PHILOTRADavid Hume

 

Idée d’une république parfaite

Traduit par Philippe Folliot (juillet 2008)
Professeur de Philosophie au lycée Jehan Ango de Dieppe

 

 De

 

IDEA OF A PERFECT COMMONWEALTH

in

Political discourses

Edinburgh, A. Kincaid et A. Donaldson

1752

 

 

La traduction

Le texte anglais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Idée d’une république parfaite

Traduction de Philippe Folliot

 

 

 

            Il n’en est pas des formes de gouvernement comme des autres inventions artificielles, où une vieille machine peut être mise au rebut si l’on en découvre une autre mieux faite et plus précise et où des essais peuvent être pratiqués sans danger, même quand le succès est douteux. [1] Un gouvernement établi a un avantage infini du fait même qu’il est établi, le gros de l’humanité étant gouverné par l’autorité, non par la raison, et n’attribuant de l’autorité qu’à ce qui se recommande par son ancienneté. Le rôle d’un sage magistrat, qui respecte ce qui porte le poids de l’âge, n’est donc pas de se prêter à d’obscurs bricolages ou de tenter des expérimentations sur la seule foi de prétendus arguments et de la philosophie, et, s’il essaie de faire certaines améliorations pour le bien public, encore doit-il ajuster ses innovations, autant que possible, à l’ancienne structure et conserver les principaux piliers et supports de la constitution.

 

            Les mathématiciens d’Europe ont été très divisés sur cette question : quelle forme un navire doit-il avoir pour être le mieux adapté à la navigation ? C’est à juste titre que l’on pense que Huygens, qui trancha la controverse, obligea le monde savant et le monde commercial bien que Colomb ait navigué jusqu’en Amérique et que Sir Francis Drake ait fait le tour du monde sans cette découverte. Comme nous devons reconnaître qu’une forme de gouvernement peut être plus parfaite qu’une autre indépendamment des mœurs et des humeurs des hommes particuliers, pourquoi ne pourrions-nous pas rechercher quelle est la plus parfaite de toutes, même si les gouvernements courants, mal faits et imprécis, semblent servir les desseins de la société et même s’il n’est pas aussi facile d’établir un nouveau système de gouvernement que de construire un navire d’un nouveau modèle ? De tous les sujets qu’un esprit humain peut concevoir, c’est certainement le plus digne de curiosité. Qui sait – dans le cas où la controverse serait tranchée par le consentement universel des sages et des savants – si, dans le futur, l’occasion ne pourrait pas s’offrir de mettre la théorie en pratique soit par la dissolution de quelque vieux gouvernement, soit par l’association d’hommes voulant en former un nouveau dans quelque partie lointaine du monde ? Dans tous les cas, il serait avantageux de savoir quel est le type de gouvernement le plus parfait pour que nous soyons capables d’en rapprocher autant que possible une constitution réelle ou une forme de gouvernement par de légers changements et innovations qui ne troubleraient pas trop la société.

 

            Tout ce que je prétends faire dans le présent essai, c’est de ranimer ce sujet de spéculation ; et je livrerai donc mon sentiment en aussi peu de mots que possible. Une longue dissertation sur cette question, je le crains, ne conviendrait pas du tout au public, enclin à considérer ces recherches comme inutiles et chimériques.

 

            Tous les projets de gouvernement qui supposent une grande réforme des mœurs des hommes sont manifestement imaginaires. De cette nature sont la République de Platon, l’Utopia de Sir Thomas More. L’Océana est le seul modèle de république [2] de quelque valeur qui ait été jusqu’à présent offert au public.

 

            Les principaux défauts de l’Océana semblent être les suivants. Premièrement, son roulement est peu pratique car il exclut par intervalles des hommes des emplois publics, quelles que soient leurs capacités. Deuxièmement, sa loi agraire est impraticable. Les hommes auront tôt fait d’apprendre l’art – que l’on pratiquait dans la Rome antique – de dissimuler leurs biens en utilisant des hommes de paille jusqu’à ce qu’enfin l’abus devienne si courant que même l’apparence de retenue disparaîtra. Troisièmement, l’Océana ne fournit pas de garanties suffisantes pour la liberté et le redressement des torts. Le sénat doit proposer et le peuple consentir et, de cette façon, le sénat non seulement dispose d’un veto sur le peuple mais, ce qui est plus grave, l’exerce avant le vote du peuple. Si le veto du roi était de même nature dans la constitution anglaise et pouvait empêcher un projet de loi de venir devant le parlement, le roi serait un monarque absolu. Comme son veto suit le vote des chambres, il n’a pas de grandes conséquences. Telle est la différence dans la manière d’organiser les choses. Quand un projet de loi populaire a été débattu au parlement, qu’il est venu à maturité, que tous ses avantages et inconvénients ont été mis dans la balance et pesés et qu’il est ensuite présenté à l’assentiment du roi, peu de princes oseraient prendre le risque de rejeter le désir unanime du peuple. Mais, si le roi étouffait dans l’œuf un projet de loi qui ne lui agrée pas (comme ce fut le cas pendant quelques temps dans le parlement écossais avec les lords des articles), le gouvernement britannique n’aurait pas de balance et les torts ne seraient jamais redressés. Et il est certain que les excès de pouvoir, dans un gouvernement ne viennent pas tant des nouvelles lois que du fait de négliger de remédier aux abus qui viennent fréquemment des anciennes lois. Un gouvernement, dit Machiavel, doit souvent être ramené à ses principes originels. On peut donc dire que, dans l’Océana, tout le pouvoir législatif est entre les mains du sénat, et Harrington avouerait que c’est là une mauvaise forme de gouvernement, surtout après l’abolition de la loi agraire.

 

            Voici une forme de gouvernement contre laquelle je ne puis découvrir aucune objection importante.

 

            Que la Grande Bretagne et l’Irlande, ou un territoire d’une étendue égale, soient divisées en 100 comtés et chaque comté en 100 paroisses, ce qui fait en tout 10.000. Si le pays que nous nous proposons d’ériger en République [3] est plus petit, nous devons diminuer le nombre de comtés, mais que ce nombre ne soit pas inférieur à 30. Si le pays est plus grand, il serait meilleur d’agrandir les paroisses ou de mettre plus de paroisses dans un comté plutôt que d’augmenter le nombre de comtés.

 

Que tous les propriétaires fonciers d’une terre de 20 livres de rente par an des paroisses rurales et les propriétaires des paroisses urbaines d’un bien de 500 livres [4] se réunissent annuellement dans l’église paroissiale et qu’ils choisissent par élection un propriétaire du comté pour être leur député et nous appellerons ce dernier le représentant du comté. 

 

            Que les 100 représentants, deux jours après leur élection, se réunissent au chef-lieu de comté et choisissent par élection, dans leur propre corps, 10 magistrats de comté et un sénateur. Il y a donc dans toute la république [5] 100 sénateurs, 1100 magistrats de comté et 10.000 représentants de comté. Nous donnerons à tous les sénateurs l’autorité des magistrats de comté et à tous les magistrats de comté l’autorité des représentants de comté.

 

            Que les sénateurs se réunissent dans la capitale et qu’ils reçoivent tout le pouvoir législatif de la république, [6] le pouvoir de guerre et de paix, le pouvoir de donner des ordres aux généraux, aux amiraux et aux ambassadeurs et, en bref, toutes les prérogatives d’un roi britannique, à l’exception de son veto.

 

            Que les représentants du comté se réunissent dans leurs comtés respectifs et qu’ils aient tout le pouvoir législatif de la république, [7] les questions se décidant à la majorité des comtés. En cas d’égalité des suffrages, que le sénat ait la voix prépondérante.

 

            Toute nouvelle loi doit d’abord être débattue au sénat et, si elle est rejetée et que dix sénateurs insistent et protestent, elle doit être envoyée [8] aux comtés. Le sénat, s’il le veut, peut joindre à la copie de la loi les raisons de l’adopter ou de la rejeter.

 

            Comme il serait peu pratique de rassembler touts les représentants des comtés pour chaque loi insignifiante dont on a besoin, le sénat a le choix de transmettre [9] la loi soit aux magistrats du comté, soit aux représentants de comté.

 

            Les magistrats, quoique la loi leur soit soumise, peuvent, s’ils le veulent, convoquer les représentants et soumettre l’affaire à leur jugement.

 

            Que la loi soit soumise par le sénat aux magistrats de comté ou aux représentants, une copie de la loi doit être envoyée à chaque représentant huit jours avant l’assemblée afin qu’ils délibèrent, et même si la décision est transmise par le sénat aux magistrats, si cinq représentants de comté ordonnent aux magistrats d’assembler l’ensemble de la chambre des représentants et de soumettre l’affaire à leur jugement, les magistrats doivent obéir.

 

            Les magistrats du comté ou ses représentants peuvent donner au sénateur du comté la copie de la loi qui doit être proposée au sénat et, si cinq comtés s’accordent sur le même ordre, la loi, même refusée par le sénat, doit venir devant les magistrats ou les représentants du comté, telle qu’elle est contenue dans l’ordre des cinq comtés.

 

            Une vingtaine de comtés peut, par un vote de ses magistrats ou de ses représentants, exclure un homme de toute charge publique pour une année. S’ils sont trente, l’exclusion peut être de trois ans.

 

            Le sénat a le pouvoir d’exclure un ou plusieurs membres de son propre corps, sans qu’ils puissant être réélus dans la même année. Le sénat ne peut pas exclure deux fois dans la même année le sénateur du même comté.

 

            Le sénat sortant conserve son pouvoir pendant trois semaines après l’élection annuelle des représentants du comté. Alors tous les nouveaux sénateurs se réunissent à huis-clos en conclave comme les cardinaux et, par une élection complexe comme celle de Venise ou de Malte, ils choisissent les magistrats suivants : un protecteur qui représente la dignité de la république [10] et préside le sénat, deux secrétaires d’Etat et six conseils, un conseil d’Etat, un conseil de la religion et du savoir, un conseil du commerce, un conseil des lois, un conseil de guerre et un conseil de l’amirauté, chaque conseil étant formé de cinq personnes. Il faut aussi six commissaires au trésor et un commissaire principal. Tous doivent être sénateurs. Le sénat nomme aussi tous les ambassadeurs auprès des cours étrangères, qu’ils soient ou non sénateurs.

 

            Le sénat peut reconduire dans leur fonction un ou tous ces membres mais il doit les réélire chaque année.

 

            Le protecteur et les deux secrétaires siègent et votent au conseil d’Etat. La fonction de ce conseil est de s’occuper de toute la politique étrangère. Le conseil d’Etat siège et vote dans tous les autres conseils.

 

            Le conseil de la religion et du savoir inspecte les universités et le clergé. Le conseil du commerce inspecte tout ce qui peut affecter son domaine. Le conseil des lois surveille tous les abus que les magistrats inférieurs peuvent faire de la loi et il envisage les améliorations qui peuvent être apportées aux lois municipales. Le conseil de guerre inspecte la milice et sa discipline, les arsenaux et les entrepôts, etc. et, quand la république [11] est en guerre, il voit si les ordres des généraux sont appropriés. Le conseil de l’amirauté a le même pouvoir à l’égard de la flotte et de la nomination des capitaines de vaisseau et de tous les officiers subalternes.

           

            Aucun de ces conseils ne peut donner de lui-même des ordres, sauf s’il reçoit du sénat un tel pouvoir. Dans les autres cas, les conseils doivent tout communiquer au sénat.

 

            Quand le sénat n’est pas en session, aucun des conseils ne peut s’assembler avant la date fixée pour son assemblée.

 

            Outre ces conseils et ces cours, il existe une autre cour appelée cour des compétiteurs qui est ainsi constituée : si un candidat à la charge de sénateur reçoit plus d’un tiers des voix des représentants, le candidat qui vient juste après lui en nombre de voix est exclu de toutes les charges publiques pendant un an et il ne peut même pas être magistrat ou représentant. Il a son siège à cour des compétiteurs. C’est donc une cour qui peut parfois contenir une centaine de membres et parfois n’en avoir aucun et ainsi être abolie pour une année.

 

            La cour des compétiteurs n’a aucun pouvoir dans la république. Elle s’occupe seulement de l’inspection des comptes publics et peut accuser un homme devant le sénat. Si le sénat l’acquitte, la cour des compétiteurs peut, si elle le veut, faire appel devant le peuple, c’est-à-dire les magistrats ou les représentants. Pour cela, ces derniers s’assemblent au jour fixé par la cour des compétiteurs et choisissent dans chaque comté trois personnes, du nombre desquelles sont exclus les sénateurs. Ces personnes, au nombre de 300, s’assemblent dans la capitale et refont le procès de la personne accusée.

 

            La cour des compétiteurs peut proposer une loi au sénat et, au cas où elle serait refusée, peut en appeler au peuple, c’est-à-dire aux magistrats et aux représentants qui l’examinent dans leur comté. Tout sénateur exclu du sénat par un vote de la cour a son siège à la cour des compétiteurs.

 

            Le sénat possède toute l’autorité judiciaire de la chambre des Lords, c’est-à-dire qu’il s’occupe de tous les appels qui viennent des cours subalternes. Il désigne aussi le Lord Chancelier et tous les officiers de justice.

 

            En lui-même, chaque comté est une sorte de république [12] et les représentants peuvent prendre des arrêtés [13] qui ne prennent autorité que trois mois après le vote. Une copie du texte est envoyé au sénat et à tous les autres comtés. Le sénat ou un simple comté peut à tout moment annuler l’arrêté d’un autre comté.

 

            Les représentants ont tous l’autorité des juges de paix britanniques pour ce qui est des procès, des incarcérations, etc.

 

            Les magistrats nomment tous les agents du fisc [14] dans chaque comté. Toutes les affaires qui concernent le fisc sont, en dernière instance, portées en appel devant les magistrats. Ils contrôlent les comptes de tous les agents mais leurs propres comptes doivent aussi être examinés et contrôlés à la fin de chaque année par les représentants.

 

            Les magistrats nomment les recteurs et les pasteurs de toutes les paroisses.

 

            Un gouvernement presbytérien est établi et la plus haute cour ecclésiastique est une assemblée ou un synode de tous les presbytères. Les magistrats peuvent enlever une cause à cette cour et en décider par eux-mêmes.

 

            Les magistrats peuvent juger, déposer ou suspendre un presbytère.

 

            La milice est établie à l’imitation de la milice suisse qui est trop bien connue pour qu’il soit besoin d’insister. Il sera bon d’ajouter qu’une armée de 20.000 hommes doit être annuellement tirée au sort par roulement, payée et qu’elle vivra en campement pendant six semaines d’été, afin que les devoirs de ce type de vie militaire ne soient pas entièrement inconnus.

 

            Les magistrats nomment tous les colonels et leurs subordonnés et le sénat tous leurs supérieurs. Durant la guerre, le général nomme le colonel et ses subordonnés et sa commission est valable douze mois mais, après ce délai, elle doit être confirmée par les magistrats du comté où le régiment est en place. Les magistrats peuvent démettre tout officier du régiment du comté et le sénat peut faire la même chose avec tout officier de l’armée. Si les magistrats ne jugent pas bon de confirmer le choix du général, ils peuvent nommer un autre officier à la place de celui qui a été rejeté.

 

            Tous les crimes sont jugés dans le comté par les magistrats et un jury mais le sénat a le pouvoir d’interrompre un procès et de le faire porter devant lui.

 

            Tout comté peut poursuivre un homme devant le sénat pour un crime.

 

            Le protecteur, les deux secrétaires, le conseil d'Etat et cinq personnes ou plus désignées par le sénat possèdent, en cas d'urgence extraordinaire, un pouvoir dictatorial pour six mois.

 

         Le protecteur peut gracier toute personne condamnée par les cours inférieures.

 

         En temps de guerre, aucun officier militaire en campagne ne peut avoir une charge civile dans la république.

 

            On peut allouer quatre membres du sénat à la capitale que nous nommerons Londres. La capitale peut donc être divisée en quatre comtés. Les représentants de chacun de ces comtés choisissent un sénateur et dix magistrats. Il y a donc dans la cité quatre sénateurs, quarante-quatre magistrats et quatre cents représentants. Les magistrats ont la même autorité que dans les comtés. Les représentants ont aussi la même autorité mais ils ne se réunissent jamais en une assemblée unique. Ils votent dans leur propre comté ou par division de cent.

 

            Quand ils promulguent un arrêté, cela se fait à la majorité des comtés ou des divisions. Et quand il y a égalité, les magistrats ont la voix prépondérante.

 

            Les magistrats choisissent le maire, le shérif, le greffier et les autres officiers de la cité.

 

            Dans la république, aucun représentant, aucun magistrat, aucun sénateur n’a de salaire en tant que tel. Le protecteur, les secrétaires, les conseillers et les ambassadeurs touchent un salaire.

 

            La première année de chaque siècle est réservée à la correction de toutes les inégalités que le temps peut avoir produites dans la représentation. Cela doit être fait par le corps législatif.

 

            Les principes politiques suivants peuvent expliquer la raison de cette organisation.

 

            Les petites gens et les petits propriétaires sont assez bons juges de ceux qui leur sont proches par le rang ou l’habitation et, donc, dans leurs réunions paroissiales, ils choisiront probablement le meilleur ou presque le meilleur représentant. Mais ils n’ont pas la compétence requise par les assemblées de comté et pour l’élection aux plus hautes fonctions de la république. Leur ignorance donne aux grands l’occasion de les tromper.

 

            Dix mille élus, même si l’élection n’a pas lieu tous les ans, forment une base suffisamment large pour un gouvernement libre. Il est vrai que les nobles de Pologne sont plus de dix mille et qu’ils oppriment pourtant le peuple mais, comme le pouvoir reste entre les mains des mêmes personnes et des mêmes familles, cela fait, d’une certaine manière, une nation distincte du peuple. De plus, les nobles sont rassemblés sous une minorité de chefs de famille.

 

            Tous les gouvernements libres doivent avoir deux conseils, un petit conseil et un grand conseil ou, en d’autres termes, un conseil du sénat et un conseil du peuple. Comme le remarque Harrington, le peuple, sans le sénat, manquerait de sagesse et, sans le peuple, le sénat manquerait d’honnêteté.

 

            Une grande assemblée de 1000 représentants du peuple, par exemple, si elle avait le droit de débattre, tomberait dans le chaos mais, si elle n’avait pas ce droit, le sénat aurait un veto sur elle, et le veto de la pire sorte, celui qui se trouve avant la décision.

 

            Il y a donc ici un inconvénient auquel aucun gouvernement n’a encore pleinement remédié, ce qui est pourtant la chose au monde la plus facile à faire. Si le peuple débat, tout est confusion. S’il ne débat pas, il n’existe plus et le sénat tranche alors pour lui. Mais divisons le peuple en de nombreux corps distincts, ils pourront alors débattre en toute sécurité et tous les inconvénients, semble-t-il, seront évités.

 

            Le cardinal de Retz dit que toutes les assemblées nombreuses, quelle que soit leur composition, ne sont que cohue où les débats sont influencés par les motifs les plus insignifiants. C’est ce que l’expérience quotidienne confirme. Quand une absurdité frappe un membre, il la communique à son voisin qui en fait de même jusqu’à ce que l’ensemble soit infecté. Séparez ce grand corps et, même si chaque membre n’est que d’une intelligence médiocre, il est probable que la raison pourra prévaloir dans l’ensemble. L’influence et l’exemple étant supprimés, le bon sens l’emportera toujours sur le mauvais dans un groupe de taille réduite. [15]

 

            Il y a deux choses dont il faut se protéger dans le sénat, ses combinaisons et ses divisions. Ses combinaisons sont ce qu’il y a de plus dangereux et, contre cet inconvénient, nous avons prévu les remèdes suivants. 1. Il faut que les sénateurs soient très dépendants du peuple par des élections annuelles, et cela non avec une grossière populace, comme les électeurs anglais, mais avec des hommes de fortune et d’éducation. 2. Il faut leur accorder un pouvoir faible et qu’ils disposent de peu de fonctions, presque toutes données par les magistrats dans les comtés. 3. La cour des compétiteurs, composée d’hommes qui sont les rivaux des sénateurs, qui ont presque le même intérêt et qui n’apprécient pas leur situation présente, ne manquera de tirer tous les avantages qu’elle peut contre eux.

 

         Comment empêcher les divisions du sénat ? 1. En réduisant le nombre de ses membres. 2. Comme une faction suppose une combinaison pour un intérêt séparé, on l’empêche par la dépendance des sénateurs par rapport au peuple. 3. Les sénateurs ont le pouvoir d’exclure tout membre factieux. Il est vrai que, si un autre membre ayant le même état d’esprit vient d’un comté, ils n’ont pas le pouvoir de l’exclure. Mais il est souhaitable qu’ils ne l’aient pas car cela montre l’humeur présente dans le peuple et peut venir de quelque mauvaise conduite dans les affaires publiques. 4. On peut supposer que presque tout homme, dans un sénat choisi si régulièrement par le peuple, dispose des compétences pour occuper une fonction civile. Il serait donc bon pour le sénat de former certaines résolutions générales sur la répartition des fonctions entre les membres, lesquelles résolutions ne les limiteraient pas dans les périodes critiques, quand un talent extraordinaire ou une stupidité extraordinaire se révèle chez un sénateur, mais elles seraient suffisantes pour empêcher les intrigues [16] et les factions en faisant de la répartition des fonctions une chose évidente. Par exemple la résolution que personne ne puisse jouir d’une fonction s’il n’a pas siégé quatre ans au sénat ; que personne, sinon un ambassadeur, ne soit en fonction deux ans de suite ; que personne n’atteigne les plus hautes fonctions sans être passé par des fonctions inférieures ; que personne ne soit protecteur deux fois, etc. Le sénat de Venise se gouverne par de telles résolutions.

 

            Dans le domaine de la politique étrangère, l’intérêt du sénat ne peut guère être distinct de celui du peuple et il est donc bon de donner le pouvoir absolu au sénat. Autrement, il n’y aurait aucun secret, aucune politique subtile. En outre, on ne peut conclure d’alliance sans argent et le sénat est déjà suffisamment dépendant. Sans mentionner que le pouvoir législatif est toujours supérieur au pouvoir exécutif et que les magistrats ou les représentants peuvent s’interposer quand ils le jugent bon.

 

            Ce qui maintient fondamentalement le gouvernement britannique, c’est l’opposition des intérêts mais, quoique, dans l’ensemble, elle soit utile, elle engendre des factions sans fin. Dans ce projet de république, on recueille tous les avantages en évitant tous les inconvénients. Les compétiteurs n’ont pas le pouvoir de contrôler le sénat, ils ont seulement le pouvoir d’accuser et de faire appel au peuple.

 

            Il est aussi nécessaire d’empêcher aussi bien les combinaisons que les divisions des mille magistrats, ce qui est suffisamment réalisé par la séparation des lieux et des intérêts.

 

            Mais, de peur que cela ne soit pas suffisant, ces magistrats dépendent pour leur élection de 10.000 représentants, ce qui sert la même fin.

 

            Ce n’est pas tout. Les 10.000 représentants peuvent reprendre le pouvoir quand ils le veulent et non seulement quand ils le veulent tous mais même quand le veulent 5% d’entre eux, ce qui arrive au premier soupçon d’un intérêt séparé.

 

            Les 10.000 représentants forment un corps trop grand pour s’unir ou se diviser, sauf quand ils s’assemblent en un seul lieu et qu’ils tombent sous la coupe de chefs ambitieux. Sans mentionner leur élection annuelle par le corps entier du peuple [17], ce dont il faut tenir compte.

 

            Une petite république est, pour ce qui est de l’intérieur, le gouvernement le plus heureux du monde parce tout se trouve sous les yeux des gouvernants mais elle peut être subjuguée par une grande force extérieure. Ce projet semble avoir tous les avantages d’une petite et d’une grande république.

 

            Toute loi du comté qui révèle une opposition d’intérêts peut être annulée soit par le sénat, soit par un autre comté, auquel cas aucune partie n’est son propre juge. La question doit être référée à l’ensemble qui déterminera au mieux ce qui s’accorde avec l’intérêt général.

 

            On comprend aisément les raisons de l’organisation du clergé et de la milice. Sans un clergé dépendant des magistrats civils et sans une milice, il est vain de penser qu’un gouvernement libre puisse jamais connaître la sécurité ou la stabilité.

 

            Dans de nombreux gouvernements, les magistrats subalternes n’ont d’autre récompense que ce que leur donnent leur ambition, leur vanité ou leur esprit public. Les salaires des juges français ne s’élèvent pas jusqu’à l’intérêt des sommes qu’ils paient pour avoir leur charge. Les bourgmestres hollandais ont aussi peu de profits immédiats que les juges de paix anglais ou les membres de la Chambre des Communes d’autrefois. Mais, si l’on craint que cela ne produise de la négligence dans l’administration (ce qui n’est pas à redouter, vu l’ambition naturelle des hommes), donnons aux magistrats un salaire suffisant. Les sénateurs, eux, ont accès à tant de charges honorables et lucratives qu’il est inutile d’acheter leur assiduité. Quant aux représentants, on exige d’eux peu d’assiduité.

 

            Que le présent projet de gouvernement soit praticable, personne ne peut en douter en considérant la ressemblance qu’il a avec la république des Provinces-Unies, un gouvernement sage et réputé. [18] Les changements que le présent projet propose semblent tous apporter des améliorations. 1. La représentation est plus égale. 2. Le pouvoir illimité des bourgmestres dans les villes, qui forment une parfaite aristocratie dans la république hollandaise, est corrigé par une démocratie [19] bien tempérée qui donne au peuple le pouvoir d’élire chaque année les représentants des comtés. 3. Le veto que toutes les provinces et toutes les villes ont sur le corps entier de la république [20] hollandaise pour les alliances, la paix et la guerre, et l’imposition est ici supprimé. 4. Les comtés, dans ce projet, ne sont pas aussi indépendants les uns des autres et ne forment pas des corps aussi séparés que les sept provinces où la jalousie et l’envie des petites villes et des petites provinces à l’égard des grandes, particulièrement en Hollande et à Amsterdam, ont fréquemment troublé le gouvernement. 5. Le sénat a de plus larges pouvoirs – quoique très peu dangereux – que les Etats-Généraux, ce qui permet au premier d’être plus diligent et plus secret dans ses résolutions que ne peuvent l’être les seconds.

 

            Les principaux changements qui pourraient être apportés au gouvernement britannique pour qu’il se rapproche du plus parfait modèle de monarchie limitée semblent être les suivants. Premièrement, le plan du parlement [21] de Cromwell devrait être restauré en rendant la représentation égale et en ne donnant le droit de vote dans les élections des comtés qu’à ceux qui possèdent une propriété d’au moins 200 livres. [22] Deuxièmement, comme la Chambre des Communes serait trop lourde face à la fragile Chambre des Lords, comme à présent, il faudrait en ôter les évêques et les Pairs d’Ecosse. [23] Il faudrait élever le nombre des membres de la chambre haute à trois ou quatre cents. Leur siège ne serait pas héréditaire mais serait détenu à vie. Il faudrait qu’ils élisent leurs membres et aucun membre de la Chambre des Communes ne pourrait refuser un siège qui lui est offert. De cette façon, la Chambre des Lords serait entièrement composée d’hommes de grand mérite, ayant de grandes aptitudes et s’intéressant de près à la nation, et on se débarrasserait des meneurs turbulents de la Chambre des Communes en liant leur intérêt à la Chambre des Pairs. Une telle aristocratie serait un excellent rempart en faveur de la monarchie mais aussi contre elle. Actuellement, la balance de notre gouvernement dépend dans une certaine mesure des aptitudes et de la conduite du souverain qui sont des circonstances variables et incertaines.

 

            Ce projet de monarchie limitée, malgré les corrections, semble encore susceptible d’avoir trois grands inconvénients. Premièrement, quoiqu’il amoindrisse les partis de la cour et de la nation, il ne les supprime pas entièrement. Deuxièmement, le caractère de la personne du roi a encore nécessairement une grande influence sur le gouvernement. Troisièmement, l’épée est entre les mains d’une seule personne qui négligera toujours de maintenir la discipline de la milice afin d’avoir un prétexte pour conserver une armée permanente. [24]

 

            Nous conclurons ce sujet en remarquant la fausseté de l’opinion commune selon laquelle aucun grand Etat, comme la France ou la Grande Bretagne, ne pourra jamais se modeler sur une république [25] parce que cette forme de gouvernement ne peut exister que dans une cité ou un petit territoire. Le contraire semble probable. Bien qu’il soit plus difficile de former un gouvernement républicain [26] dans un pays étendu que dans une cité, il y a plus de facilité, une fois qu’il est formé, de maintenir sa stabilité et son uniformité sans tumulte ni factions. Il n’est pas facile à des parties distantes d’un grand Etat de s’unir en gouvernement libre, elles seront plus facilement d’accord pour estimer et révérer une seule personne qui, à la faveur de sa popularité, peut s’emparer du pouvoir et, forçant les plus obstinés à se soumettre, peut établir un gouvernement monarchique. D’un autre côté, une cité s’accorde aisément sur les mêmes idées au sujet du gouvernement, que l’égalité naturelle des propriétés favorise la liberté et que la proximité des habitations permet aux citoyens de s’aider les uns les autres. Même sous un prince absolu, le gouvernement subalterne des cités est communément républicain alors que celui des comtés et des provinces est monarchique. Mais ces mêmes circonstances qui facilitent l’érection de républiques [27] dans une cité rend leur constitution plus fragile et plus incertaine. Les démocraties [28] sont turbulentes. Même quand le peuple peut être séparé ou divisé en petites parties, pour les votes et les élections, la proximité des habitations dans une ville rendra toujours plus sensible la force des tendances et des courants populaires. Les aristocraties sont mieux adaptées à la paix et l’ordre et c’est pourquoi les auteurs anciens les admiraient en priorité. Mais elles étaient jalouses et oppressives. Dans un grand gouvernement, qui a été modelé par une habileté de maître, il y a assez de place et d’étendue pour raffiner la démocratie [29], depuis le bas peuple qui peut être admis dans les premières élections et la première formation de la république [30] jusqu’aux plus hauts magistrats qui dirigent tous les mouvements. En même temps, les parties sont si distantes et éloignées qu’il est très difficile, soit par l’intrigue, soit par les préjugés ou les passions, de les précipiter dans des mesures contre l’intérêt public.

 

         Il est superflu de se demander si un tel gouvernement est immortel. Je reconnais la justesse de l’exclamation du poète sur les projets sans fin de la race humaine : Homme, et pour toujours ! [31] Le monde lui-même n’est probablement pas immortel. Même un gouvernement parfait peut être miné par des fléaux qui en font la faible proie de ses voisins. Nous ne savons pas jusqu’où l’enthousiasme ou d’autres mouvements extraordinaires de l’esprit humain peuvent mener les hommes au détriment de tout ordre et de tout bien public. Quand la différence des intérêts est supprimée, des factions bizarres et inexplicables naissent souvent des faveurs ou des inimitiés personnelles. Sans doute la rouille peut-elle atteindre les ressorts de la machine politique la plus précise et dérégler ses mouvements. Enfin, les grandes conquêtes, quand elles se poursuivent, doivent être la ruine de tout gouvernement libre, plus rapidement encore pour un gouvernement parfait que pour un gouvernement imparfait à cause des avantages mêmes que le premier possède sur le second. Même si un tel Etat établissait une loi fondamentale contre les conquêtes, les républiques [32] ont autant d’ambition que les individus et l’intérêt présent leur fait oublier leur postérité. Qu’un tel gouvernement puisse fleurir pendant de nombreux siècles, voilà de quoi stimuler les efforts des hommes sans qu’ils aillent jusqu’à prétendre donner à leurs œuvres une immortalité que le Tout-Puissant semble avoir refusé aux siennes propres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IDEA OF A PERFECT COMMONWEALTH

 

 

It is not with forms of government, as with other artificial contrivances, where an old engine may be rejected, if we can discover another more accurate and commodious, or where trials may safely be made, even though the success be doubtful. An established government has an infinite advantage, by that very circumstance of its being established, the bulk of mankind being governed by authority, not reason, and never attributing authority to any thing that has not the recommendation of antiquity. To tamper, therefore, in this affair, or try experiments merely upon the credit of supposed argument and philosophy, can never be the part of a wise magistrate, who will bear a reverence to what carries the marks of age; and though he may attempt some improvements for the public good, yet will he adjust his innovations, as much as possible, to the ancient fabric, and preserve entire the chief pillars and supports of the constitution.

 

The mathematicians in Europe have been much divided concerning that figure of a ship, which is the most commodious for sailing; and Huygens, who at last determined the controversy, is justly thought to have obliged the learned, as well as commercial world, though Columbus had sailed to America, and Sir Francis Drake made the tour of the world, without any such discovery. As one form of government must be allowed more perfect than another, independent of the manners and humours of particular men, why may we not enquire what is the most perfect of all, though the common botched and inaccurate governments seem to serve the purposes of society, and though it be not so easy to establish a new system of government, as to build a vessel upon a new construction? The subject is surely the most worthy curiosity of any the wit of man can possibly devise. And who knows, if this controversy were fixed by the universal consent of the wise and learned, but, in some future age, an opportunity might be afforded of reducing the theory to practice, either by a dissolution of some old government, or by the combination of men to form a new one, in some distant part of the world? In all cases, it must be advantageous to know what is most perfect in the kind, that we may be able to bring any real constitution or form of government as near it as possible, by such gentle alterations and innovations as may not give too great disturbance to society.

 

All I pretend to in the present essay is to revive this subject of speculation; and therefore I shall deliver my sentiments in as few words as possible. A long dissertation on that head would not, I apprehend, be very acceptable to the public, who will be apt to regard such disquisitions both as useless and chimerical.

 

All plans of government, which suppose great reformation in the manners of mankind, are plainly imaginary. Of this nature, are the Republic of Plato, and the Utopia of Sir Thomas More. The Oceana is the only valuable model of a commonwealth, that has yet been offered to the public.

 

The chief defects of the Oceana seem to be these. First, Its rotation is inconvenient, by throwing men, of whatever abilities, by intervals, out of public employments. Secondly, Its Agrarian is impracticable. Men will soon learn the art, which was practised in ancient Rome, of concealing their possessions under other people's name; till at last, the abuse will become so common, that they will throw off even the appearance of restraint. Thirdly, The Oceana provides not a sufficient security for liberty, or the redress of grievances. The senate must propose, and the people consent; by which means, the senate have not only a negative upon the people, but, what is of much greater consequence, their negative goes before the votes of the people. Were the King's negative of the same nature in the English constitution, and could he prevent any bill from coming into parliament, he would be an absolute monarch. As his negative follows the votes of the houses, it is of little consequence: Such a difference is there in the manner of placing the same thing. When a popular bill has been debated in parliament, is brought to maturity, all its conveniencies and inconveniencies, weighed and balanced; if afterwards it be presented for the royal assent, few princes will venture to reject the unanimous desire of the people. But could the King crush a disagreeable bill in embryo (as was the case, for some time, in the Scottish parliament, by means of the lords of the articles), the British government would have no balance, nor would grievances ever be redressed: And it is certain, that exorbitant power proceeds not, in any government, from new laws, so much as from neglecting to remedy the abuses, which frequently rise from the old ones. A government, says Machiavel, must often be brought back to its original principles. It appears then, that, in the Oceana, the whole legislature may be said to rest in the senate; which Harrington would own to be an inconvenient form of government, especially after the Agrarian is abolished.

 

Here is a form of government, to which I cannot, in theory, discover any considerable objection.

 

Let Great Britain and Ireland, or any territory of equal extent, be divided into 100 counties, and each county into 100 parishes, making in all 10,000. If the country, proposed to be erected into a commonwealth be of more narrow extent, we may diminish the number of counties; but never bring them below thirty. If it be of greater extent, it were better to enlarge the parishes, or throw more parishes into a county, than encrease the number of counties.

 

Let all the freeholders of twenty pounds a-year in the county, and all the householders worth 500 pounds in the town parishes, meet annually in the parish church, and chuse, by ballot, some freeholder of the county for their member, whom we shall call the county representative.

 

Let the 100 county representatives, two days after their election, meet in the county town, and chuse by ballot, from their own body, ten county magistrates, and one senator. There are, therefore, in the whole commonwealth, 100 senators, 1100 county magistrates, and 10,000 county representatives. For we shall bestow on all senators the authority of county magistrates, and on all county magistrates the authority of county representatives.

 

Let the senators meet in the capital, and be endowed with the whole executive power of the commonwealth; the power of peace and war, of giving orders to generals, admirals, and ambassadors, and, in short, all the prerogatives of a British King, except his negative.

 

Let the county representatives meet in their particular counties, and possess the whole legislative power of the commonwealth; the greater number of counties deciding the question; and where these are equal, let the senate have the casting vote.

 

Every new law must first be debated in the senate; and though rejected by it, if ten senators insist and protest, it must be sent down to the counties. The senate, if they please, may join to the copy of the law their reasons for receiving or rejecting it.

 

Because it would be troublesome to assemble all the county representatives for every trivial law, that may be requisite, the senate have their choice of sending down the law either to the county magistrates or county representatives.

 

The magistrates, though the law be referred to them, may, if they please, call the representatives, and submit the affair to their determination.

 

Whether the law be referred by the senate to the county magistrates or representatives, a copy of it, and of the senate's reasons, must be sent to every representative eight days before the day appointed for the assembling, in order to deliberate concerning it. And though the determination be, by the senate, referred to the magistrates, if five representatives of the county order the magistrates to assemble the whole court of representatives, and submit the affair to their determination, they must obey.

 

Either the county magistrates or representatives may give, to the senator of the county, the copy of a law to be proposed to the senate; and if five counties concur in the same order, the law, though refused by the senate, must come either to the county magistrates or representatives, as is contained in the order of the five counties.

 

Any twenty counties, by a vote either of their magistrates or representatives, may throw any man out of all public offices for a year. Thirty counties for three years.

 

The senate has a power of throwing out any member or number of members of its own body, not to be re-elected for that year. The senate cannot throw out twice in a year the senator of the same county.

 

The power of the old senate continues for three weeks after the annual election of the county representatives. Then all the new senators are shut up in a conclave, like the cardinals; and by an intricate ballot, such as that of Venice or Malta, they chuse the following magistrates; a protector, who represents the dignity of the commonwealth, and presides in the senate; two secretaries of state; these six councils, a council of state, a council of religion and learning, a council of trade, a council of laws, a council of war, a council of the admiralty, each council consisting of five persons; together with six commissioners of the treasury and a first commissioner. All these must be senators. The senate also names all the ambassadors to foreign courts, who may either be senators or not.

 

The senate may continue any or all of these, but must re-elect them every year.

 

The protector and two secretaries have session and suffrage in the council of state. The business of that council is all foreign politics. The council of state has session and suffrage in all the other councils.

 

The council of religion and learning inspects the universities and clergy. That of trade inspects every thing that may affect commerce. That of laws inspects all the abuses of law by the inferior magistrates, and examines what improvements may be made of the municipal law. That of war inspects the militia and its discipline, magazines, stores, &c. and when the republic is in war, examines into the proper orders for generals. The council of admiralty has the same power with regard to the navy, together with the nomination of the captains and all inferior officers.

 

None of these councils can give orders themselves, except where they receive such powers from the senate. In other cases, they must communicate every thing to the senate.

 

When the senate is under adjournment, any of the councils may assemble it before the day appointed for its meeting.

 

Besides these councils or courts, there is another called the court of competitors; which is thus constituted. If any candidates for the office of senator have more votes than a third of the representatives, that candidate, who has most votes, next to the senator elected, becomes incapable for one year of all public offices, even of being a magistrate or representative: But he takes his seat in the court of competitors. Here then is a court which may sometimes consist of a hundred members, sometimes have no members at all; and by that means, be for a year abolished.

 

The court of competitors has no power in the commonwealth. It has only the inspection of public accounts, and the accusing of any man before the senate. If the senate acquit him, the court of competitors may, if they please, appeal to the people, either magistrates or representatives. Upon that appeal, the magistrates or representatives meet on the day appointed by the court of competitors, and chuse in each county three persons; from which number every senator is excluded. These, to the number of 300, meet in the capital, and bring the person accused to a new trial.

 

The court of competitors may propose any law to the senate; and if refused, may appeal to the people, that is, to the magistrates or representatives, who examine it in their counties. Every senator, who is thrown out of the senate by a vote of the court, takes his seat in the court of competitors.

 

The senate possesses all the judicative authority of the house of Lords, that is, all the appeals from the inferior courts. It likewise appoints the Lord Chancellor, and all the officers of the law.

 

Every county is a kind of republic within itself, and the representatives may make bye-laws; which have no authority 'till three months after they are voted. A copy of the law is sent to the senate, and to every other county. The senate, or any single county, may, at any time, annul any bye-law of another county.

 

The representatives have all the authority of the British justices of peace in trials, commitments, &c.

 

The magistrates have the appointment of all the officers of the revenue in each county. All causes with regard to the revenue are carried ultimately by appeal before the magistrates. They pass the accompts of all the officers; but must have their own accompts examined and passed at the end of the year by the representatives.

 

The magistrates name rectors or ministers to all the parishes.

 

The Presbyterian government is established; and the highest ecclesiastical court is an assembly or synod of all the presbyters of the county. The magistrates may take any cause from this court, and determine it themselves.

 

The magistrates may try, and depose or suspend any presbyter.

 

The militia is established in imitation of that of Swisserland, which being well known, we shall not insist upon it. It will only be proper to make this addition, that an army of 20,000 men be annually drawn out by rotation, paid and encamped during six weeks in summer; that the duty of a camp may not be altogether unknown.

 

The magistrates appoint all the colonels and downwards. The senate all upwards. During war, the general appoints the colonel and downwards, and his commission is good for a twelvemonth. But after that, it must be confirmed by the magistrates of the county, to which the regiment belongs. The magistrates may break any officer in the county regiment. And the senate may do the same to any officer in the service. If the magistrates do not think proper to confirm the general's choice, they may appoint another officer in the place of him they reject.

 

All crimes are tried within the county by the magistrates and a jury. But the senate can stop any trial, and bring it before themselves.

 

Any county may indict any man before the senate for any crime.

 

The protector, the two secretaries, the council of state, with any five or more that the senate appoints, are possessed, on extraordinary emergencies, of dictatorial power for six months.

 

The protector may pardon any person condemned by the inferior courts.

 

In time of war, no officer of the army that is in the field can have any civil office in the commonwealth.

 

The capital, which we shall call London, may be allowed four members in the senate. It may therefore be divided into four counties. The representatives of each of these chuse one senator, and ten magistrates. There are therefore in the city four senators, forty-four magistrates, and four hundred representatives. The magistrates have the same authority as in the counties. The representatives also have the same authority; but they never meet in one general court: They give their votes in their particular county, or division of hundreds.

 

When they enact any bye-law, the greater number of counties or divisions determines the matter. And where these are equal, the magistrates have the casting vote.

 

The magistrates chuse the mayor, sheriff, recorder, and other officers of the city.

 

In the commonwealth, no representative, magistrate, or senator, as such, has any salary. The protector, secretaries, councils, and ambassadors, have salaries.

 

The first year in every century is set apart for correcting all inequalities, which time may have produced in the representative. This must be done by the legislature.

 

The following political aphorisms may explain the reason of these orders.

 

The lower sort of people and small proprietors are good judges enough of one not very distant from them in rank or habitation; and therefore, in their parochial meetings, will probably chuse the best, or nearly the best representative: But they are wholly unfit for county-meetings, and for electing into the higher offices of the republic. Their ignorance gives the grandees an opportunity of deceiving them.

 

Ten thousand, even though they were not annually elected, are a basis large enough for any free government. It is true, the nobles in Poland are more than 10,000, and yet these oppress the people. But as power always continues there in the same persons and families, this makes them, in a manner, a different nation from the people. Besides the nobles are there united under a few heads of families.

 

All free governments must consist of two councils, a lesser and greater; or, in other words, of a senate and people. The people, as Harrington observes, would want wisdom, without the senate: The senate, without the people, would want honesty.

 

A large assembly of 1000, for instance, to represent the people, if allowed to debate, would fall into disorder. If not allowed to debate, the senate has a negative upon them, and the worst kind of negative, that before resolution.

 

Here therefore is an inconvenience, which no government has yet fully remedied, but which is the easiest to be remedied in the world. If the people debate, all is confusion: If they do not debate, they can only resolve; and then the senate carves for them. Divide the people into many separate bodies; and then they may debate with safety, and every inconvenience seems to be prevented.

 

Cardinal de Retz says, that all numerous assemblies, however composed, are mere mob, and swayed in their debates by the least motive. This we find confirmed by daily experience. When an absurdity strikes a member, he conveys it to his neighbour, and so on, till the whole be infected. Separate this great body; and though every member be only of middling sense, it is not probable, that any thing but reason can prevail over the whole. Influence and example being removed, good sense will always get the better of bad among a number of people.

 

There are two things to be guarded against in every senate: Its combination, and its division. Its combination is most dangerous. And against this inconvenience we have provided the following remedies. 1. The great dependence of the senators on the people by annual elections; and that not by an undistinguishing rabble, like the English electors, but by men of fortune and education. 2. The small power they are allowed. They have few offices to dispose of. Almost all are given by the magistrates in the counties. 3. The court of competitors, which being composed of men that are their rivals, next to them in interest, and uneasy in their present situation, will be sure to take all advantages against them.

 

The division of the senate is prevented, 1. By the smallness of their number. 2. As faction supposes a combination in a separate interest, it is prevented by their dependence on the people. 3. They have a power of expelling any factious member. It is true, when another member of the same spirit comes from the county, they have no power of expelling him: Nor is it fit they should; for that shows the humour to be in the people, and may possibly arise from some ill conduct in public affairs. 4. Almost any man, in a senate so regularly chosen by the people, may be supposed fit for any civil office. It would be proper, therefore, for the senate to form some general resolutions with regard to the disposing of offices among the members: Which resolutions would not confine them in critical times, when extraordinary parts on the one hand, or extraordinary stupidity on the other, appears in any senator; but they would be sufficient to prevent intrigue and faction, by making the disposal of the offices a thing of course. For instance, let it be a resolution, That no man shall enjoy any office, till he has sat four years in the senate: That, except ambassadors, no man shall be in office two years following: That no man shall attain the higher offices but through the lower: That no man shall be protector twice, &c. The senate of Venice govern themselves by such resolutions.

 

In foreign politics the interest of the senate can scarcely ever be divided from that of the people; and therefore it is fit to make the senate absolute with regard to them; otherwise there could be no secrecy or refined policy. Besides, without money no alliance can be executed; and the senate is still sufficiently dependant. Not to mention, that the legislative power being always superior to the executive, the magistrates or representatives may interpose whenever they think proper.

 

            The chief support of the British government is the opposition of interests; but that, though in the main serviceable, breeds endless factions. In the foregoing plan, it does all the good without any of the harm. The competitors have no power of controlling the senate: They have only the power of accusing, and appealing to the people.

 

It is necessary, likewise, to prevent both combination and division in the thousand magistrates. This is done sufficiently by the separation of places and interests.

 

But lest that should not be sufficient, their dependence on the 10,000 for their elections, serves to the same purpose.

 

Nor is that all: For the 10,000 may resume the power whenever they please; and not only when they all please, but when any five of a hundred please, which will happen upon the very first suspicion of a separate interest.

 

The 10,000 are too large a body either to unite or divide, except when they meet in one place, and fall under the guidance of ambitious leaders. Not to mention their annual election, by the whole body of the people, that are of any consideration.

 

A small commonwealth is the happiest government in the world within itself, because every thing lies under the eye of the rulers: But it may be subdued by great force from without. This scheme seems to have all the advantages both of a great and a little commonwealth.

 

Every county-law may be annulled either by the senate or another county; because that shows an opposition of interest: In which case no part ought to decide for itself. The matter must be referred to the whole, which will best determine what agrees with general interest.

 

As to the clergy and militia, the reasons of these orders are obvious. Without the dependence of the clergy on the civil magistrates, and without a militia, it is in vain to think that any free government will ever have security or stability.

 

As to the clergy and militia, the reasons of these orders are obvious. Without the dependence of the clergy on the civil magistrates, and without a militia, it is in vain to think that any free government will ever have security or stability.

 

In many governments, the inferior magistrates have no rewards but what arise from their ambition, vanity, or public spirit. The salaries of the French judges amount not to the interest of the sums they pay for their offices. The Dutch burgo-masters have little more immediate profit than the English justices of peace, or the members of the house of commons formerly. But lest any should suspect, that this would beget negligence in the administration (which is little to be feared, considering the natural ambition of mankind), let the magistrates have competent salaries. The senators have access to so many honourable and lucrative offices, that their attendance needs not be bought. There is little attendance required of the representatives.

 

That the foregoing plan of government is practicable, no one can doubt, who considers the resemblance that it bears to the commonwealth of the United Provinces, a wise and renowned government. The alterations in the present scheme seem all evidently for the better. 1. The representation is more equal. 2. The unlimited power of the burgo-masters in the towns, which forms a perfect aristocracy in the Dutch commonwealth, is corrected by a well-tempered democracy, in giving to the people the annual election of the county representatives. 3. The negative, which every province and town has upon the whole body of the Dutch republic, with regard to alliances, peace and war, and the imposition of taxes, is here removed. 4. The counties, in the present plan, are not so independent of each other, nor do they form separate bodies so much as the seven provinces; where the jealousy and envy of the smaller provinces and towns against the greater, particularly Holland and Amsterdam, have frequently disturbed the government. 5. Larger powers, though of the safest kind, are intrusted to the senate than the States-General possess; by which means, the former may become more expeditious, and secret in their resolutions, than it is possible for the latter.

 

The chief alterations that could be made on the British government, in order to bring it to the most perfect model of limited monarchy, seem to be the following. First, The plan of Cromwell’s parliament ought to be restored, by making the representation equal, and by allowing none to vote in the county elections who possess not a property of 200 pounds value. Secondly, As such a house of Commons would be too weighty for a frail house of Lords, like the present, the Bishops and Scotch Peers ought to be removed: The number of the upper house ought to be raised to three or four hundred: Their seats not hereditary, but during life: They ought to have the election of their own members; and no commoner should be allowed to refuse a seat that was offered him. By this means the house of Lords would consist entirely of the men of chief credit, abilities, and interest in the nation; and every turbulent leader in the house of Commons might be taken off, and connected by interest with the house of Peers. Such an aristocracy would be an excellent barrier both to the monarchy and against it. At present, the balance of our government depends in some measure on the abilities and behaviour of the sovereign; which are variable and uncertain circumstances.

 

This plan of limited monarchy, however corrected, seems still liable to three great inconveniencies. First, It removes not entirely, though it may soften, the parties of court and country. Secondly, The king's personal character must still have great influence on the government. Thirdly, The sword is in the hands of a single person, who will always neglect to discipline the militia, in order to have a pretence for keeping up a standing army.

 

We shall conclude this subject, with observing the falsehood of the common opinion, that no large state, such as France or Great Britain, could ever be modelled into a commonwealth, but that such a form of government can only take place in a city or small territory. The contrary seems probable. Though it is more difficult to form a republican government in an extensive country than in a city; there is more facility, when once it is formed, of preserving it steady and uniform, without tumult and faction. It is not easy, for the distant parts of a large state to combine in any plan of free government; but they easily conspire in the esteem and reverence for a single person, who, by means of this popular favour, may seize the power, and forcing the more obstinate to submit, may establish a monarchical government. On the other hand, a city readily concurs in the same notions of government, the natural equality of property favours liberty, and the nearness of habitation enables the citizens mutually to assist each other. Even under absolute princes, the subordinate government of cities is commonly republican; while that of counties and provinces is monarchical. But these same circumstances, which facilitate the erection of commonwealths in cities, render their constitution more frail and uncertain. Democracies are turbulent. For however the people may be separated or divided into small parties, either in their votes or elections; their near habitation in a city will always make the force of popular tides and currents very sensible. Aristocracies are better adapted for peace and order, and accordingly were most admired by ancient writers; but they are jealous and oppressive. In a large government, which is modelled with masterly skill, there is compass and room enough to refine the democracy, from the lower people, who may be admitted into the first elections or first concoction of the commonwealth, to the higher magistrates, who direct all the movements. At the same time, the parts are so distant and remote, that it is very difficult, either by intrigue, prejudice, or passion, to hurry them into any measures against the public interest.

 

It is needless to enquire, whether such a government would be immortal. I allow the justness of the poet's exclamation on the endless projects of human race, Man and for ever! The world itself probably is not immortal. Such consuming plagues may arise as would leave even a perfect government a weak prey to its neighbours. We know not to what length enthusiasm, or other extraordinary movements of the human mind, may transport men, to the neglect of all order and public good. Where difference of interest is removed, whimsical and unaccountable factions often arise, from personal favour or enmity. Perhaps, rust may grow to the springs of the most accurate political machine, and disorder its motions. Lastly, extensive conquests, when pursued, must be the ruin of every free government; and of the more perfect governments sooner than of the imperfect; because of the very advantages which the former possess above the latter. And though such a state ought to establish a fundamental law against conquests; yet republics have ambition as well as individuals, and present interest makes men forgetful of their posterity. It is a sufficient incitement to human endeavours, that such a government would flourish for many ages; without pretending to bestow, on any work of man, that immortality, which the Almighty seems to have refused to his own productions.

 

 



[1]              Les éditions 1752 à 1768 commencent comme suit : « De tous les genres d’hommes, il n’en est pas de plus pernicieux que ceux qui font des projets politiques s’ils ont le pouvoir, ni de plus ridicules si le pouvoir leur fait défaut. De même, un politique sage est le caractère le plus bénéfique de la nature s’il s’accompagne d’autorité et le plus innocent – mais pas tout à fait inutile – s’il en est privé. »

[2]              « commonwealth ». Hume utilise aussi dans cet essai les mots « republic » et « democracy » comme synonymes de « commonwealth ». (NdT)

[3]              « commonwealth » (NdT)

[4]              Editions de 1752 : « Que tous les propriétaires fonciers des paroisses rurales et ceux qui, dans les paroisses urbaines, paient une taxe municipale etc. » Editions 1753 à 1768 : « que tous les propriétaires fonciers d’une terre de 10 livres de rente par an et les propriétaires des paroisses urbaines d’un bien de 200 livres etc. »

[5]              « commonwealth » (NdT)

[6]              « commonwealth » (NdT)

[7]              « commonwealth » (NdT)

[8]              « be sent down » (NdT)

[9]              « of sending down » (NdT)

[10]            « commonwealth » (NdT)

[11]            « republic » (NdT)

[12]            « republic » (NdT)

[13]            « bye-laws » (NdT)

[14]            « officers of the revenue ». (NdT)

[15]            Editions 1752 à 1768 : « Le bon sens est une chose mais les sottises sont innombrables et chacun a la sienne. La seule façon de rendre un peuple sage est de l’empêcher de se réunir dans de grandes assemblées. »

[16]            Editions 1752 à 1768 : « brigues ».

[17]            Les éditions 1752 à 1758 terminent le paragraphe par « par presque tout le corps du peuple ».

[18]            Editions 1752 à 1768 : « Autrefois l’un des gouvernements les plus sages et les plus réputés du monde. »

[19]            « democraty » (NdT)

[20]            « republic » (NdT)

[21]            Editions 1752 à 1768 : « du parlement républicain ».

[22]            Editions 1752 : « cent livres par an ».

[23]            Editions 1752 à 1768 : « dont la conduite, dans les précédents parlements, détruisit entièrement l’autorité de cette Chambre. »

[24]            Editions 1752 à 1768 : «Il est évident que c’est une maladie fatale au gouvernement britannique, dont il doit à la fin inévitablement périr. Je dois toutefois reconnaître que la Suède semble avoir, dans une certaine mesure, remédié à cet inconvénient en ayant à la fois une milice et une armée permanente dans sa monarchie limitée, ce qui est moins dangereux que l’armée anglaise. »

[25]            « commonwealth » (NdT)

[26]            « a republican government ». (NdT)

[27]            « commonwealths » (NdT)

[28]            « démocraties ».

[29]            « democracy » (NdT)

[30]            « commonwelth » (NdT)

[31]            Peut-être une paraphrase de Lucrèce (grand poète selon Hume), par exemple De la nature, 5.1430-31. (NdT)

[32]            « republics » (NdT)