux autres. Il se peut que certains se contentent de tenir leur autorité de lettres patentes du roi et ces évêques n’ont aucune raison d’être en colère contre M. Hobbes. D’autres veulent absolument quelque chose de plus – ils ne savent pas quoi – quelque chose de droit divin pour gouverner en vertu de l’imposition des mains et de la consécration, sans reconnaître que ce pouvoir leur vient du roi, voulant qu’il leur vienne immédiatement du Christ. Ce sont peut-être ces évêques qui en veulent à M. Hobbes, quoiqu’il ne l’ait pas mérité, n’ayant contribué en rien à cela. Quoi qu’il en soit, il continue à croire que le roi seul et sans partage est le chef de toutes les Eglises à l’intérieur de ses possessions, qu’il peut dispenser de [certaines] cérémonies ou d’autres choses qui ne sont pas contraires aux Ecritures ou (46) à l’équité naturelle. Il pense que le consentement des Lords et des Communes ne saurait désormais lui donner ce pouvoir, leur tâche se réduisant à déclarer, au nom du peuple, leur avis et leur consentement. [74] On ne lui fera pas croire que la sécurité d’un Etat dépend de la sécurité de l’Eglise, j’entends du clergé, car un clergé n’est pas essentiel à une république. Et ces ministres [75] qui prêchèrent la sédition prétendent être du clergé, au même titre que les meilleurs. Il croit plutôt que la sécurité de l’Eglise dépend de la sécurité du roi et de l’intégrité [76] du pouvoir souverain, que le roi ne fait partie du troupeau d’aucun pasteur, d’aucun évêque, pas plus que le berger ne fait partie de son troupeau, qu’il fait seulement partie du troupeau du Christ ; et que tout le clergé, aussi bien que le peuple, appartient au troupeau du roi. Les vociférations de (47) ses adversaires ne réussiront pas à le persuader qu’il est pire chrétien que les meilleurs d’entre eux. Et comment allez-vous le réfuter ? En indiquant sa désobéissance au lois civiles ou ecclésisastiques ? En montrant une vilaine action qu’il aurait faite ? Ou alors, comment prouverez-vous que l’obéissance qui vient du mépris de l’injustice agrée moins à Dieu que celle qui vient de la peur du châtiment ou de l’espoir d’un avantage ? Un air profond et grave n’est pas une véritable marque qui nous assure des faveurs de Dieu. Une conduite enjouée, charitable et honnête envers les hommes est un meilleur signe de religion que la défense zélée de doctrines controversées. Et je suis donc entièrement persuadé que ce n’est pas sa théologie qui vous a  déplu ou qui leur a déplu mais quelque chose d’autre que vous n’êtes pas prêts (48) à révéler. Quant à vos partisans, ce qui les a mis en colère, je crois, est ce passage du Léviathan, page 189. Et quoique que certains aient prétendu, pour [justifier] la désobéissance à leur souverain, [avoir fait] une nouvelle convention, non avec les hommes mais avec Dieu, cela est aussi injuste, car il n'existe nulle convention avec Dieu si ce n'est par la médiation de quelqu'un qui représente la personne de Dieu, ce que personne ne fait, sinon le lieutenant de Dieu qui possède sous lui la souveraineté. Mais cette prétention de convention avec Dieu est un mensonge si visible (c’est cela qui les a fâchés), même dans la propre conscience de ceux qui le prétendent, que ce n'est pas seulement l'acte d'une disposition injuste, mais aussi celui d'une disposition vile et indigne. [77]

 

De plus, en faisant du roi le juge des doctrines qui doivent être prêchées ou publiées, il vous a offensés. Il l’a fait aussi en attribuant (49) tout le pouvoir sacerdotal au souverain civil. Mais la question peut sembler ardue quand la souveraineté appartient à une femme. C’est parce que vous n’êtes pas assez subtils pour voir que, bien que l’Homme soit mâle et femelle, il n’en est rien avec l’autorité. Ne plaire à aucun parti est aisé mais plaire aux deux, à moins que vous ne vous accordiez mieux entre vous que vous ne le faites, est impossible. Vos différends ont troublé le royaume, comme si vous étiez les maisons d’York et de Lancastre [78] ressuscitées. On s’étonne de voir comme un peu de latin et de grec peut agir si puissamment (alors que les Ecritures ont été traduites en anglais[79] que le roi et le parlement ont de la peine à vous faire rester tranquilles, surtout quand il y a une menace étrangère. S’il vous faut vous quereller, décidez de la chose entre vous et n’attirez pas le peuple dans vos factions.

 

Vous étiez aussi en colère parce qu’il avait critiqué les philosophes scolastiques et nié des choses aussi subtiles que celles-ci : Que les espèces ou apparences des corps entrent de la chose que nous regardons dans l’œil et nous font ainsi voir, dans l’entendement et nous font ainsi comprendre et dans la mémoire, et nous font ainsi nous rappeler[80] Qu’un corps peut être exactement le même qu’avant et être pourtant plus gros ou moins gros. Que l’éternité est un présent permanent[81] etc. Vous étiez aussi en colère parce qu’il avait découvert, au-delà de ce que vous jugiez bon, la supercherie du clergé romain. Votre aversion pour sa théologie fut la plus faible raison qui vous fit l’appeler athée. Mais il suffit maintenant sur cette question.

 

Le chapitre suivant de vos insolences est destiné à le rendre méprisable et à amener M. Boyle à éprouver pour lui de la pitié. [82] C’est une façon de railler trop rebattue pour qu’on la juge spirituelle. (51) Pour ce qui est de la chose elle-même, je doute que votre intelligence ne soit pas bonne et que vous, algébristes et non-conformistes, ne fassiez que la feindre pour vous encourager les uns les autres. Quant à vous, vous ne le méprisez pas ou, autrement, vous n’auriez pas sottement, au début de votre livre, choisi le titre « M. Hobbes considéré », ce qui montre qu’il est assez considérable pour vous. De plus, ce n’est pas une preuve de mépris que de dépenser pour lui tant de lignes virulentes qui eussent pu vous fournir une douzaine de sermons. Si vous l’aviez vraiment méprisé, vous l’auriez laissé seul, comme il le fait avec le Dr Ward, M. Baxter, M. Pike  [83] et d’autres qui l’ont injurié comme vous le faites. Pour ce que qui est de sa réputation au-delà des mers, elle ne flétrit pas encore et, comme vous n’avez peut-être aucun moyen de la connaître, je vous citerai un passage d’une lettre écrite par un (52) Français [84] érudit à une personne éminente qui se trouvait en France, passage qui ne manque pas de pertinence par rapport au point dont il est question maintenant. C’est un volume de lettres – dans l’ordre le quatrième – et les lignes qui concernent les chimistes, à la page 167, sont : Vraiment, Monsieur, autant je les admire quand je les vois luter [85] avec soin un alambic, filtrer une liqueur ou fabriquer un athanor [86], autant j’éprouve pour eux de l’aversion quand je les entends discourir au sujet de leurs opérations. Et, pourtant, ils pensent que tout ce qu’ils font n’est rien par rapport à tout ce qu’ils disent. Je souhaiterais qu’ils prennent moins de peine et se délestent de certaines tâches, je voudrais que, tandis qu’ils se lavent les mains après leur travail, ils laissent à ceux qui s’occupent de polir leur discours – j’entends les Galilée, les Descartes, les Hobbes, les Bacon et les Gassendi – le soin de raisonner sur leurs travaux, eux-mêmes (53) écoutant ce que leur diront ceux qui ont du savoir, du discernement et qui ont l’habitude de distinguer les différences entre les choses. Quam scit uterque libens censebo exerceat artem[87] Et on y lit aussi d’autres choses qui vont dans le même sens.

 

Ce qui est dit ici de la chimie est applicable à tous les autres arts [du même type]. [88]

 

Tout homme qui a épargné peut se procurer des fourneaux et acheter du charbon, se charger de faire fabriquer de grands moules, employer des ouvriers à polir des verres et faire ainsi les plus grands et les meilleurs télescopes. On peut construire des machines et les appliquer aux étoiles. On peut faire des récipients et tirer des conclusions mais on n’est pas plus philosophe pour autant. Il est louable, je l’avoue, de consacrer de l’argent à des plaisirs curieux et utiles (54) mais cela n’a rien à voir avec les louanges décernés à un philosophe. Et, pourtant, comme la multitude ne peut juger, elle fera passer un manque d’habileté pour de l’habileté dans toutes les parties de la philosophie naturelle. J’entends dire aujourd’hui que Huygens et Eustachio Divini doivent être jaugés d’après leurs verres pour savoir qui est le plus habile des deux en optique mais, pour ma part, avant la parution du livre de M. Hobbes, De Homine, je n’ai jamais vu quelque chose écrit de façon intelligible sur ce sujet. Ne me dites pas, à présent, en accord avec votre adresse habituelle, que je n’ai jamais vu l’optique d’Euclide, de Vitellio et de tant d’autres, comme si je ne pouvais pas faire la distinction entre la géométrie et l’optique.

 

Il en est ainsi de tous les autres arts. Il ne suffit donc pas, pour être philosophe, de rapporter d’au-delà des mers un nouvel engin ou un appareil à la mode car, (55) si vous adoptez cette méthode, non seulement les apothicaires et les jardiniers, mais aussi des artisans d’autres genres remporteront le trophée et seront rangés parmi les philosophes. Quand je vois donc ces messieurs de Gresham Collège [89] s’appliquer à la doctrine du mouvement (comme M. Hobbes l’a fait – et il est prêt à les aider sur ce sujet s’il leur plaît et aussi longtemps qu’ils en useront avec lui civilement), je voudrais apprendre d’eux et de leurs cahiers certaines causes d’événements naturels, et pas avant. En effet, la nature ne fait rien que par le mouvement.

 

J’entends dire que la raison que donne M. Hobbes pour expliquer pourquoi la goutte de verre, qui étonne tant, vole en de nombreux éclats quand on en casse seulement une petite partie, est approuvée comme probable et figure dans les cahiers de leur collège mais il n’a aucune raison de prendre cela pour une faveur car (56), désormais, la découverte, de cette façon, peut être considérée comme leur découverte, non comme la sienne.

 

Pour le reste de vos calomnies, la réponse sera brève et telle que vous auriez pu facilement la prévoir. Et, d’abord, sa vantardise sur son savoir, vous l’avez très bien résumée en ces termes : Quelqu’un (que je ne nommerai pas) a proposé qu’une personne inoccupée examine tous ses livres et rassemble tous les passages arrogants et dédaigneux où il s’applaudit lui-même et méprise tous les autres hommes, puis publie tout cela en un synopsis dont le titre serait Hobbius de se. Quel spectacle grandiose ce serait, je vous le laisse imaginer[90]

 

Voilà ce que vous dites. Que, maintenant, M. Hobbes parle ou que je le fasse pour lui. Que votre personne inoccupée accomplisse cette tâche et qu’elle réunisse rien de plus que ce qu’il a écrit (si grands que soient les éloges) (57). Je vous promets qu’il reconnaîtra qu’il a écrit cela et il en sera loué. Quant à vous, vous serez méprisé. Un certain sénateur romain, ayant proposé quelque chose à l’assemblée du peuple, et ce dernier ayant fait du bruit pour indiquer son désaccord, ordonna avec courage aux membres de l’assemblée de se taire et il leur dit qu’il savait mieux qu’eux tous ce qui était bon pour la république. Ces paroles nous ont été transmises comme une preuve de sa vertu ; tant la vérité et la vanité altèrent l’apparence des louanges qu’on se donne à soi-même. De plus, vous n’avez qu’une très petite aptitude à la moralité puisque vous ne parvenez pas à voir – entre autres choses – la justice qu’il y a dans le fait qu’un homme se loue pour sa propre défense. Et ce fut un manque de prudence de votre part que de le contraindre à faire une chose qui vous déplairait tant. La partie où il s’adresse des louanges (58) et qui vous offense le plus, se trouve à la fin du Léviathan, dans ces lignes : Je crois donc qu’il peut être imprimé avec profit, et l’enseigner dans les universités serait d’un profit encore plus grand, si ceux à qui il appartient de juger pensent de même. [91] Que chacun considère la vérité de cette phrase. Où les pasteurs ont-ils appris leur doctrine pernicieuse et où ont-ils appris à la prêcher, sinon dans les universités ? Où donc les prédicateurs devraient-ils apprendre à enseigner la loyauté, sinon en ce lieu ? Et si vos principes ont produit la guerre civile, les principes contraires, qui sont les siens, ne doivent-ils pas produire la paix ? Et, par conséquent, son livre, pour autant qu’il traite de la doctrine civile, ne mérite-t-il pas d’y être enseigné ? Mais quand ? Quand vous n’aurez plus une armée prête à soutenir la mauvaise doctrine avec laquelle vous avez infecté (59) le peuple. Par armée prête, j’entends des armes, de l’argent et assez d’hommes qui, s’ils ne sont pas encore payés et mis sous les ordres d’officiers, sont cependant réunis en une place, en une cité, pour y être mis sous les ordres d’officiers, pour y être armés et payés à la première occasion. Tel est le peuple d’une grande et populeuse ville. Toute grande cité est comme une armée permanente dont le peuple, s’il n’est pas sous les ordres du souverain, est misérable. S’il l’est, il faut lui enseigner son devoir en toute sécurité et facilité dans les universités et il sera heureux ? Je n’ai jamais lu qu’un roi chrétien fût un tyran, même si le meilleur des rois a été ainsi nommé. [92]

 

Pour ce qui est de la morosité [93] de et l’irritabilité [94] dont vous l’accusez, tous ses familiers savent que c’est une accusation fausse. Mais peut-être voulez-vous dire qu’il manifeste ces traits de caractère seulement envers ceux qui argumentent contre ses opinions. Mais cela aussi (60) est faux. Quand de jeunes intellectuels vains et ignorants, qu’il ne connaissait pas avant, viennent le voir afin de disputer avec lui, qu’ils cherchent à lui arracher ses applaudissements pour leurs opinions insensées et qu’ils échouent, ils tombent dans des propos grossiers et irrespectueux et, alors, s’il ne semble pas très content, ce n’est pas sa morosité mais leur vanité qu’il faut blâmer. Et votre humeur, quelle était-elle (sinon de la morosité et de l’irritabilité) pour user envers lui, qui ne vous avait jamais fait tort, qui ne vous avait jamais entendu ou vu, de paroles si insolentes, injurieuses, ridicules et grossières [95], comme vous le fîtes dans votre absurde Elenchus [96]

 

N’était-ce pas de l’irritation que de voir quelque chose qui était en désaccord avec votre opinion ? M. Hobbes a toujours été bien loin de provoquer quelqu’un mais, quand il est provoqué, vous voyez que sa plume est aussi tranchante que la vôtre.

 

(61) De plus, vous lui reprochez son âge [97] et ne trouvez d’autre cause que son âge qui puisse diminuer les facultés de son esprit. J’admire le fait que vous ne vous rendiez pas compte que vous faites ce reproche à tous les hommes âgés du monde autant qu’à lui et que vous autorisez tous les hommes jeunes, à un moment qu’ils fixeront eux-mêmes, à vous appeler idiot. Votre aversion de la vieillesse, vous l’avez aussi autrement et suffisamment montrée en vous aventurant aussi joliment que vous l’avez fait pour y échapper. Mais cela n’est pas très important pour quelqu’un qui a sur lui tant de marques de reproches beaucoup plus importants. En utilisant le calcul [98] de M. Hobbes, qui tire prudence de l’expérience et dont l’expérience vient de l’âge, vous êtes un homme très jeune mais, si l’on suit vos propres explications, vous êtes déjà aussi vieux que Mathusalem.

 

Enfin, qui a dit qu’il avait (62) écrit contre M. Boyle alors qu’il ne l’a jamais mentionné dans ses écrits ? Et que ce fut parce que M. Boyle était l’une de vos connaissances ? [99] Je sais bien que c’est le contraire. Je l’ai entendu dire qu’il eût été préférable que ce fût une personne de plus basse condition qui eût été l’auteur de la doctrine à laquelle il s’opposait, et il s’y opposait parce qu’elle était fausse et que sa propre doctrine ne pouvait pas être défendue autrement. Mais je pense qu’il s’est toujours reproché son jugement, s’étant mépris sur votre savoir. C’est là tout ce que j’ai jugé bon de répondre en sa faveur et en faveur de ses mœurs. Pour le reste, qui concerne sa géométrie et sa philosophie, je dis seulement ceci : qu’il y a trop de choses à réfuter dans votre livre, que presque chaque ligne peut l’être ou doit être critiquée. En somme, tout cela n’est qu’erreurs et invectives, c’est-à-dire (63) un vent pestilentiel, comme ceux que laisse échapper une rosse au ventre plein et trop serré [par la sangle]. J’en ai fini. J’ai tenu compte de vous aujourd’hui mais je ne le ferai plus, quelque promotion que l’un de vos amis puisse vous procurer.

 

Fin

 

 

 

 

 

 

CONSIDERATIONS 
UPON REPUTATION, LOYALTY, MANNERS, & R E L I G I O N,
OF THOMAS HOBBES OF MALSBURY

Written by himself by way of

LETTER TO A LEARNED PERSON 

London

Printed for William Crooke, at the Green Dragon

Without Temple-bar. 1680

 

(3)

 

Sir,

 

            I Am one of them that admire your Writings ; and haying read over your Hobbius Heauton-timorumenos, I cannot hold from giving you some account of the causes why I admire it : And firft I considered how you handle him for his Disloyalty, in these words, pag. the 5th. His great Leviathan (wherein he placed his main strength) is now somewhat out of season ; which, upon deserting his Royal Master in distress, (for he pretends to have been the King's Tutor, though yet, from those who have most reason to know it, I can find but little ground for such a pretence,) was written in defence of Oliver's Title, (or whoever, by whatsoever  means, (4) can get to be upmost,) placing the whole Right of Government meerly in strength, and Absolving all his Majesties Subjects from their Allegiance, whenever He is not in a present capacity to force Obedience.

            That which I observe and admire here first, is, That you left not this passage out, for two reasons ; One, because Mr Hobbes could long for nothing more than such an occasion to tell the world his own and your little stories, during the time of the late Rebellion.

            When the Parliament sate, that began in April 1640. and was dissolved in May following, and in which many points of the Regal Power, which were necessary for the Peace of the Kingdom, and the safety of His Majesties Person, were disputed and denied, Mr. Hobbes wrote a little Treatise in (5) Englifh, wherein he did set forth and demonstrate, That the said Power and Rights were inseparably annexed to the Sovereignty ; which Sovereigncy they did not then deny to be in the King ; but it seems understood not, or would not understand that Inseparability. Of this Treatise, though not Printed, many Gentlemen had Copies, which occasioned much talk of the Author ; and had no His Majefty dissolved the Parliament, it had brought him into danger of his Life.

         He was the first that had ventured to write in the King's defence, and one, amongst very few, that upon no other ground but knowledge of his Duty, and Principles of Equity, without special interest, was in all points perfecly Loyal.

            The 3d of November following, (6) there began a new Parliament, consisting for the greatest part of such men as the People had elected only for their adverseness to the Kings Interest. These proceeded so fiercely in the very beginning against those that had written or preach'd in the defence of any part of that Power, which they then intended to take away, and in gracing those whom the King had disgrac'd for Sedition, that Mr. Hobbes doubting how they would use him, went over into France, the first of all that fled, and there continued eleven years, to his dammage some thousands of pounds deep. This (Dr.) was your time of harvest : You were in their fevour, and that (as you have made it since appear) for no goodness.

            Being at Paris, he wrote and published his Book de Cive, in Latine, (7) to the end that all Nations which would hear what you and your Concovenanters were doing in England, might detest you, which I believe they do ; for I know no Book more magnified than this is beyond the Seas.

            When His Majesty that now is came to Paris, Mr. Hobbes had the honour to initiate him in the Mathematicks ; but never was so impudent or ignorant as to call, or think himself the King's Tutor, as you (that understand not what that word,out of the University, signifies) do falsly charge him with ; or ever to say, that he was one of His Majesties domestique Servants. While upon this occasion he staid about Paris, and had neither encouragement nor desire to return into England, he wrote and published his Leviathan, far from the (8) intention either of disadvantage to His Majesty, or to flatter Oliver, (who was not made Protector till three or four years after) or purpose to make way for his return : For there is scarce a page in it that does not upbraid both him, and you, and others such as you, with your abominable hypocrisie and villany.

            Nor did he desert His Majesty, as you falsly accuse him, as His Majesty Himself knows. Nor was His Majesty (as you unmannerly term it) in distress. He had the Title, Right and Reverence of a King, and maintained His faithful Servants with Him. It is true, that Mr. Hobbes came home ; but it was because he would not trust his safety with the French Clergy.

            Do you know that ever he sought any benefit either from (9) Oliver, or from any of his Party, or was any way familiar with any of his Ministers, before or after his Return ? or curried favour with any of them ( as you did by Dedicating a Book to his Vice-Chancellor Owen ?)

            Did you ever hear that he took any thing done to him by His Majesty in evil part, or spake of him otherwife than the best of His Servants would do ; or that he was sallen, silent, or sparing, in praising His Majesty in any company, upon any occasion ?

            He knew who were his enemies, and upon what ground they misconstrued his writings.

            But your indiscretion appears more manifestly in giving him occasion to repeat what you have done, and to consider you, as you professedly have considered him : For (10) with what equity can it he denied him to repeat your manifest and horrible Crimes, for all you have been pardoned ; when you publifh falsly pretended faults of his, and comprehended in the same pardon?

            If he should say, and publish, That you decyphered the Letters of the King and His Party, and

thereby delivered his Majesties secrets to the Enemy, and His best Friends to the Scaffold, and boasted of it in your Book of Arithmetick (written in Latin) to all the World, as of a Monument of your Wit, worthy to be preserved in the University Library : How will you justifie your self, if you be reproached for having been a Rebel and a Traytor ? It may be you, or some for you, will now say, You decyphered those Letters to the King’s advantage : But then you (11) were unfaithful to your Masters of the Parliament : A very honest pretence, and full of gallantry, to excuse Treason with Treachery and to be a double Spy. Besides, Who will believe it ? Who enabled you to do the King that favour ? Why hearded you with His Enemies? Who brought the King into a need of such a fellows favour, but they that first deserted him, and then made War upon him, and which were your friends, and Mr. Hobbes his enemies. Nay more, I know not one enemy Mr. Hobbes then had, but such as were first the Kings enemies, and because the King's therefore his. Your being of that Party, (without your decyphering,) amounts to more than a desertion. Of the Bishops that then were, and for whose sakes ( in part) you raised the War, there was not one (12) that followed the King out of the Land, though they loved him, but lived quietly under the Protection, first of the Parliament and then of Oliver (whose Titles and Actions were equally unjust ) without treachery. Is not this as bad as if they had gone over, and ( which was Mr. Hobbes his case ) been driven back again? I hope you will not call them all desertors, (or because by their stay here openly they accepted, of the Parliament's and of Oliver’s Protection) defenders either of Oliver’s or of the Parliament's Title to the Sovereign Power.

            How many were there in that Parliament at first that did indeed and voluntarily desert the King, in contenting to many of their unjust actions ? Many of these afterwards, either upon better judgment or (13) because they pleased not the Faction, (for it was a hard matter for such as were not of Pymms Cabal to please the Parliament,) or for some other private ends, deserted the Parliament, and did some of them more hurt to the King than if they had staid where they were ; (for they had been so affrighted by such as you, with a panick fear of Tyranny, that seeking to help Him by way of Composition and sharing, they abated the Just and necessary indignation of His Armies, by which only His Right was to be recovered.)

            That very entring into the Covenant with the Scottish Nation against the King, is by it self a very great Crime, and you guilty of it. And so was the imposing of the Engagement, and you guilty of that also, as being done by the (14) then Parliament, whose Democratical Principles you approv'd of.

            You were also assisting to the Resemblance [Molesworth : Assembly] of Divines that made the Directory, and which were afterwards put down by Oliver for counterfeiting themselves Ambassadors. And this was when the King was living, and in the head of an Army, which with your own endeavour might have protected you. What crime it is (the King being Head of the Church of England) to make Directories, to alter the Church-Government, and to set up new Forms of Gods Service, upon your own fancies, without the Kings Authority, the Lawyers could have told you ; and what punishment you were to expect from it, you might have seen in the Statute printed before the Book of Common Prayer?

            Further, he may say, and truly, That you were guilty of all the Treasons, Murders, and Spoil committed by Oliver, or by any upon Oliver's or the Parliament's Authority : For, during the late trouble, who made both Oliver and the People mad, but the Preachers of your Principles ? But besides the wickedness, see the folly of it. You thought to make them mad, but just to such a degree as would serve your own turn ; that is to say, mad, and yet just as wise as your selves. Were you not very imprudent to think to govern madness ? Paul they knew, but who were you ? Who were they that put the Army into Oliver's hands, (who before, as mad as he was, was too weak, and too obscure to do any great mischief) with which Army he executed upon such as you, both (16) here and in Scotland that which the Justice of God required.

            Therefore, of all the Crimes (the Great Crime not excepted ) done in that Rebellion, you were guilty ; You, I say, Dr. (how little force or wit soever you contributed), for your good will to their Cause. The King was hunted as a Partridge in the Mountains ; and though the Hounds have been hang'd, yet the Hunters were as guilty as they, and deserved no less punishment. And the Decypherers, and all that blew the horn, are to be reckoned amongst the Hunters. Perhaps you would not have had the prey killed, but rather have kept it tame. And yet who can tell ? I have read of few Kings deprived of their Power by their own Subjects, that have lived any long time after it, for reasons that (17) every every man is able to conjecture.

            All this is so manifest as it needs no witnesses. In the mean time Mr. Hobbes his behaviour was such, that of them who appeared in that Scene, he was the only man I know (except a few that had the same Principles with him ) that has not something more or less to blush for; as having either assisted that rebellious Parliament, without necessity, (when they might have had Protection from the King, if they had resorted to him for it in the field), by Covenanting, or by Action, or with Money, or Plate, or by Voting against His Majesties Interest, in Himself or His Friends ; though some of them have since by extraordinary Service deserved to be received into favour : But what's that to you ? You are none of them; and yet you dare to reproach the guiltless, as if after so ill fruits of your Sermons, it were not impudence enough to preach.

            I admire further, That having been forgiven these so transcendent Crimes (so great a debt to the Gallows) you take Mr. Hobbes by the throat for a word in his Leviathan, made a fault by malicious or over-hasty construction : For you have thereby, like the unmerciful debtor in the Gospel, ( in my opinion) forfeited your pardon, and so, without a new one, may be hanged yet.

            To that other Charge, That he write his Leviathan in defence of Oliver's Title, he will say, That you in your own conscience know it is false. What was Oliver when that Book came forth ? It was in 1650; and Mr. Hobbes returned before. Oliver was then but General (19) under your Masters of the Parliament, nor had yet cheated them of their usurped Power : For that was not done till two or three years after, in 1653. which neither he nor you could foresee : What Title then of Oliver 's could he pretend to justifie ? But you will say, He placed the Right of Government there wheresoever should be the strength ; and so by confequence he placed it in Oliver. Is that all ? Then primarily his Leviathan was intended for your Masters of the Parliament, because the strength was then in them : Why did they not thank him for it, both they and Oliver in their turns ? There ( Doctor ) you decypher'd ill : For it was written in the behalf of those many and faithful Servants and Subjects of His Majesty, that had taken His part in the War, otherwise done (20) their utmoft endeavour to defend His Majesties Right and Personne against the Rebels ; whereby, having no other means of Protection, nor (for the most part) of subsistence, were forced to compound with your Masters, and to promise Obedience for the saving of their Lives and Fortunes, which in his Book he hath affirmed they might lawfully do, and consequently not lawfully bear Arms against the Vigors. They that had done their utmost endeavour to perform their obligation to the King, had done all that they could be obliged unto; and were consequently at liberty to seek the safety of their Lives and Livelihood wheresoever, and without Treachery. But there is nothing in that Book to justifie the submission of you, (or such as you) to the Parliament, after the (21) King's being driven from them, or to Oliver ; for you were the King's Enemies, and cannot pretend want of that Protection which you your selves refused, denied, sought against, and destroyed. If a man owe you money, and you by robbing him or other injury, disable him to pay you, the fault's your own ; not needs this exception, Unless the Creditor rob him, be put into the Condition of the Bond. Protection and Obedience are Relative. He that says a man may submit to an enemy for want of Protection, can never be construed, but that he meant it of the Obedient. But let us consider his words. They are pag. 390. Where he puts for a Law of Nature, That every man is bound at much as in him lieth to protect in War the Authority by which he is himself protected (22) in time of Peace ; which I think is no ungodly nor unreasonable Principle. For confirmation of it, he defines in what point of time it is, that a Subject becomes obliged to obey an unjust Conquerour ; And defines it thus ; it is that point wherein having liberty to submit to the Conqueror, be consenteth either by express words, or by other sufficient signs, to be his Subject.

            I cannot see, Doctor, how a man can be at liberty to submit to his new, that has not first done all he could for his old Master : Nor if he have done all he could, why that liberty should be refused him. If a man be taken by the Turk, and brought by terrour to fight against his former Master, I see how he may be kill’d for it as an Enemy, but not as a Criminal : Nor can I see how he that hath liberty to submit, can (23) at the same time be bound not to submit.

         But you will say, perhaps, That he defines the time of that liberty to the advantage of Oliver, in that he says, that for an ordinary Subject, it is then, when the means of his Life are within the Guards and Garrisons of the Enemy ; for it then, that he hath no protection but from the Enemy, for his Contribution. It was not neceffary for him to explain it to men of so great Understanding, that you and other his Enemies pretend to be, by putting in the Exception, Unless they came into those Guards and Garrisons by their own Treason. Do you think that Oliver's Party, for their submission to Olivier,could pretend the want of that Protection ?

            The words therefore by themselves, without that exception, do (24) signifie no more than this, That whosoever had done at much as in him did lye to protect the King in War, had liberty afterwards to provide themselves of such Protection as they could get ; which, to those whose means of life were within the Guards and Garrisons of Oliver, was Oliver's Protection.

            Do you think when a Battel is loft, and you at the mercy of the Enemy, is it unlawful to receive Quarter with condition of Obedience ? Or if you receive it on that condition, do you think it honesty to break promise and treacherously murder him that gave you your life? If that were good Doctrine, he were a foolish Enemy that would give Quarter to any man.

            You see then, that this submission to Oliver, or to your then Masters, is allowed by Mr. Hobbes his (25) Doctrine only to the King's faithful Party, and not to any that sought against him, howsoever they coloured it, by saying, they sought for the King and Parliament ; nor to any that writ or preached against His Caufe, or encouraged His Adversaries ; nor to any that betrayed His Counsels, or that intercepted or decypaered any Letters of His, or of His Officers, or of any of His Party ; nor to any that by any way had contributed to the diminution of His Majesties Power, Ecclesiastical or Civil ; nor does it absolve any of them from their Allegeance. You that make it so heinous a crime for a man to save himself from violent death, by a forc'd submission to an usurper, would have considered what crime it was to submit voluntarily to the Usurping Parliament.

            (26) I can tell you besides, why those words were put into his last Chapter, which he calls the Review. It happened at that time that there were many Honourable Persons, that having been faithful and imblemished Servants of the King, and Souldiers in His Army, had their Estates then Sequestred ; of whom some were fled, but the Fortunes of them all were at the mercy ( not ot Olivier, but ) of the Parliament. Some of them were admitted to Composition, some not. They that Compounded, though they help'd the Parliament less by their Composition, than they should have done ( if they had stood out) by their Confiscation, yet they were ill spoken of, especially by those that had no Estates to lose, nor hope to Compound. And it was for this that he added (27) to what he had written before, this caution, That if they would compound, they were to do it bona fide, without intention of Treachery. Wherein he justified their Submission by their former Obedience, and present Necessity ; but condemned Treachery. Whereas you that pretend to abhor Atheism,condemn that which was done upon necessity, an justifie the Treachery : And you had reason for it, that cannot otherwise justifie your selves. Those struglings which happened afterwards, lost His Majesty many a good and able Subject, and strengthened Olivier with the Confifcation of their Estates, which if they had attended the Discord of their Enemies, might have been saved.

            Perhaps you will take for a sign of Mr. Hobbes his ill meaning, that (28) His Majesty was displeased with him. And truly I believe He was displeased for a while, but not very long. They that complained of and miconstrued his writings, were His Majesties good Subjects, and reputed Wise and Learned men, and thereby obtained to have their mis-construction believed for some little time : But the very next Summer after his coming away, two Honourable Perfons of the Court that came over into England, allured him, that His Majesty had a good opinion of him ; and others since have told me, that His Majesty said openly, That He thought Mr. Hobbes never meant him hurt. Besides, His Majesty hath used him more graciously than is ordinary so humble a perfon as he is, and so great a Delinquent as you would make him, and testified His esteem (29) of him in His bounty. What Argument now can you draw from hence more than this, That His Majesty understood his writings better than his Accufers did.

            I admire in the next place, upon what ground you accuse him ( and with him all those that have approved his Leviathan) with Atheism. I thought once, that that slander had had some (though not firm) ground in that you call his new Divinity : But for that point he will allege these words of his Leviathan, pag. 238. By which it seemeth to me (with submission nevertheless both in this and all other Questions, whereof the determination dependeth on the Scriptures, to the Interpretation of the Bible authorized by the Commonwealth, whose Subject I am, That, &c. What is there in these words but Modesty and Obedience ? But you (3O) you were at this time in actual Rebellion. Mr. Hobbes, that holds Religion to be a Law, did in order thereto condemn the maintenance of any of his Opinions against the Law ; and you that reproach him for them upon your own account, should also have shewn by your own Learning, wherein the Scripture, which was his sole proof, was mis-cited, or mis-construed by him; (for he submitted to the Laws, that is to say, to the King's Doctrine, not to yours ) and not have insulted for the Victory won by the power of the Law, to which you were then an enemy.

            Another Argument of Atheism you take from his denying immaterial or incorporeal Substances. Let any man impartially now compare his Religion with yours, by this very measure, and judge which of (31) of the two favours most of Atheifm.

            It is by all Christians confess'd, that God is incomprehensible ; that is to say, that there is nothing can arise in our Fancy from the naming of him, to resemble him either in shape, colour, feature, or nature; there is no Idea of him ; he is like nothing that we can think on : What then ought we to say of him? What Attributes are to be given him, not speaking otherwife than we think, nor otherwise than is fit, by those who mean to honour him ? None but such as Mr.Hobbes hath set down, namely, Expressions of Reverence, such as are in use amongst men for signs of Honour, and consequently signifie Goodness, Greatness, and Happiness ; and either, absolutely put, as Good, Holy, Mighty, blessed, Just, Wise, Merciful, (32) &c. or Superlative, as most Good, most Great, most Mighty, Almighty, most Holy, &c. or Negative, of whatsoever is not perfeft, as Infinite, Eternal, and the like : And not such as neither Reason nor Scripture hath approved for honourable. This is the Doctrine that Mr. Hobbes hath written, both in his Leviathan, and in his Book De Cive, and when occasion serves, maintains; What kind of Attribute I pray you is immaterial, or incorporeal substance ? Where do you find it in the Scripture ? Whence came it hither, but from Plato and Aristotle, Heathens, who mistook those thin Inhabitants of the Brain they see in sleep, for so many incorporeal men ; and yet allow them motion, which is proper only to things corporeal ? Do you think it an honour to God to be one of these ? (33) And would you learn Christianity from Plato and Aristotle ? But seeing there is no such word in the Scripture, how will you warrant it from natural reason ? Neither Plato nor Aristotle did ever write cf, or mention an incorporeal Spirit ; for they could not conceive how a Spirit, which in their Language was pneuma (in ours a Wind) could be incorporeal. Do you understand the connexion of subtance and incorporeal? If you do, explain it in English ; for the words are Latine. It is something, you'l lay, that being without Body, stands under…. Stands under what? Will you say, under Accidents ? Almost all the Fathers of the Church will be against you ; and then you are an Atheist. Is not Mr. Hobbes his way of Attributing to God, that only which the Scriptures Attribute (34) to him, or what is never any where taken but for honour, much better than this bold Undertaking of yours, to consider ans decypher Gods nature to us ?

         For a third Argument of Atheism, you put, That he says, Besides the Creation of the World, there it no Argument to prove a Deity ; and, That it cannot be evinced by any Argument that the World had a Beginning, and, That whether it had or no, is to be decided not by Argument, but by the Magistrates Authority. That it may be decided by the Scriptures, he never denied : Therefore in that also you slander him. And as for Arguments from natural Reason, neither you, nor any other have hitherto brought any (except the Creation) that has not made it more doubtful to many men than it was before. That (35) which he hath written concerning such Arguments, is in his Book De Corpore. Opinions (saith he) concerning the nature of Infinite and Eternal, as the chiefest of the fruits of Wisdom, God hath reserved to himself, and made Judges of them, those men whose Ministery be meant to use in the ordering of Religion ; and therefore I cannot praise those men that brag of Demonstration of the Beginning of the World from natural Reason. And again, pag. 238. Wherefore I pass by those Questions of Infinite and Eternal, contenting my self with such Doctrine concerning the Beginning and Magnitude of the World, as I have learn’d from the Scripture, confirmed by Miracles, and from the Use of my Countrey, and from the Reverence I owe to the Law. This, Doctor, is not ill said, and yet 'tis all you ground your slander on, (36), which you make to sneak vilely under a crooked Paraphrase.

            These Opinions, I said, were to be judged by those to whom God has committed the ordering of Religion ; that is, to the Supreme Governours ot the Church, that is, in England, to the King : By His Authority, I say, it ought to be decided, (not what men shall think, but)  what they shall say in those Questions. And me thinks you should not dare to deny it ; for it is a manifest relapse into your former Crimes.

            But why do you stile the King by the name of Magistrate? Do you find Magistrate to signifie any where the Person that hath the Sovereign Power, or not every where the Sovereign's Officers. And I think you knew that ; but you and your fellows (your fellows I call all those that (37) are fo besmeared all over with the silth of the same Crime, as not to be distinguished,) meant to make your Assembly the Sovereign, and the King your Magistrate. I pray God you do not mean so still, if opportunity be presented.

            There has hitherto appeared in Mr. Hobbes his Doctrine no sign of Atheism ; and whatsoever can be inferr’d from the denying of Incorporeal Substances, makes Tertullian, one of the ancientest of the Fathers, and most of the Doctors of the Greek Church, as much Atheists as he: For Tertullian in his Treatise De Carne Christi, says plainly, Omne quod est, corpus est sui generis. Nihil est incorporale, nisi quod non est. That is to say, Whatsoever is any thing, is a body of its kind. Nothing is Incorporeal, but that which has no Being. There are many other (38) places in him to the same purpose : For that Doctrine served his turn to confute the Heresie of them that held that Christ had no Body, but was a Ghost : Also of the Soul he speaks, as of an invisible Body. And there is an Epitome of the Doctrine of the Eastern Church, therein is this, That they thought Angels and Souls were Corporeal, and only called Incorporeal, because their Bodies were not like ours. And I have heard that a Patriarch of Constantinople, in a Council held there, did argue for the lawfulness of painting Angels, from this, that they were Corporeal. You see what Fellows in Atheism you joyn with Mr.Hobbes.

         How unfeigned your own Religion is, may be argued strongly, demonstratively, from your behaviour that I have already recited. (39) Do you think, you that have committed so abominable sins, no through infirmity, or sudden transport of Passion, but premeditately, wilfully, for twenty years together, that any rational man can think you believe your selves, when you preach of Heaven and Hell, or that you do not believe one another to be Cheaters and Impostors, and to laugh at silly People in your sleeves for believing you ; or that you applaud not your own wit for it ; though for my part I could never conceive that very much wit was requisite for the making of a knave. And in the Pulpit most of you have been a scandal to Christianity, by preaching up Sedition, and crying down Moral Virtue. You should have preach'd against unjust Ambition, Covetousness, Gluttony, Malice, Disobedience to Government, (40) Fraud, and Hypocrisie : But for the most part you preach'd your own Controversies, about who should be uppermost, or other fruitless and unedifying Doctrines. When did any of you preach against Hypocrisie ? You dare not in the Pulpit (I think) so much as name it, lest you set the Church a laughing : And you in particular, when you said in a Sermon, That Sophos was not in Homer ; what edification could the People have from that, though it had been true, as ‘tis false ? ( For it is in his Iliade, lib. 15. v.363. ) Another I heard make half his Sermon of this Doctrine, That God never sent a great Deliverance, but in a great Danger : Which is indeed true, because the greatness of the Danger makes the greatness of the Deliverance, but for the same cause ridiculous ; and the (40) the other half he took to construe the Greek of his Text: And yet such Sermons are much applauded. But why ? First, because they make not the People ashamed of any Vice. Secondly, Because they like the Preacher, for using to find fault with the Government or Governors. Thirdly, For their vehemence, which they mistake for Zeal. Fourthly, For their zeal to their own ends, which they mistake for zeal to Gods Worship. I have heard besides divers Sermons made by Phanatiques, young men, and whom by that, and their habit, I imagined to be Apprentices ; and found little difference between their Sermons, and the Sermons of such as you, either in respect of Wisdom, or Eloquence, or Vehemence, or Applause of Common People. 

            (42) Therefore I wonder how you can pretend (as you do in your Petition, for a Dispensation from the Ceremonies of the Church) to be either better Preachers than those that Conform, or to have tenderer Consciences than other men. You that have covered such black Designs with the Sacred words of Scripture, why can you not as well find in your hearts to cover a black Gown with a white Surplice ? Or what Idolatry do you find in making the Sign of the Cross, when the Law commands it? Though I think you may conform without sin, yet I think you might have been also dispensed with without sin, if you had dispensed in like manner with other Ministers that subscribed to the Articles of the Church. And if tenderness of Conscicnce be a good Plea, you must (43) give Mr. Hobbes also leave to plead tenderness of Conscience to his new Divinity, as well as you. I Should wonder also how any of you should dare to speak to a multitude met together, without being limited by His Majesty what they shall say, especially now that we have felt the smart of it, but that it is a Relique of the Ecclesiastical Policy of the Popes, that found it necessary for the disjoyning of the People from their too close adherence to their Kings, or other Civil Governours.

            But it may be you will say, That the rest of the Clergy, Bishops, and Episcopable men, no Friends of yours, and against whose Office Mr. Hobbes never writ any thing, speak no better of his Religion than you do.

            Tis true, he never wrote against (44) Episcopacy ; and it is his private opinion, That such an Episcopacy as is now in England, is the most commodious that a Christian King can use for the governing of Christs Flock, the misgoverning whereof the King is to answer for to Christ, as the Bishops are to answer for their misgovernment to the King, and to God also. Nor ever spake he ill of any of them, as to their Persons : Therefore I should wonder the more at the uncharitable censure of some of them, but that I see a Relique still remaining of the venom of Popish Ambition, lurking in that seditious distinction and division between the Power Spiritual and Civil, which they that are in love with a Power to hurt all those that stand in competition with them for Learning (as the Roman Clergy had to hurt Galileo) (45) do not willingly forsake. All Bishops are not in every point like one another. Some it may be are content to hold their Authority from the King's Letters Patents; and these have no cause to be angry with Mr. Hobbes. Others will needs have somewhat more, they know not what, of Divine Right, to Govern by vertue of Imposition of Hands, and Consecration, not acknowledging their Power from the King, but immediately from Christ. And these perhaps are they that are displeased with him, which he cannot help, nor has deserved ; but will for all that believe the King only, and without sharers, to be the Head of all the Churches with in His own Dominions ; and that he may dispence with Ceremonies, or with any thing else that is not against the Scriptures, nor against (46) natural Equity ; and that the consent of the Lords and Commons cannot now give Him that Power, but declare for the People their advice and content to it. Nor can he be made believe that the safety of a State depends upon the safety of the Church, I mean, of the Clergy : For neither is a Clergy essential to a Commonwealth ; and those Ministers that preached Sedition pretend to be of the Clergy, as well as the best. He believes rather that the Safety of the Church depends on the Safety of the King, and the entireness of the Sovereign Power; and that the King is no part of the Flock of any Minister or Bishop, no more than the Shepherd is of his Sheep, but of Christ only ; and all the Clergy, as well as the People, the King's Flock. Nor can that clamour of (47) his adverfaries make Mr Hobbes think himself a worse Christian than the best of them. And how will you disprove it, either by his disobedience to the Laws Civil or Ecclesiastical, or by any ugly action? Or how will you prove that the obedience which springs from scorn of Injustice, is less acceptable to God, than that which proceeds from fear of punishment, or hope of benefit. Gravity and heaviness of Countenance are not so good marks of assurance of Gods favour, as cheerful, charitable, and upright behaviour towards men, which are better signs of Religion than the zealous maintaining of controverted Doctrines. And therefore I am verily perswaded, it was not his Divinity that displeased you or them, but somewhat else, which you are not willing (48) to pretend. As for your Party, that which angred you, I believe, was this passage ot his Leviathan, pag. 89. Whereas some men have pretended for their Disobedience to their Sovereign, a new Covenant made, not with men, but with God; this also is unjust : For there is no Covenant with God, but by mediation of some body that representeth Gods Person ; which none doth but Gods Lieutenant, who hath the Sovereignty under God : But this pretence of Covenant with God, is so evident a lye (this is it that angred you) even in the pretenders own Consciences, that it is not only an act of an unjust, but also of a vile and unmanly disposition.

         Besides his making the King Judge of Doctrines to be preach'd or published, hath offended you both ; so has also his Attributing (49) to the Civil Sovereign all Power Sacerdotal. But this perhaps may seem hard, when the Sovereignty is in a Queen : But it is because you are not subtle enough to perceive, that though Man be male and female, Authority is not. To please neither Party is easie ; but to please both, unless you could better agree amongst your selves than you do, is impossible. Your differences have troubled the Kingdom as if you were the Houses revived of York and Lancaster. A man would wonder how a little Latin and Greek should work so mightily, when the Scriptures are in English, as that the King and Parliament can hardly keep you quiet, especially in time of danger from abroad. If you will needs quarrel, decide it amongst your selves, and draw not the People into your Parties.

         (50) You were angry also for his blaming the Scholastical Philosophers, and denying such fine things as these; That the Species or Apparences of Bodies come from the thing we look on, into the Eye, and so make us see ; and into the Undestanding to make us understand; and into the Memory to make us remember. That a Body may be just the same it was, and yet bigger or lesser. That Eternity is a permanent Now ; and the like. And for detecting, further than you thought fit, the fraud of the Roman Clergy. Your dislike of his Divinity was the least cause of your calling him Atheist. But no more of this now.

            The next Head of your Contumelies is to make him contemptible, and to move Mr. Boyle to pity him. This is a way of railing too much beaten to be thought Witty. (51) As for the thing it self, I doubt your Intelligence is not good, and that you Algebricians, and Non-Conformists, do but fain it, to comfort one another. For your own part, you contemn him not, or else you did very foolishly to entitle the beginning of your Book, Mr Hobbes considered ; which argues he is considerable enough to you. Besides, 'tis no Argument of Contempt, to spend upon him so many angry lines as would have furnisht you with a dozen of Sermons : If you had in good earnest despised him, you would have let him alone, as he does Dr. Ward, Mr. Baxter, Pike, and others, that have reviled him as you do. As for his Reputation beyond the Seas, it fades not yet : And because perhaps you have no means to know it, I will cite you a passage of an Epistle, written by a (52) learned French-man to an eminent Person in France, a passage not impertinent to the point now in question. It is in a Volume of Epistles, the fourth in order, and the words, page 167. concerning Chymists, are these : Truly, Sir, as much as I admire them, when I see them lute an Alembic handsomely, philter a Liquor, build an Athanor, so much I mislike them when I hear them discourse upon the Subject of their Operations; and yet they think all they do, is nothing in respect of what they say : I wish they would take less pains, and be at less charges ; and whilst they wash their hands after their work, they would leave to those that attend to the policing of their discourse, I mean the Galileo's, the Descarteses, the Hobbeses, the Bacons, and the Gassendi's, to reason upon their work, and themselves to (53) hear what the Learned and Judicious shall tell them, such as are used to discern the differences of things. Quam scit uterque libens censebo exerceat artem. And more to the same purpofe.

            What is here said of Chymists, is applicable to all other Mechaniques.

            Every man that hath spare money, can get Furnaces, and buy Coals. Every man that hath spare money, can be at the charge of making great Moulds, and hiring Workmen to grind their Glasses ; and so may have the best and greatest Telescopes : They can get Engines made, and apply them to the Stars ; Recipients made, and try Conclusions ; but they are never the more Philosophers for all this. 'Tis laudable, I confess, to bestow money upon curious or useful (54) delights but that is none of the praises of a Philosopher. And yet, because the multitude cannot judge, they will pass with the unskilful, for skilful in all parts of natural Philosophy. And I hear now that Hugenius and Eustachio Divini are to be tried by their Glasses, who is the more skilful in Optiques of the two ; but for my part, before Mr. Hobbes his Book De Homine came forth, I never saw any thing written of that subject intelligibly. Do not you tell me now, according to your wonted ingenuity, that I never saw Euclid's, Vitellio’s, and many other mens Optiques ; as if I could not distinguish between Geometry and Optiques.

            So also of all other Arts ; not every one that brings from beyond Seas a new Gin, or other janty device, is therefore a Philosopher : (55) For if you reckon that way, not only Apothecaries and Gardeners, but many other sorts of Workmen, will put in for, and get the Prize. Then, when I see the Gentlemen of Gresham-Colledge apply themselves to the Doctrine of Motion, ( as Mr. Hobbes has done, and will be ready to help them in it, if they please, and so long as they use him civilly,) I will look to know some Caufes of natural Events from them, and their Register, and not before : For Nature does nothing but by Motion.

            I hear that the reafon given by Mr. Hobbes, why the drop of Glass, so much wondred at, shivers into so many pieces, by breaking onely one small part of it, is approved for probable, and registred in their Colledge : But he has no reason to take it for a favour, because (56) hereafter the Invention may be taken by that means not for his, but theirs.

            To the rest of your Calumnies the Answers will be short, and such as you might easily have foreseen. And first, for his boasting of his Learning, it is well summ'd up by you in these words : "Twas a motion made by one (whom I will not name) that some idle person should read over all his Books and collecting together his arrogant and supercilius Speeches, applauding himself and despising all other men, fet them forth in one Synopsis with this Title, Hobbius de se. What a pretty piece of Pageantry this would make, I shall leave to your own thoughts.

            Thus say you : Now says Mr. Hobbes, or I for him, Let your idle Person do it, and set down no more than he has written, (as high praises (57) as they be) I’ll promise you he shall acknowledge them under his hand, and be commended for it, and you sorned. A certain Roman Senator, having propounded something in the Assembly of the People, which they misliking made a noise at, boldly bad them hold their peace, and told them he knew better what was good for the Commonwealth than all they : And his words are transmitted to us as an Argument of his Virtue ; so much do Truth and Vanity alter the completion of self-praise. Besides, you can have very little skill in Morality, that cannot see the Justice of commending a mans self, as well as of any thing else, in his own defence : And it was want of prudence in you, to constrain him to a thing that would so much displease you. That part of his self-praise (58) which most offends you, is in the end of his Leviathan, in these words : Therefore I think it may be profitably printed, and more profitably taught in the Universities, in case they also think so, to whom the judgment of the same belongeth. Let any man consider the truth of it. Where did those Ministers learn their seditious Doctrine, and to preach it, but there ? Where therefore should Preachers learn to teach Loyalty, but there ? And if your Principles produced Civil War, must not the contrary Principles, which are his, produce Peace ? And consequently his Book, as far as it handles Civil Doctrine, deserves to be taught there : But when can this be done ? When you shall have no longer an Army ready to maintain the evil Doctrine wherewith you have infected the people. [59]. By a ready Army I mean Arms, and Money, and men enough, though not yet in pay, and put under Officers, yet gathered together in one place or City, to be put under Officers, armed, and payed on any sudden occasion ; such as are the people of a great and populous Town. Every great City is as a standing Army, which if it be not under the Soveraigns command, the people are miserable; if they be, they may be taught their duties in the Universities safely and easily, and be happy. I never read of any Christian King that was a Tyrant, though the best of Kings have been call'd so.

            Then for the Morosity and Peevishness you charge him with, all that know him familiarly, know 'tis a false accusation. But you mean, it may be, onely towards those that argue against his Opinion : But (60) neither is that true. When vain and ignorant young Scholars, unknown to him before, come to him on purpose to argue with him, and to extort applause for their foolish Opinions, and missing of their end, fall into undiscreet and uncivil expressions, and he then appear not very well contented, ‘tis not his Morosity, but their Vanity that should be blamed. But what humor (if not Morosity and Peevishness) was that of yours, whom he never had injured, or seen, or heard of, to ufe toward him such insolent, injurious, and clownish words, as you did in your absurd Elenchus ?

            Was it not impatience of seeing any dissent from you in opinion ? Mr. Hobbes has been always far from provoking any man, though when he is provok'd, you finde his Pen as sharp as yours.

            (61) Again, when you make his Age a reproach to him, and shew no cause that might impair the faculties of his minde but onely Age, I admire how you saw not that you reproached all old men in the world as much as him, and warranted all young men, at a certain time, which they themselves shall define, to call you fool. Your dislike of old age, you have also otherwise sufficiently signified, in venturing so fairly as you have done to escape it. But that is no great matter to one that hath so many marks upon him of much greater reproaches. By Mr Hobbes his Calculation, that derives Prudence from Experience, and Experience from Age, you are a very young man; but by your own reckoning, you are older already than Methuselah.

            Lastly, Who told you that he (62) writ against Mr. Boyle, whom in his writing he never mentioned ? And that it was because Mr. Boyle was acquainted with you ? I know the contrary. I have heard him wish it had been some person of lower condition that had been the Author of the Doctrine which he opposed, and therefore opposed because it was false, and because his own could not otherwise be defended. But thus much I think is true, that he thought never the better of his Judgment, for mistaking you for Learned. This is all I thought fit to answer for him and his manners. The rest is of his Geometry and Philosophy, concerning which, I say only this, That there is too much in your Book to be confuted : Almost every line may be disproved, or ought to be reprehended. In sum, it is all Errour and Railing, that is, (63) stinking wind, such as a Jade lets flie when he is too hard girt upon a full belly. I have done. I have considered you now, but will not again, whatsoever preferment any of your friends shall procure you.

 

FINIS.

 



[1]                  Il s’agit de John Wallis (ce que précise l’édition Molesworth dans le titre), grand mathématicien anglais, historien des mathématiques, spécialiste en cryptographie (ce que lui reproche Hobbes en tant que ce talent a été utilisé contre le roi) et en phonétique. Il fut l’un des fondateurs de la Royal Society. Wallis, mathématicien largement supérieur à Hobbes, avait réduit à néant certaines prétentions mathématiques de notre auteur. La querelle dura une vingtaine d’années (NdT)

[2]                  Le titre complet était : Hobbius Heauton-timorumenos; or, A consideration of Mr. Hobbes his Dialogues, in an epistolary discourse, addressed to the Honourable Robert Boyle, Esq. By John Wallis. D.D. Professor of Geometry in Oxford. Oxford, printed by A. & L. Lichfield, for Samuel Thomson, at the Bishops Head in Pauls Church-Yard, London, 1662.(160 pages) Rappelons que Heauton Timorumenos (Le bourreau de soi-même) est une pièce de Térence. (NdT)

[3]                  Sur les différents sens du mot « tutor », voir plus loin. « Pendant le séjour qu'il fit à Paris, il s'appliqua à l'étude de la physique, et surtout à examiner les causes des opérations sensitives des animaux. Il s'entretenait sur cela avec le Père Mersenne de jour en jour. Il fut rappelé en Angleterre l'an 1637: mais ayant prévu la guerre civile, dès qu'il eut fait réflexion aux choses qui se passèrent dans les premières séances du Parlement de l'an 1640, il alla chercher à Paris une retraite agréable, pour philosopher tranquillement avec le Père Mersenne, avec Gassendi, et avec quelques autres grands hommes. Il y composa le traité De Cive, dont il ne publia que peu d'exemplaires l'an 1642. Il enseigna les mathématiques au Prince de Galles, qui avait été contraint de se retirer en France; et il donna tout le temps qu'il avait de reste à composer son Léviathan. » (Pierre Bayle : Dictionnaire historique et critique, article Hobbes) Il serait maladroit ici de traduire par « précepteur » car le propos de Wallis repose justement sur l’ambiguïté du mot. Sur cette question, voir plus loin. (NdT)

[4]                  Cromwell. (NdT)

[5]                  La citation faite par Hobbes est entièrement fidèle au texte de Wallis et il s’agit bien de la page 5 de l’édition de 1662. (NdT)

[6]                  C’est le court parlement (qui ne dura que d’avril à mai 1640) que Charles Ier avait convoqué pour financer la guerre contre les Ecossais. Le Parlement en profita pour exposer ses griefs au roi et faire valoir ses privilèges. Il fut rapidement dissous. Le parlement qui suivit fut le long parlement qui siégea pendant une vingtaine d’années. (NdT)

[7]                  En 1650 sont éditées séparément les deux parties des Elements of law natural and politic : Human nature or the fundamental elements of policy et le De corpore. (NdT)

[8]                  C’est ce parlement qui vota la Grande Remontrance contre le roi, bill qui lui donna un pouvoir indépendant du roi et un contrôle de l’exécutif. (NdT)

[9]                  1640. Il y resta onze ans. (NdT)

[10]                « Concovenanters ». Charles Ier avait rapproché le culte anglican du catholicisme et voulait imposer cette liturgie (voir le fameux Book of common prayer) aux deux royaumes d’Angleterre et d’Ecosse. Les Presbytériens écossais, calvinistes, signèrent un acte d’union nationale sous le nom de « convenant ». On prit les armes et on se battit. Mais il y eut ensuite un autre « convenant » entre le Parlement anglais (opposé à l’absolutisme royal) et les Ecossais (Solem League and Covenant). L’armée royale fut finalement battue. Tout cela aboutit à l’abolition de la monarchie et à la mort de Charles Ier. Le mot « convenanters » (en français, convenantaires) désigne donc les adversaires du roi. Mais Hobbes utilise ici un mot qui, à ma connaissance, n’existe et n’existait pas dans la langue anglaise, « concovenanters ». « Convenanters » signifie « alliés », ceux qui ont fait une alliance (convenant), un contrat, un pacte (ici contre Charles Ier). Mais comment expliquer le préfixe « con » ? Il existe une contraction anglaise de « contra », « con », l’opposé de « pro ». En ce sens, les concovenantaires seraient les alliés contre (le roi), les alliés d’opposition. Le mot « con » désigne aussi une appropriation frauduleuse d’argent et le verbe signifie duper, tromper, arnaquer. Dans ce dernier cas, il faudrait traduire par « arnaqueurs associés » ou quelque chose d’approchant (et en songeant à l’effet du défaut d’euphonie de « conco »).  J’avoue avoir été très tenté par cette dernière traduction mais, comme Hobbes vient, juste avant, de parler des adversaires des intérêts du roi, j’ai cru plus sage dans un premier temps de choisir la première traduction. Néanmoins, nous perdons l’effet que veut produire Hobbes car « alliés d’opposition » donne une impression de légalité. Il faux donc un terme qui désigne clairement le fait que ces alliés le soient illégitiment, ce que veut signifier ici Hobbes (que cette idée soit ou ne soit pas compatible avec sa doctrine). (NdT)

[11]                Voir Robertson : Hobbes, pp.62.63 ; (NdT)

[12]                Le sens universitaire du mot « tutor » est précepteur, professeur, mentor, mais il existe un autre sens : celui qui exerce une tutelle (ou une curatelle) pendant la minorité d’une personne (déjà prévue par le droit civil romain). En dehors de l’enseignement des mathématiques en France, Hobbes n’a été ni précepteur en titre du roi, ni, bien évidemment, son tuteur. (NdT)

[13]                Par la déclaration de Breda du 14 avril 1660 qui devint l’Acte de pardon et d’oubli. Voici un extrait de cette déclaration : « Nous ne désirons rien tant qu’une exacte observation de la justice, et Nous sommes prêts d’y ajouter tout (22) ce que raisonnablement on peut espérer de notre indulgence ; or, afin que la crainte du châtiment n’engage pas ceux qui se sentent coupables à persévérer dans le crime et à empêcher qu’on ne rende la tranquillité à l’état, en s’opposant au rétablissement du Roi, des Pairs, de la monarchie et des peuples qui la composent, chacun dans ses droits légitimes, anciens et fondamentaux, Nous déclarons, par ces présentes, que nous accordons un libre et général pardon, lequel nous serons prêts, quand nous en serons requis, de sceller du grand sceau d’Angleterre, à tous nos sujets, de quelque qualité qu’ils soient, qui, dans quarante jours après la publication de cette déclaration, s’en tiendront à notre présente grâce, et en feront leur soumission par un acte public, promettant d’être à l’avenir de bons et fidèles sujets ; de laquelle grâce Nous n’exceptons personne que ceux que notre Parlement jugera à propos d’en excepter ; hors ceux-là, tous les autres, quelque coupables qu’ils soient, doivent se reposer sur notre parole, comme sur la parole d’un Roi, que Nous donnons solennellement par la présente déclaration ; entendant qu’aucun crime de ceux qu’ils auront commis contre Nous, ou contre le feu Roi notre père, avant cette même déclaration, ne s’élève en jugement contre eux, et ne soit mis en question à leur préjudice, à l’égard de leurs vies, biens, liberté, non pas (23) même autant qu’il est en Nous, à l’égard de leur réputation, par aucun reproche, ni terme, qui les distingue de nos autres sujets ; car notre vouloir et plaisir royal est que dorénavant, parmi nos sujets, soient mises en oubli toutes marques de discorde, de séparation, de différents partis : désirant avec passion qu’ils lient ensemble une amitié et une correspondance parfaite pour l’établissement de nos droits et des leurs, dans un libre Parlement, les conseils duquel Nous prétendons suivre, sur notre parole royale. Et parce que les passions des hommes et l’iniquité des temps ont produit dans les esprits diverses opinions touchant la Religion ; et que de là sont nés des partis et des animosités mutuelles ; pour contribuer à les adoucir par le commerce et la facilité de converser les uns avec les autres, Nous donnons la liberté aux consciences, et déclarons que dorénavant personne ne sera inquiété sur les opinions différentes en matière de religion, pourvu que l’on n’abuse point de cette indulgence pour troubler l’Etat. » (F.A.J. Mazure : Histoire de la révolution de 1688 en Angleterre, tome I, Gosselin, 1825) (NdT)

[14]                Au sens de « avoir de l’esprit (wit) ». (NdT)

[15]                Mon édition donne « hearded » alors que Molesworth donne « herded ». A ma connaissance, « to heard » n’est pas une forme archaïque de « to herd ». Il s’agit probablement d’une coquille et je suis donc ici l’édition Molesworth. Hobbes n’utilise pas ici innocemment le verbe « to herd ». Ce verbe ne signifie pas simplement, comme ont pu le penser certains traducteurs, s’assembler ou se réunir. Le verbe s’applique au bétail (the herd : le troupeau) et par extension péjorativement au peuple. L’insulte de Hobbes est ici manifeste. (NdT)

[16]                Notre édition donne « amounts to more than a desertion », Molesworth donne « amounts to no more than a desertion” (“n’est rien de plus qu’une désertion”). Il s’agit, doit-on penser, d’une erreur d’édition. ( NdT)

[17]                « the faction », sans adjectif qualificatif. (NdT)

[18]                Parlementaire, l’un des principaux opposants à Charles Ier. C’est lui qui fit voter la fameuse « grande remontrance ». Il fut condamné pour haute trahison. (NdT)

[19]                Voir notre note ci-dessus sur « concovenanters ». (NdT)

[20]                Il s’agit de l’Engagement entre le roi les Ecossais (décembre 1647). C’est une promesse d’instituer pour trois ans le presbytérianisme, de reconnaître les privilèges du Parlement et de rédiger un catéchisme de tendance calviniste. Voici le premier paragraphe de ce texte : « Sa majesté, accordant sa confiance aux déclarations de ceux qui sont entrés dans la Ligne et dans l’Alliance (Convenant), reconnaissant que leurs intentions de préserver la personne et l’autorité de sa majesté conformément à leur allégeance sont bien réelles et que leur intention n’est nullement de diminuer le juste pouvoir et la grandeur de sa majesté, dès qu’elle pourra être présente en un libre parlement, en toute liberté, honneur et sécurité, aura le plaisir de confirmer ladite Ligue et ladite Alliance, pourvu que personne ne soit contraint d’y entrer sans le vouloir. Sa majesté confirmera également, par un acte du parlement en Angleterre, le gouvernement presbytérien, le répertoire du culte et l’assemblée des pasteurs à Westminster pour trois ans. » (reproduit in Stephen C. Manganiello, The concise encyclopedia of the revolutions and wars of England, 2004, traduction de P. Folliot) (NdT)

[21]                Notre édition donne bizarrement « resemblance », ce qui est évidemment une erreur. Je suis Molesworth, qui donne « assembly ». (NdT)

[22]                C’est le « directory for the publick worship of God » qui devait préciser la liturgie de l’Eglise anglaise. (NdT)

[23]                L’episcopat détroné par une organisation presbytérienne. (NdT)

[24]                Il s’agit de l’Acte d’uniformité de 1559 qui rétablit l’Eglise anglicane et qui retient comme liturgie celle du « book of common prayer ». Les « recusants », ceux qui refuseraient de se plier à cette liturgie, sont passibles de diverses peines pouvant aller jusqu’à la mort en cas de récidive. (NdT)

[25]                Livre qui précise la liturgie de l’Eglise anglicane. Dans son Récit historique sur l’hérésie, Hobbes en cite une partie (voir ma traduction, Les Classiques des Sciences Sociales, 2009). (NdT)

[26]                Peut-être une allusion aux versets 1 et 2 du chapitre 13 de l’Epître aux Romains de Paul : « Que toute âme se soumette aux autorités qui sont au-dessus d’elle ; car il n’existe pas d’autorité, si ce n’est de par Dieu ; et celles qui existent sont ordonnées de Dieu ; de sorte que celui qui résiste à l’autorité résiste à l’ordonnance de Dieu ; et ceux qui résistent feront venir un jugement sur eux-mêmes. » (Darby) (NdT)

[27]                Le propos peut étonner mais il ne s’agit pas ici de construire un système mais d’attaquer pour se défendre. (NdT)

[28]                C’est-à-dire l’exécution du roi. (NdT)

[29]                Allusion directe à la compétence de Wallis. (NdT)

[30]                C’est-à-dire que le roi accepte un pouvoir du parlement indépendant de son propre pouvoir. (NdT)

[31]                Nouvelle allusion à la déclaration de Breda du 14 avril 1660 qui devint l’Acte de pardon et d’oubli. Voir note à ce sujet, plus haut. (NdT)

[32]                Allusion au verset 28 du chap. XVIII de L’Evangile de Mathieu dont il va être question plus bas. (NdT)

[33]                Evangile selon Mathieu, XVIII, 23-35 : « Et quand il eut commencé à compter, on lui en amena un qui lui devait dix mille talents. Et comme il n’avait pas de quoi payer, son seigneur ordonna qu’il fût vendu, [lui], et sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avait ; et que le payement fût fait. L’esclave donc, se jetant à ses pieds, lui rendit hommage, disant : Seigneur, use de patience envers moi, et je te payerai tout. Et le seigneur de cet esclave-là, touché de compassion, le relâcha et lui remit la dette. Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers; et l’ayant saisi, il l’étranglait, disant : Paye, si tu dois quelque chose. Celui donc qui était esclave avec lui, se jetant à ses pieds, le supplia, disant : Use de patience envers moi, et je te payerai. Et il ne voulut pas ; mais il s’en alla et le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette. Or ceux qui étaient esclaves avec lui, voyant ce qui était arrivé, furent extrêmement affligés, et s’en vinrent et déclarèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé. Alors son seigneur, l’ayant appelé auprès de lui, lui dit : Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié ; n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, comme moi aussi j’ai eu pitié de toi ? Et son seigneur, étant en colère, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qui lui était dû. Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère. » (Darby) (NdT)

[34]                Etrange ! Le Léviathan parut en 1651. Confondrait-il avec Elements of law natural and politic? On peut en douter. Il faudrait donc ne pas traduire « came forth » par « fut publié ». (NdT)

[35]                Hobbes revint en 1651. (NdT)

[36]                « Docteur » est entre parenthèses. (NdT)

[37]                « L'obligation des sujets envers le souverain est censée durer aussi longtemps, mais pas plus, que le pouvoir qui est capable de les protéger, car le droit que les hommes ont par nature de se protéger quand personne d'autre ne peut le faire, n'est pas un droit dont on peut se dessaisir par convention. La souveraineté est l'âme de la Républi­que, et quand elle est séparée du corps, les membres ne reçoivent plus d'elle leur mouvement. La fin de l'obéissance est la protection, et quel que soit l'endroit où un homme voit cette protection, que ce soit dans sa propre épée ou dans celle d'un autre, la nature le porte à obéir à cette épée et à s'efforcer de la soutenir. (…) Si un sujet est fait prisonnier à la guerre, ou que ses moyens d'existence soient aux mains de l'ennemi, et qu'on lui accorde la vie et la liberté corporelle à condition d'être assujetti au vainqueur, il a la liberté d'accepter la condition, et, l'ayant acceptée, il est le sujet de celui qui l'a capturé, puisqu'il n'avait aucune autre façon de se conser­ver [en vie]. » (Léviathan, Chapitre 21, Traduction de Philippe Folliot, Les Classiques des sciences sociales, 2002) (NdT)

[38]                « or such as you » est entre parenthèses. (NdT)

[39]                Hobbes néglige « par nature ». (NdT)

[40]                Le paragraphe complet est : « Aux lois de nature données au chapitre XV, je voudrais ajouter celle-ci : chaque homme est tenu par nature, autant qu’il est en son pouvoir, de protéger en temps de guerre l’autorité par laquelle il est lui-même protégé en temps de paix, car celui qui prétend posséder un droit de nature de conserver son propre corps, ne peut pas prétendre posséder le droit de nature de détruire celui par la force duquel il est conservé. Il serait manifestement en contradiction avec lui-même. Et bien que cette loi puisse être déduite de certaines des lois naturelles qui ont déjà été mentionnées, cependant, les temps exigent qu’elle soit inculquée et mémorisée. » (Léviathan, Révision et conclusion, Traduction de Philippe Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002) (NdT)

[41]                Léviathan, Révision et conclusion. Le passage est : « Et parce que je trouve dans différents livres anglais publiés récemment que les guerres civiles n'ont pas encore assez appris aux hommes à quel instant un sujet devient obligé envers le conquérant, ni ce qu'est la conquête, ni comme il se fait que cette conquête oblige les hommes à obéir à ses lois, je dis, pour la satisfaction de ceux qui voudraient aller plus loin sur ce sujet, que l'instant où un homme devient sujet d'un conquérant est celui où, ayant la liberté de se soumettre à lui; il consent, soit par des paroles expresses, soit par un autre signe suffisant, à être son sujet. » (Traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002) (NdT)

[42]                Comme le précise Hobbes, c’est celui qui n’a pas d’autre obligation que celle d’un sujet ordinaire. Le soldat n’est pas dans cette situation si son souverain peut lui donner encore des moyens de subsistance (Voir Révision et conclusion du Léviathan. (NdT)

[43]                Léviathan, Révision et conclusion. Le passage est : « Quand un homme a-t-il la liberté de se soumettre, je l'ai précédemment montré à la fin du chapitre XXI, à savoir que pour celui qui n'a aucune obligation envers son précédent souverain, sinon celle d'un sujet ordinaire, c'est quand ses moyens de vivre sont sous la garde de l'ennemi, dans sa garnison. Car c'est alors qu'il n'a plus la protection de son précédent souverain, mais est protégé par le parti adverse en échange de sa contribution. » (Traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2008) (NdT)

[44]                Malgré les italiques, il ne s’agit pas d’une citation du Léviathan. (NdT)

[45]                Littéralement : « celui qui vous a donné votre vie » (thim that gave you your life) (NdT)

[46]                Nouvelle allusion à la compétence de Wallis, mise au service des ennemis du roi. (NdT)

[47]                L’expression « bona fide » ( de bonne foi) n’est pas dans le Léviathan mais l’idée y est évidemment présente. (NdT)

[48]                Il faut entendre son départ de France. (NdT)

[49]                Léviathan, XXXVIII, traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002. (NdT)

[50]                Hobbius Heauton-timorumenos, p.11. (NdT)

[51]                « Fancy » : fantaisie, imagination. (NdT)

[52]                En caractères grecs dans le texte. (NdT)

[53]                Ironie de Hobbes qui fait allusion à la fonction de Wallis pendant la guerre civile. (NdT)

[54]                Voir le chapitre XXVI du De Corpore. (NdT)

[55]                J. Davis : Hobbius Heauton-timorumenos; or, A consideration of Mr. Hobbes his Dialogues, in an epistolary discourse, addressed to the Honourable Robert Boyle, Esq. By John Wallis. D.D. Professor of Geometry in Oxford. Oxford, printed by A. & L. Lichfield, for Samuel Thomson, at the Bishops Head in Pauls Church-Yard, London, 1662, p.6. Davis ajoute, p.11 : « Il n’y a plus d’autre règle du juste ou de l’honnête que le commandement du magistrat et, de plus, celui qui n’a plus la force de contraindre n’est plus un magistrat, n’a plus le droit de commander. Par conséquent, il est légitime de se rébeller ou de désobéir à chaque fois que nous en sommes capables. » (NdT)

[56]                « par des raisons tirées des choses naturelles » (De Corpore, XXVI) (NdT)

[57]                Citation approximative d’un passage du De Corpore (chapitre XXVI). Le De Corpore donne exactement : « It was his pleasure that all opinions concerning the nature of infinite and eternal, known only by himself, should, as the first fruits of wisdom, be judged by those whose ministry he meant to use in the ordering of religion. I cannot therefore commend those that boast they have demonstrated, by reasons drawn from natural things, that the world had a beginning(NdT)

[58]                Citation approximative du De Corpore (Chapitre XXVI). Le De Corpore donne exactement : « contenting myself with that doctrine concerning the beginning and magnitude of the world, which I have been persuaded to by the holy Scriptures and fame of the miracles which confirme them; and by the custom of my country, and reverence due to the laws.” (NdT)

[59]                Hobbius Heauton-timorumenos, pp. 6 et 11. (NdT)

[60]                « ceux à qui le souverain confie une fonction » traduit « officers ». (NdT)

[61]                « Il y avait dans l’Eglise primitive une sorte d’hérétiques qui soutenaient que Jésus Christ n’avait pas un véritable corps réel mais n’était qu’un phantasme, un esprit, ce que les Latins appellent spectra. Contre le chef de cette secte, dont le nom est – je crois – Apelles, Tertullien écrivit un livre qui existe encore parmi ses œuvres et qui est intitulé : De Carne Christi, où, après avoir parlé de la nature des phantasmes et montré qu’il n’y avait rien de réel en eux, il conclut par ces mots : « tout ce qui n’est pas corps n’est rien  » ». Hobbes : Réponse à la capture du Léviathan, Traduction de Philippe Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2009. (NdT)

[62]                Hobbes donne juste après la traduction. (NdT)

[63]                Ici, pas « spirit » mais « ghost » : esprit ou spectre ou fantôme. (NdT)

[64]                « painting ». (NdT)

[65]                Il s’agit très certainement de Germain de Constantinople qui, dans la crise iconoclaste, s’opposa à Léon III. Ses mérites furent reconnus par les Pères lors du deuxième concile de Nicée (787). La crise iconoclaste a surtout tourné autour de la question de la représentation du Christ qui mettait en jeu celle de sa nature (avec les risques d’hérésies que l’on connaît). Le troisième scrupule des sixièmes objections aux Méditations Métaphysiques de Descartes rappelle que plusieurs pères de l’Eglise crurent que les anges étaient corporels. (NdT)

[66]                « Infirmity » : faiblesse, infirmité. (NdT)

[67]                « in your sleeves » : dans vos manches. (NdT)

[68]                « Church », ici au sens d’assemblée des fidèles. (NdT)

[69]                Molesworth donne « sophies ». Homère utilise le terme ionien « sophiè » (sophia), au sens d’habileté technique, d’art : « Mais, de même qu'un cordeau, entre les mains d'un adroit charpentier qui connaît bien tout son art, grâce aux leçons d'Athéna, met à la ligne la poutre destinée à construire un navire ; pour eux, de même, le combat et la guerre étaient tendus sur une ligne égale, et chacun combattait autour de chaque nef. » (traduction Meunier) (le mot « art » est souligné par nous.) (NdT)

[70]                Molesworth donne une autre référence, la bonne : XV, 412. (NdT)

[71]                Notons la différence entre « to dispense somebody from something » (dispenser quelqu’un de quelque chose) et « to dispense with somebody » (se dispenser de quelqu’un). Hobbes joue évidemment avec ces deux expressions pour indiquer qu’il eût été préférable de se débarrasser de tels individus. La traduction française ne peut parvenir à la finesse du texte anglais. (NdT)

[72]                « Episcopable ». L’édition Molesworth donne « Episcopal » (NdT).

[73]                Ce que signifie ici aussi Hobbes, c’est qu’il n’a jamais, comme certains, pris une position presbytérianiste. (NdT)

[74]                Il faut entendre ici que le Parlement n’est, en quelque sorte, qu’un organe consultatif qui ne saurait en aucun cas se substituer à la souveraineté ou en être le fondement. (NdT)

[75]                Ministres de Dieu. (NdT)

[76]                L’unité, l’indivisibilité. (NdT)

[77]                Léviathan, Chapitre XVIII, traduction de Philippe Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002. (NdT)

[78]                Voir la guerre des deux roses. (NdT)

[79]                Les parenthèses ont été ajoutées par le traducteur. (NdT)

[80]                Voir Léviathan, II (traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002). (NdT)

[81]                Voir Hobbes : Traité sur la liberté et la nécessité, XXIV (traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2009). Voir aussi Hobbes : Réponse à la capture du Léviathan (traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2009) Voir aussi  Léviathan, XLVI  (traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002). (NdT)

[82]                Hobbius Heauton-timorumenos, pp.2, 3, 6, 12, 13. Wallis prend soin de préciser trois fois que Hobbes ne mérite pas cette pitié (pages 2, 12 et 159) (NdT)

[83]            Seth Ward (1617-1689), évêque anglais, professeur et membre de la Société Royale, auteur de plusieurs ouvrages d’astronomie et de mathématiques. Son ralliement à la république ne l’empêcha pas de connaître des promotions ecclésiastiques lors de la restauration. Il défendit l’université contre les attaques de Hobbes et participa, avec Wallis, à la critique du De Corpore. Richard Baxter (1615-1691), pasteur et théologien anglais. Franck Lessay nous rappelle (De la liberté et de la nécessité, Vrin,1993, p.125) qu’il « avait prié le parlement de condamner au bûcher les écrits diffamatoires à l’égard des fondements de la religion chrétienne, et tout particulièrement le Léviathan .» Pike, de son vrai nom William Lucy (1594-1677), évêque de St David, écrivit contre Hobbes : Examinations, Censures and Confutations of Divers Errors in the first two Chapters of Mr Hobbes his Léviathan, Londres, 1656. (NdT)

[84]                Je n’ai pas retrouvé l’auteur du propos qui suit. (NdT)

[85]                « Luter » ou parfois « lutter ». « Lutter un alambic, c’est fermer par quelque composition les jointures par lesquelles les esprits pourraient transpirer. Le lut est une composition de cendres communes bien criblées & détrempées avec de l’eau. On se sert encore à cet effet de la terre glaise, ou de colle faite avec de la farine ou de l’empois. Son usage, comme nous avons dit, est de fermer tout passage à la transpiration. » Déjean : Traité raisonné de la distillation, 4ème édition, Paris, 1753, pp.20,21. (NdT)

[86]                Four en forme de tour. (NdT)

[87]                Horace, Epîtres, I, XIV, dernier vers. « Chacun doit s'en tenir au métier qu'il sait faire ; c'est là, ce sera toujours mon avis. » (Traduction Henri Patin, Paris, 1860)

[88]                Hobbes dit « mecaniques ». Il semble ici difficile, pour éclairer le lecteur, d’utiliser le mot « mécanique ». (NdT)

[89]                Sir Thomas Gresham (1519-1579), marchand et financier, avait décidé par son testament que serait créé un Collège où diverses disciplines seraient enseignées gratuitement. Ce collège fut ensuite intégré à la Société royale. Ce collège existe toujours (aujourd’hui à Barnard's Inn Hall). (NdT)

[90]                Hobbe cite ici un extrait de la page 3 de Hobbius Heauton-timorumenos. (NdT)

[91]                Révision et conclusion (traduction de P. Folliot, Les Classiques des Sciences Sociales, 2002).

[92]                Allusion évidente à Charles Ier. (NdT)

[93]                « a person somewhat morose ». Hobbius Heauton-timorumenos, p.8. (NdT)

[94]                « a person extreamly passionate and peevish ». Hobbius Heauton-timorumenos, p.3. (NdT)

[95]                « ridicules et grossières » traduit « clownish » que je n’ai pas osé traduire par « clownesques ». (NdT)

[96]            Wallis : Elenchus geometriae Hobbianae, publié en 1655. « Le Docteur Wallis, professeur en mathématique à Oxford, ayant publié son Elenchus Geome­triae Hobbianae l'an 1655, fit naître une guerre qui a duré jusqu'à la mort de Hobbes, et où il y a eu bien des injures répandues. » (Pierre Bayle : Dictionnaire historique et critique, article Hobbes).

[97]                Wallis prend soin de dire qu’il respecte le grand âge et ne fait que constater l’effet de l’âge sur un homme déjà morose et irritable (Hobbius Heauton-timorumenos, p.8) (NdT)

[98]                Peut-être une allusion à la page 8 de Hobbius Heauton-timorumenos : « If we will compute… ». (NdT)

[99]                Hobbius Heauton-timorumenos, p.1. (NdT)