PHILOTRADavid Hume

 

Essai sur la succession protestante

Traduit par Philippe Folliot (juin 2008)
Professeur de Philosophie au lycée Jehan Ango de Dieppe

 

 De

 

OF THE PROTESTANT SUCCESSION

in

Political discourses

Edinburgh, A. Kincaid et A. Donaldson

1752

 

 

La traduction

Le texte anglais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Essai sur la succession protestante

Traduction de Philippe Folliot

 

 

 

 

 

            Si, sous le règne du roi Guillaume ou de la reine Anne, alors que l’établissement de la succession protestante était encore incertaine, un membre du parlement se demandait quel parti choisir sur cette question importante et s’il pesait avec impartialité les avantages et les désavantages de chaque camp, je crois qu’il considérerait les points suivants.

 

            Il percevrait aisément le grand avantage résultant de la restauration de la famille Stuart qui rendrait la succession claire et incontestée, la débarrassant ainsi d’un prétendant qui mettrait en avant un titre aussi spécieux que celui du sang, titre le plus solide pour la multitude, celui qu’elle comprend le plus facilement. Il est vain de dire – comme beaucoup l’ont fait – qu’il est frivole de se poser la question des gouverneurs indépendamment de celle du gouvernement, qu’elle ne mérite pas qu’on en débatte, encore moins qu’on se batte à son sujet. La plupart des hommes n’entreront jamais dans de tels sentiments et je crois qu’il est heureux pour la société qu’ils ne le fassent pas et qu’ils continuent plutôt à suivre leurs préjugés naturels. Comment pourrait-on maintenir la stabilité d’un gouvernement monarchique (qui, même s’il n’est peut-être pas le meilleur, est et a toujours été le plus courant) si les hommes n’estimaient pas avec passion le véritable héritier de la famille royale et si, quand bien même cet héritier serait faible d’esprit ou rendu infirme par l’âge, ils ne lui donnaient pas une préférence sensible sur des personnes dotées de talents brillants ou célébrées pour de grands exploits ? Sinon, tout leader populaire ferait valoir ses prétentions à chaque vacance du pouvoir et même en l’absence de vacance, et le royaume deviendrait le théâtre de guerres et de convulsions permanentes. L’état de l’empire romain, à cet égard, n’était certainement pas beaucoup plus enviable, et celui des nations orientales ne l’est pas non plus, elles qui ne tiennent quasiment pas compte des titres de leurs souverains et qui les sacrifient chaque jour aux caprices ou à l’humeur passagère de la populace ou des soldats. Ce n’est que folle sagesse de s’évertuer avec soin à dévaloriser les princes et à les mettre au même niveau que les hommes les plus humbles. Il est certain qu’un anatomiste ne trouve rien de plus chez le plus grand monarque que chez le paysan ou l’ouvrier le plus simple et qu’un moraliste peut peut-être y trouver fréquemment encore moins, mais à quoi tendent toutes ces réflexions ? Nous tous, nous conservons encore ces préjugés en faveur de la naissance et de la famille et, ni dans nos occupations sérieuses, ni dans nos amusements insouciants, nous ne nous débarrassons entièrement d’eux. Une tragédie qui représenterait les aventures de marins, de portefaix ou même de simples gentlemen nous dégoûterait à présent mais celle qui présenterait des rois et des princes acquerrait à nos yeux un air d’importance et de dignité. Si un homme était capable, par sa sagesse supérieure, de s’élever entièrement au-dessus de ces préjugés, par la même sagesse, il reviendrait à eux pour le salut de la société car il verrait qu’il y a une liaison étroite entre le bien de cette société et ces préjugés. Loin de tenter de détromper le peuple sur ce point, il chérirait ses sentiments de respect envers ses princes en tant qu’ils sont nécessaires pour préserver une juste subordination dans la société. Et même si l’on doit sacrifier la vie de vingt mille hommes pour que le roi reste en possession de son trône ou que le droit de succession demeure inchangé, cet homme ne serait pas indigné par cette perte sous prétexte que chaque individu sacrifié avait peut-être en lui-même autant de valeur que le prince qu’il servait. Il considérerait les conséquences d’une violation du droit héréditaire des rois, conséquences qu’on peut ressentir pendant de nombreux siècles alors que la perte de quelques milliers d’hommes est si peu préjudiciable à un grand royaume qu’elle peut ne plus être perçue quelques années après.

 

            Les avantages de la succession Hanovre sont d’une nature opposée et viennent du fait même qu’elle viole le droit héréditaire et qu’elle place sur le trône un prince qui ne possède aucun titre de naissance à cette dignité. L’histoire de cette île montre avec évidence que, durant près de deux siècles, les privilèges du peuple se sont continuellement accrus par la division des terres de l’Eglise, par l’aliénation des domaines des barons, par le progrès du commerce et, par-dessus tout, par le bonheur de notre situation qui, pour longtemps, nous a assuré une sécurité suffisante sans armée permanente et sans établissement militaire. Au contraire, dans presque toutes les nations d’Europe, pendant la même période, la liberté publique a connu un déclin extrême. Les peuples, dégoûtés de devoir endurer l’ancienne milice féodale [1], ont préféré confier la tâche à leurs princes qui, possédant des armées mercenaires, les ont facilement retournées contre eux. Il n’est absolument pas extraordinaire que certains de nos souverains anglais se soient trompés sur la nature de la constitution, du moins sur le génie du peuple, et que, embrassant tous les précédents laissés par leurs ancêtres et qui leur étaient favorables, ils aient négligé tous ceux qui leur étaient contraires et qui supposaient une limitation du gouvernement. Ils furent encouragés dans leur erreur par l’exemple de tous les princes voisins qui, portant le même titre ou la même appellation, et étant parés des mêmes signes d’autorité, les conduisit à revendiquer les mêmes pouvoirs et les mêmes prérogatives [2]. Il ressort des discours, des proclamations, de l’ensemble des actions de Jacques Ier et de son fils qu’ils considéraient le gouvernement anglais comme une simple monarchie et qu’ils n’imaginèrent jamais qu’une partie considérable de leurs sujets nourrissaient une idée contraire. Ce qui fit qu’ils découvrirent leurs prétentions sans préparer aucune force pour les soutenir et qu’ils le firent sans cette réserve ou cette dissimulation qu’emploient toujours ceux qui élaborent un nouveau projet ou tentent d’innover dans un gouvernement. De plus, les flatteries des courtisans consolidèrent leurs préjugés [3], et par-dessus tout, celles du clergé qui, à partir de plusieurs passages déformés des Ecritures, avait érigé un système régulier et avoué de pouvoir arbitraire. La seule façon de détruire d’un seul coup toutes ces grandes prétentions et revendications fut de se départir de la véritable lignée héréditaire et de choisir un prince qui, étant manifestement une créature du public, et recevant la couronne sous certaines conditions expresses et avouées, fonda son autorité établie sur la même base que les privilèges du peuple. En le choisissant dans la lignée royale, on coupa court à tous les espoirs des sujets ambitieux qui auraient pu, dans des cas d’urgence à venir, troubler le gouvernement par leurs cabales et leurs prétentions. En rendant la couronne héréditaire dans sa famille, on évita tous les inconvénients de la monarchie élective et, en excluant l’héritier en ligne directe, on sécurisa toutes nos limitations constitutionnelles et on rendit notre gouvernement uniforme et cohérent. Le peuple chérit la monarchie parce qu’elle le protège. Le monarque favorise la liberté parce que cette dernière l’a créé. Le nouvel établissement obtient tous les avantages que peuvent donner l’habileté et la sagesse humaines.

 

            Tels sont les différents avantages d’attribuer la succession soit à la maison de Stuart, soit à la maison de Hanovre. Il y a aussi des désavantages dans chacun des établissements, désavantages qu’un patriote impartial voudrait méditer et examiner afin de former un jugement juste sur l’ensemble.

 

            Les désavantages de la succession protestante consistent dans les domaines étrangers que possèdent les princes de Hanovre qui, peut-on supposer, pourraient nous engager dans les intrigues et les guerres du continent et nous faire perdre, dans une certaine mesure, l’avantage inestimable que nous possédons d’être entourés et protégés par la mer dont nous avons le contrôle. Le désavantage qu’il y aurait à rappeler la famille déposée consiste principalement dans leur religion qui est plus préjudiciable à la société que la religion établie chez nous, qui lui est contraire et qui n’offre aucune tolérance, aucune paix et aucune sécurité pour toute autre communion.

 

            Il me semble que ces avantages et ces désavantages sont admis des deux côtés, du moins par ceux qui sont capables d’argumenter et de raisonner. Aucun sujet, quelque loyal qu’il soit, ne prétend nier que le titre contesté et les domaines étrangers de l’actuelle famille royale sont un problème. Il n’est pas non plus de partisan des Stuart qui n’avoue que la revendication d’un droit héréditaire et indéfectible et la religion catholique romaine sont aussi des désavantages dans cette famille. Il appartient donc au philosophe seul, qui n’est d’aucun parti, de mettre toutes les circonstances dans la balance et d’assigner à chacune d’elles le poids et l’influence qui leur conviennent. D’abord, le philosophe reconnaîtra tout de suite que toutes les questions politiques sont infiniment compliquées et que, dans une délibération, ne se présente guère une solution qui soit entièrement bonne ou entièrement mauvaise. On peut prévoir que des conséquences variées et mêlées s’ensuivront de toute mesure et que de nombreuses conséquences imprévisibles en résulteront toujours. L’hésitation, la réserve et le doute seront donc ses seuls sentiments dans une telle tentative. S’il se laisse aller à la passion, c’est à la dérision contre la multitude ignorante qui est toujours bruyante et dogmatique, même dans les plus délicates questions dont elle est entièrement incapable de juger, plus peut-être par manque de tempérance que par manque d’intelligence.

 

            Mais, pour dire quelque chose de plus précis sur ce point, les réflexions suivantes montreront – je l’espère – la tempérance du philosophe, sinon son intelligence.

 

            Si nous devions juger simplement par les premières apparences et par l’expérience passée, nous devrions admettre que les avantages d’un titre parlementaire dans la maison de Hanovre sont plus grands que ceux d’un titre héréditaire non contesté dans la maison de Stuart, et que nos pères ont agi sagement en préférant la première à la seconde. Aussi longtemps que la maison de Stuart régna en Grande Bretagne, pendant plus de quatre-vingt ans, avec quelques interruptions, le gouvernement fut dans une fièvre continuelle à cause de la lutte entre les privilèges du peuple et les prérogatives de la couronne. Quand on baissait les armes, le bruit des disputes continuait, et quand on réduisait ces disputes au silence, la jalousie rongeait encore les cœurs et jetait la nation dans une agitation et un désordre contre nature. Et pendant que nous étions ainsi occupés par nos querelles intérieures, une puissance étrangère, dangereuse pour la liberté publique, s’érigea en Europe sans aucune opposition de notre part et même parfois avec notre aide.

 

            Mais, durant ces soixante dernières années qui connurent un établissement parlementaire, quelles que soient les factions qui aient pu prévaloir dans le peuple ou les assemblées publiques, toute la force de notre constitution a toujours porté d’un seul côté et une harmonie ininterrompue a été maintenue entre nos princes et nos parlements. La liberté publique, avec la paix et l’ordre intérieurs, a fleuri presque sans interruption : le commerce, les manufactures et l’agriculture se sont développés, les arts, les sciences et la philosophie ont été cultivés. Même les partis religieux ont dû mettre de côté leur rancœur mutuelle ; et la gloire de la nation s’est répandue sur toute l’Europe [4], et cela autant par notre progrès dans les arts de la paix que par notre vaillance et nos succès dans la guerre. Presque aucune nation ne peut se vanter d’une période aussi longue et aussi glorieuse. Il n’y a pas non plus, dans toute l’histoire de l’humanité, d’autre exemple de nation où des millions de gens, durant tant de temps, ont vécu ensemble d’une manière si libre, si raisonnable et si conforme à la dignité de la nature humaine.

 

            Mais, quoique cette expérience récente semble clairement décider en faveur de l’établissement actuel, il y a certaines circonstances qu’il faut mettre sur l’autre plateau de la balance ; et il est dangereux de régler notre jugement sur un seul événement ou un seul exemple.

 

            Nous avons eu deux rébellions durant la période florissante ci-dessus mentionnée, et aussi des complots et des conspirations sans nombre. Si aucune n’a produit un événement fatal, nous pouvons attribuer notre salut au génie étroit de ces princes qui contestèrent notre établissement, et nous pouvons nous estimer heureux jusqu’à présent. Mais les revendications de la famille bannie – je le crains – ne sont pas encore enterrées, et qui peut prédire que ses futures tentatives ne produiront pas un plus grand désordre ?

 

            Les disputes entre privilège et prérogative peuvent aisément être arrangées par des lois et des votes, des conférences et des concessions s’il y a suffisamment de tempérance et de prudence des deux côtés, ou d’un seul côté. Entre des titres [au trône] qui s’opposent, la question ne peut se déterminer que par l’épée, la dévastation et la guerre civile.

 

            Un prince qui occupe le trône avec un titre qu’on lui conteste n’ose pas armer ses sujets, la seule méthode, [pourtant], pour donner une pleine sécurité au peuple, autant contre l’oppression intérieure que contre la conquête étrangère.

 

            Malgré nos richesses et notre renom, c’est de façon critique que nous avons échappé par la dernière paix [conclue] aux dangers que nous ne devions pas tant à notre mauvaise conduite ou à nos échecs pendant la guerre qu’à la pernicieuse pratique de l’hypothèque de nos finances et à la maxime encore plus pernicieuse de ne jamais payer nos dettes. Ces fatales mesures n’auraient probablement pas été choisies s’il n’avait pas fallu protéger un établissement précaire. [5]

 

            Mais, pour nous convaincre qu’on doit préférer un titre héréditaire à un titre parlementaire qui n’est soutenu par aucune autre vue ou aucun autre motif, il suffit de revenir à l’époque de la restauration et de supposer que quelqu’un a un siège dans ce parlement qui rappela la famille royale et mit un point final aux plus grands désordres qui soient jamais nés des prétentions opposées du prince et du peuple. Que penserait-on de lui s’il avait proposé, à l’époque, de mettre de côté Charles II et de placer la couronne sur la tête du duc d’York ou de Gloucester uniquement pour exclure toutes les grandes prétentions semblables à celles de son père et de son grand-père ? N’aurait-il pas été regardé comme un extravagant faiseur de projets, aimant les remèdes dangereux, capable de tromper un gouvernement et une constitution nationale et de s’en jouer comme un charlatan se joue d’un patient malade ? [6]

 

            En réalité, la raison donnée par la nation pour exclure la lignée des Stuart et tant d’autres branches de la famille royale n’est pas leur titre héréditaire (une raison qui aurait semblé totalement absurde aux esprits communs) mais leur religion ; ce qui nous conduit à comparer les désavantages ci-dessus mentionnés dans chaque établissement.

 

            En considérant la question en général, j’avoue qu’il serait très souhaitable que notre prince n’ait pas de possessions à l’étranger et qu’il limite toute son attention au gouvernement de cette île. Sans mentionner certains inconvénients réels qui peuvent résulter de la possession de territoires sur le continent, cette possession offre une telle prise à la calomnie et à la diffamation que le peuple, toujours disposé à penser du mal de ses supérieurs, s’en saisit avec avidité. Il faut néanmoins reconnaître que Hanovre est sans doute le territoire d’Europe qui a le moins d’inconvénients pour un roi d’Angleterre. Il se trouve au cœur de l’Allemagne, à distance des grandes puissances qui sont nos rivales naturelles ; il est protégé tant par les lois de l’empire que par les armes de son propre souverain ; et il ne sert qu’à nous lier plus étroitement avec la maison d’Autriche, notre alliée naturelle. [7]

 

            La religion de la maison de Stuart est un inconvénient beaucoup plus grave qui nous menace de conséquences beaucoup plus funestes. La religion catholique romaine, avec son cortège de prêtes et de moines est une religion beaucoup plus coûteuse que la nôtre. Même quand elle n’est pas accompagnée de sa suite naturelle d’inquisiteurs, de bûchers et de gibets, elle est moins tolérante ; et, non contente de séparer la fonction sacerdotale de la fonction royale (ce qui est nécessairement préjudiciable pour tout Etat), elle donne la première fonction à un étranger qui a toujours un intérêt séparé de l’intérêt national et qui peut même souvent lui être opposé.

 

            Même si cette religion était très avantageuse pour notre société, elle est contraire à celle qui est établie chez nous et qui, vraisemblablement et pour longtemps, conservera la possession de l’esprit du peuple. Bien qu’il faille espérer que les progrès de la raison apaisent un jour la hargne [8] des religions opposées, pour l’instant, pourtant, l’esprit de modération s’est développé trop lentement pour que l’on s’y fie entièrement. [9]

 

            Ainsi, dans l’ensemble, les avantages de l’établissement de la famille des Stuart, qui nous libère d’un titre contesté, semblent proportionnés à ceux de la famille de Hanovre, qui nous libère des prétentions de la prérogative. Mais, en même temps, ses désavantages, en plaçant sur le trône un catholique romain, sont plus grands que ceux de l’autre établissement où l’on met la couronne sur la tête d’un prince étranger. Sous le règne du roi Guillaume ou de la reine Anne, quel parti un patriote impartial aurait-il choisi entre ces vues opposées, il peut sembler difficile de le déterminer. [10]

 

            Mais c’est la maison de Hanovre qui a été actuellement établie. Les princes de cette famille, sans intrigue, sans cabale, sans avoir rien sollicité, ont été appelés pour monter sur le trône par la voix unanime de l’ensemble du corps législatif. Depuis leur accession [au pouvoir], dans toutes leurs actions, ils ont fait preuve de la plus grande modération, de la plus grande équité et d’un très grand souci des lois et de la constitution. Nous avons été gouvernés par nos ministres, par notre parlement et par nous-mêmes ; et si jamais un malheur est tombé sur nos têtes, nous ne devons blâmer que la fortune ou nous-mêmes. Quelle honte devrions-nous devenir parmi les nations si, dégoûtés d’un établissement fait si intentionnellement et dont les conditions ont été si religieusement observées, nous devions tout jeter de nouveau dans la confusion et que, par notre légèreté et notre disposition rebelle, nous nous révélions totalement incapables de vivre dans un autre état que l’esclavage et la sujétion absolues !

 

            Le plus grand inconvénient d’un titre contesté, c’est qu’il nous fait risquer des guerres civiles et des rébellions. Quel homme avisé se jetterait directement dans une guerre civile ou une rébellion pour éviter cet inconvénient ? Sans mentionner qu’une aussi longue possession, garantie par les lois jusqu’à aujourd’hui, a, pour la plupart des gens, donné un titre à la maison de Hanovre, indépendant de la présente possession ; de sorte que, désormais, nous ne devrions pas, même par une révolution, atteindre cette fin : éviter un titre contesté.

 

            Une révolution faite par des forces nationales ne sera jamais capable, sans quelque autre grande nécessité, d’abolir nos dettes et nos charges qui concernent l’intérêt de tant de personnes ; et une révolution faite par des forces étrangères est une conquête : une calamité dont la balance précaire du pouvoir nous menace et que nos dissensions civiles vont probablement, plus que toute autre circonstance, provoquer.

 

 

 

 

 

 

 

OF THE PROTESTANT SUCCESSION

 

 

I suppose, that a member of parliament, in the reign of King William or Queen Anne, while the establishment of the Protestant Succession was yet uncertain, were deliberating concerning the party he would choose in that important question, and weighing, with impartiality, the advantages and disadvantages on each side, I believe the following particulars would have entered into his consideration.

 

 He would easily perceive the great advantage resulting from the restoration of the Stuart family; by which we should preserve the succession clear and undisputed, free from a pretender, with such a specious title as that of blood, which, with the multitude, is always the claim, the strongest and most easily comprehended. It is in vain to say, as many have done, that the question with regard to governors, independent of government, is frivolous, and little worth disputing, much less fighting about. The generality of mankind never will enter into these sentiments; and it is much happier, I believe, for society, that they do not, but rather continue in their natural prepossessions. How could stability be preserved in any monarchical government, (which, though, perhaps not the best, is, and always has been, the most common of any) unless men had so passionate a regard for the true heir of their royal family; and even though he be weak in understanding, or infirm in years, gave him so sensible a preference above persons the most accomplished in shining talents, or celebrated for great atchievements? Would not every popular leader put in his claim at every vacancy, or even without any vacancy; and the kingdom become the theatre of perpetual wars and convulsions? The condition of the roman empire, surely, was not, in this respect, much to be envied; nor is that of the Eastern nations, who pay little regard to the titles of their sovereign, but sacrifice them, every day, to the caprice or momentary humour of the populace or soldiery. It is but a foolish wisdom, which is so carefully displayed, in undervaluing princes, and placing them on a level with the meanest of mankind. To be sure, an anatomist finds no more in the greatest monarch than in the lowest peasant or day-labourer; and a moralist may, perhaps, frequently find less. But what do all these reflections tend to? We all of us still retain these prejudices in favour of birth and family; and neither in our serious occupations, nor most careless amusements, can we ever get entirely rid of them. A tragedy, that should represent the adventures of sailors, or porters, or even of private gentlemen, would presently disgust us; but one that introduces kings and princes, acquires in our eyes an air of importance and dignity. Or should a man be able, by his superior wisdom, to get entirely above such prepossessions, he would soon, by means of the same wisdom, again bring himself down to them, for the sake of society, whose welfare he would perceive to be intimately connected with them. Far from endeavouring to undeceive the people in this particular, he would cherish such sentiments of reverence to their princes; as requisite to preserve a due subordination in society. And though the lives of twenty thousand men be often sacrificed to maintain a king in possession of his throne, or preserve the right of succession undisturbed, he entertains no indignation at the loss, on pretence that every individual of these was, perhaps, in himself, as valuable as the prince he served. He considers the consequences of violating the hereditary right of kings: consequences, which may be felt for many centuries; while the loss of several thousand men brings so little prejudice to a large kingdom, that it may not be perceived a few years after.

 

The advantages of the Hanover succession are of an opposite nature, and arise from this very circumstance, that it violates hereditary right; and places on the throne a prince, to whom birth gave no title to that dignity. It is evident, from the history of this island, that the privileges of the people have, during near two centuries, been continually upon the increase, by the division of the church lands, by the alienations of the barons' estates, by the progress of trade, and above all, by the happiness of our situation, which, for a long time, gave us sufficient security, without any standing army or military establishment. On the contrary, public liberty has, almost in every other nation of Europe, been, during the same period, extremely upon the decline; while the people were disgusted at the hardships of the old feudal militia, and rather chose to intrust their prince with mercenary armies, which he easily turned against themselves. It was nothing extraordinary, therefore, that some of our british sovereigns mistook the nature of the constitution, at least, the genius of the people; and as they embraced all the favourable precedents left them by their ancestors, they overlooked all those which were contrary, and which supposed a limitation in our government. They were encouraged in this mistake, by the example of all the neighbouring princes, who bearing the same title or appellation, and being adorned with the same ensigns of authority, naturally led them to claim the same powers and prerogatives. It appears from the speeches, and proclamations of James I. and the whole train of that prince's actions, as well as his son's, that he regarded the English government as a simple monarchy, and never imagined that any considerable part of his subjects entertained a contrary idea. This opinion made those monarchs discover their pretensions, without preparing any force to support them; and even without reserve or disguise, which are always employed by those, who enter upon any new project, or endeavour to innovate in any government. The flattery of courtiers further confirmed their prejudices; and above all, that of the clergy, who from several passages of scripture, and these wrested too, had erected a regular and avowed system of arbitrary power. The only method of destroying, at once, all these high claims and pretensions, was to depart from the true hereditary line, and choose a prince, who, being plainly a creature of the public, and receiving the crown on conditions, expressed and avowed, found his authority established on the same bottom with the privileges of the people. By electing him in the royal line, we cut off all hopes of ambitious subjects, who might, in future emergencies, disturb the government by their cabals and pretensions: by rendering the crown hereditary in his family, we avoided all the inconveniencies of elective monarchy: and by excluding the lineal heir, we secured all our constitutional limitations, and rendered our government uniform and of a piece. The people cherish monarchy, because protected by it: the monarch favours liberty, because created by it. And thus every advantage is obtained by the new establishment, as far as human skill and wisdom can extend itself.

 

These are the separate advantages of fixing the succession, either in the house of Stuart, or in that of Hanover. There are also disadvantages in each establishment, which an impartial patriot would ponder and examine, in order to form a just judgment upon the whole.

 

The disadvantages of the protestant succession consist in the foreign dominions which are possessed by the princes of the Hanover line, and which, it might be supposed, would engage us in the intrigues and wars of the continent, and lose us, in some measure, the inestimable advantage we possess, of being surrounded and guarded by the sea, which we command. The disadvantages of recalling the abdicated family consist chiefly in their religion, which is more prejudicial to society than that established amongst us, is contrary to it, and affords no toleration, or peace, or security to any other communion.

 

It appears to me, that these advantages and disadvantages are allowed on both sides; at least, by every one who is at all susceptible of argument or reasoning. No subject, however loyal, pretends to deny, that the disputed title and foreign dominions of the present royal family are a loss. Nor is there any partizan of the Stuarts, but will confess, that the claim of hereditary, indefeasible right, and the Roman Catholic religion, are also disadvantages in that family. It belongs, therefore, to a philosopher alone, who is of neither party, to put all the circumstances in the scale, and assign to each of them its proper poise and influence. Such a one will readily, at first, acknowledge that all political questions are infinitely complicated, and that there scarcely ever occurs, in any deliberation, a choice, which is either purely good, or purely ill. Consequences, mixed and varied, may be foreseen to flow from every measure: And many consequences, unforeseen, do always, in fact, result from every one. Hesitation, and reserve, and suspence, are therefore the only sentiments he brings to this essay or trial. Or if he indulges any passion, it is that of derision against the ignorant multitude, who are always clamorous and dogmatical, even in the nicest questions, of which, from want of temper, perhaps still more than of understanding, they are altogether unfit judges.

 

But to say something more determinate on this head, the following reflections will, I hope, show the temper, if not the understanding of a philosopher.

 

Were we to judge merely by first appearances, and by past experience, we must allow that the advantages of a parliamentary title in the house of Hanover are greater than those of an undisputed hereditary title in the house of Stuart; and that our fathers acted wisely in preferring the former to the latter. So long as the house of Stuart ruled in Great Britain, which, with some interruption, was above eighty years, the government was kept in a continual fever, by the contention between the privileges of the people and the prerogatives of the crown. If arms were dropped, the noise of disputes continued: Or if these were silenced, jealousy still corroded the heart, and threw the nation into an unnatural ferment and disorder. And while we were thus occupied in domestic disputes, a foreign power, dangerous to public liberty, erected itself in Europe, without any opposition from us, and even sometimes with our assistance.

 

But during these last sixty years, when a parliamentary establishment has taken place; whatever factions may have prevailed either among the people or in public assemblies, the whole force of our constitution has always fallen to one side, and an uninterrupted harmony has been preserved between our princes and our parliaments. Public liberty, with internal peace and order, has flourished almost without interruption: Trade and manufactures, and agriculture, have increased: The arts, and sciences, and philosophy, have been cultivated. Even religious parties have been necessitated to lay aside their mutual rancour: And the glory of the nation has spread itself all over Europe; derived equally from our progress in the arts of peace, and from valour and success in war. So long and so glorious a period no nation almost can boast of: nor is there another instance in the whole history of mankind, that so many millions of people have, during such a space of time, been held together, in a manner so free, so rational, and so suitable to the dignity of human nature.

 

But though this recent experience seems clearly to decide in favour of the present establishment, there are some circumstances to be thrown into the other scale; and it is dangerous to regulate our judgment by one event or example.

 

We have had two rebellions during the flourishing period above mentioned, besides plots and conspiracies without number. And if none of these have produced any very fatal event, we may ascribe our escape chiefly to the narrow genius of those princes who disputed our establishment; and we may esteem ourselves so far fortunate. But the claims of the banished family, I fear, are not yet antiquated; and who can foretell, that their future attempts will produce no greater disorder?

 

The disputes between privilege and prerogative may easily be composed by laws, and votes, and conferences, and concessions; where there is tolerable temper or prudence on both sides, or on either side. Among contending titles, the question can only be determined by the sword, and by devastation, and by civil war.

 

A prince, who fills the throne with a disputed title, dares not arm his subjects; the only method of securing a people fully, both against domestic oppression and foreign conquest.

 

Notwithstanding our riches and renown, what a critical escape did we make, by the late peace, from dangers, which were owing not so much to bad conduct and ill success in war, as to the pernicious practice of mortgaging our finances, and the still more pernicious maxim of never paying off our incumbrances? Such fatal measures would not probably have been embraced, had it not been to secure a precarious establishment.

 

But to convince us, that an hereditary title is to be embraced rather than a parliamentary one, which is not supported by any other views or motives; a man needs only transport himself back to the æra of the restoration, and suppose, that he had had a seat in that parliament which recalled the royal family, and put a period to the greatest disorders that ever arose from the opposite pretensions of prince and people. What would have been thought of one, that had proposed, at that time, to set aside Charles II. and settle the crown on the Duke of York, or Gloucester, merely in order to exclude all high claims, like those of their father and grandfather? Would not such a one have been regarded as an extravagant projector, who loved dangerous remedies, and could tamper and play with a government and national constitution, like a quack with a sickly patient?

 

In reality, the reason assigned by the nation for excluding the race of Stuart, and so many other branches of the royal family, is not on account of their hereditary title (a reason, which would, to vulgar apprehensions, have appeared altogether absurd), but on account of their religion, which leads us to compare the disadvantages above mentioned in each establishment.

 

I confess that, considering the matter in general, it were much to be wished, that our prince had no foreign dominions, and could confine all his attention to the government of this island. For not to mention some real inconveniencies that may result from territories on the continent, they afford such a handle for calumny and defamation, as is greedily seized by the people, always disposed to think ill of their superiors. It must, however, be acknowledged, that Hanover, is, perhaps, the spot of ground in Europe the least inconvenient for a King of England. It lies in the heart of Germany, at a distance from the great powers, which are our natural rivals: It is protected by the laws of the empire, as well as by the arms of its own sovereign: And it serves only to connect us more closely with the house of Austria, our natural ally.

 

The religious persuasion of the house of Stuart is an inconvenience of a much deeper die, and would threaten us with much more dismal consequences. The Roman Catholic religion, with its train of priests and friars, is more expensive than ours: even though unaccompanied with its natural attendants of inquisitors, and stakes, and gibbets, it is less tolerating: and not content with dividing the sacerdotal from the regal office (which must be prejudicial to any state), it bestows the former on a foreigner, who has always a separate interest from that of the public, and may often have an opposite one.

 

But were this religion ever so advantageous to society, it is contrary to that which is established among us, and which is likely to keep possession, for a long time, of the minds of the people. And though it is much to be hoped, that the progress of reason will, by degrees, abate the acrimony of opposite religions all over Europe; yet the spirit of moderation has, as yet, made too slow advances to be entirely trusted.

 

Thus, upon the whole, the advantages of the settlement in the family of Stuart, which frees us from a disputed title, seem to bear some proportion with those of the settlement in the family of Hanover, which frees us from the claims of prerogative: But at the same time, its disadvantages, by placing on the throne a Roman Catholic, are greater than those of the other establishment, in settling the crown on a foreign prince. What party an impartial patriot, in the reign of K. William or Q. Anne, would have chosen amidst these opposite views, may, perhaps, to some appear hard to determine.

 

But the settlement in the house of Hanover has actually taken place. The princes of that family, without intrigue, without cabal, without solicitation on their part, have been called to mount our throne, by the united voice of the whole legislative body. They have, since their accession, displayed, in all their actions, the utmost mildness, equity, and regard to the laws and constitution. Our own ministers, our own parliaments, ourselves have governed us; and if aught ill has befallen us, we can only blame fortune or ourselves. What a reproach must we become among nations, if, disgusted with a settlement so deliberately made, and whose conditions have been so religiously observed, we should throw every thing again into confusion; and by our levity and rebellious disposition, prove ourselves totally unfit for any state but that of absolute slavery and subjection?

 

The greatest inconvenience, attending a disputed title, is, that it brings us in danger of civil wars and rebellions. What wise man, to avoid this inconvenience, would run directly into a civil war and rebellion? Not to mention, that so long possession, secured by so many laws, must, ere this time, in the apprehension of a great part of the nation, have begotten a title in the house of Hanover, independent of their present possession: so that now we should not, even by a revolution, obtain the end of avoiding a disputed title.

 

No revolution made by national forces, will ever be able, without some other great necessity, to abolish our debts and incumbrances, in which the interest of so many persons is concerned. And a revolution made by foreign forces, is a conquest: A calamity, with which the precarious balance of power threatens us, and which our civil dissensions are likely, above all other circumstances, to bring upon us.

 

 

 



[1]              Les éditions 1752 à 1760 donnent « gothique » au lieu de « féodale ». (Note du traducteur).

[2]              Les deux phrases qui suivent, dans les éditions 1752 à 1768 (dans une note dans les éditions 1753 à 1768), sont remplacées par le passage suivant : « Il ressort des discours, des proclamations, de l’ensemble des actions de Jacques Ier et de son fils qu’ils considéraient le gouvernement anglais comme une simple monarchie et qu’ils n’imaginèrent jamais qu’une partie considérable de leurs sujets nourrissaient une idée contraire. Ce qui fit qu’ils découvrirent leurs prétentions sans préparer aucune force pour les soutenir et qu’ils le firent sans cette réserve ou cette dissimulation qu’emploient toujours ceux qui élaborent un nouveau projet ou tentent d’innover dans un gouvernement. Quand les membres du Parlement se mêlèrent des affaires de l’Etat, Jacques Ier leur déclara clairement : Ne sutor ultra crepidam. Il avait aussi l’habitude, à sa table, avec n’importe qui, d’avancer ses idées sans aucun déguisement, et nous le savons par une histoire que raconte M. Waller dans sa biographie, histoire que le poète avait coutume de fréquemment répéter. Dans sa jeunesse, M. Waller eut la curiosité de se rendre à la Cour et, debout dans le cercle, il vit le roi Jacques dîner avec, à sa table, entre autres personnes, deux évêques. Le roi posa ouvertement et à haute voix cette question : s’il pouvait prendre de l’argent à ses sujets quand il en avait l’occasion sans toutes ces formalités du parlement. Le premier évêque répondit tout de suite : Que Dieu vous préserve de cette impossibilité car vous êtes le souffle de nos narines. L’autre évêque refusa de répondre en disant qu’il n’était pas compétent en matière parlementaire. Mais, alors que le roi le pressait et qu’il affirmait qu’il n’admettrait pas d’échappatoire, l’évêque répondit plaisamment : Mais alors, votre majesté peut légitimement prendre l’argent de mon frère puisqu’il l’offre ! Dans la préface de l’Histoire du monde de Sir Walter Raleigh, il y a ce passage remarquable. Philippe II, d’une main de fer, par force, non seulement tenta de se faire monarque absolu des Pays-Bas comme les rois et les souverains d’Angleterre et de France, mais tenta aussi, à la manière turque, de fouler aux pieds toutes les lois naturelles et fondamentales, tous les privilèges et les anciens droits.  Spenser, parlant de certaines concessions faites par les rois anglais aux corporations irlandaises, dit : « Bien que ces concessions, quand elles furent faites, fussent admissibles et peut-être raisonnables, désormais elles ne sont plus raisonnables et sont inopportunes. Elles seront aisément supprimées par le pouvoir supérieur de la prérogative de sa Majesté, contre laquelle on ne serait invoquer ou faire valoir qu’elles furent données par le Souverain. »

* [« ne supra (ultra dans certaines versions) crepidam sutor iudicaret »  Mot du peintre Apelle (selon Pline – Histoire naturelle) : « que le cordonnier ne juge pas au-delà de la chaussure ». Pline (XXXV) raconte qu’Apelle avait coutume de se cacher derrière ses tableaux et, que suite à la critique d’un cordonnier sur une chaussure représentée, il avait corrigé le tableau. Le cordonnier osa aller au-delà de la chaussure pour étendre ses critiques, d’où la formule du peintre : « Ne sutor ultra crepidam iudicaret » - Note du traducteur]

[3]              « les aveuglèrent » (éditions 1752 à 1760) (note du traducteur)

[4]              Dans les éditions 1752 à 1768, la suite de la phrase est : « tandis que nous étions le rempart contre l’oppression et le grand adversaire de cette puissance qui menace tous les peuples de conquête et de sujétion. » (note du traducteur)

[5]              Les éditions 1752 à 1768 ajoutent cette note : « Ceux qui considèrent comme cette pernicieuse pratique d’emprunt est devenue universelle dans toute l’Europe peuvent peut-être contester cette dernière opinion ; mais nous sommes moins soumis à la nécessité que d’autres Etats. » (note du traducteur)

[6]              Les éditions 1752 à 1768 ajoutent le paragraphe suivant : «  Les avantages qui résultent d’un titre parlementaire, de préférence à un titre héréditaire, bien qu’ils soient importants, sont trop subtils pour jamais entrer dans la conception du vulgaire. Le gros des hommes n’admettrait jamais qu’ils soient suffisants pour commettre ce qui serait regardé comme une injustice envers le prince. Ces avantages doivent être soutenus par des arguments flagrants, populaires et familiers, et les hommes sages, quoique convaincus de leur force, les rejetteraient par complaisance pour la faiblesse et des préjugés du peuple. Seul un tyran usurpateur ou un bigot induit en erreur, par sa mauvaise conduite, est capable de mettre la nation en rage et de rendre praticable ce qui a peut-être été toujours souhaitable. » (note du traducteur)

[7]              Les éditions 1752 à 1768 insèrent le paragraphe suivant : « Pendant la dernière guerre, il nous a rendu service en nous fournissant un corps considérable de troupes auxiliaires, les plus braves et les plus fidèles du monde. L’électeur de Hanovre est le seul prince considérable de l’empire qui n’ait ni poursuivi un but séparé, ni élevé de vieilles prétentions durant les troubles récents d’Europe. Pendant tout ce temps, il a agi avec la dignité d’un roi d’Angleterre. Depuis l’accession de cette famille au trône, il serait difficile d’indiquer un problème venant des possessions électorales, à l’exception de cette brève querelle en 1718 avec Charles XII qui, se réglant sur des maximes très différentes de celles des autres princes, faisait de toute injure publique une querelle personnelle. » (note du traducteur)

[8]              la virulente hargne (éditions 1752 à 1760) (note du traducteur)

[9]              Editions 1752 à 1768 : « Le conduite de la famille de Saxe, où la même personne peut être un roi catholique et un électeur protestant est peut-être le premier exemple, à l’époque moderne, d’une conduite si raisonnable et si prudente. Les progrès graduels de la superstition catholique, même là, laissent présager un changement rapide ; après quoi, on peut justement craindre que les persécutions mettent rapidement un terme à la religion protestante sur le lieu de sa naissance. » (note du traducteur)

[10]            Les éditions 1752 à 1768 ajoutent : « Pour ma part, j’estime que la liberté est une bénédiction si inestimable pour la société que tout ce qui favorise ses progrès et sa sûreté ne saurait être trop tendrement chéri par quiconque aime le genre humain. » (note du traducteur)